Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Powerful | Oz
MessageSujet : Powerful | Oz Jeu 28 Mai 2015 - 23:53

There's an energy

Electricity
When you hold me

L’américaine soupira et actionna la poignée. Elle claqua la porte un peu trop fort mais n’en eut que faire de réveiller Lancelot ou d’oublier la politesse qui voulait qu’on toquait avant d’entrer. De toute façon, elle était attendue ici, et elle avait même cinq bonnes minutes de retard – qu’on ne vienne pas le lui faire remarquer. La future septième année était, en cette fin d’après-midi de juin, d’une humeur particulièrement massacrante – la faute à une succession de cours et d’intercours complètement assommante. Le réveil de ce matin aurait du la prévenir : « ne te lève pas ma puce, aujourd’hui n’est pas ta journée ».

Hazel tentait d’expliquer cette morosité par le cafard qui la rongeait spontanément comme à chaque début de fin d’année. C’était toujours le même cérémonial : la jeune lionne détestait ces semaines où l’on sentait que chacun allait retourner chez soi et ne plus donner de nouvelles avant septembre. Coupée de ses trois meilleurs amis, de ses petites habitudes routinières à Poudlard et de ce qui faisait du château son cocon confortable, l’adolescente craignait de se faire rattraper par tout un tas de pensées bien plus néfastes et moins amusantes. Comme la marque des Ténèbres qui flottait sur son bras, comme ses parents qui se demandaient ce qu’elle ferait plus tard, comme sa sœur qui disait que tout allait toujours très bien …

Elle n’en parlait jamais à Jude, lui-même était assez au fait des états d’âme de sa meilleure amie pour deviner qu’elle n’avait toujours pas réussi à surmonter ses angoisses. Ils allaient se revoir, évidemment. Jamais aucun membre du Genius Crew ne se laissait tomber. Oui mais, et le reste du monde ? « ‘Soir. » marmonna t-elle sans même faire attention à la silhouette de l’enseignant qui avait l’air d’attendre, avant de laisser tomber lourdement son sac par terre à côté du bureau et de s’installer dans un fauteuil, son fauteuil, celui qu’elle occupait depuis le commencement de ces cours particuliers. Le dernier de sa sixième année, songea avec un soulagement faussé la jeune fille. Hazel aurait du se réjouir que cette heure de révision, qui était une corvée, n’aurait bientôt plus lieu d’être avant au moins plusieurs mois, mais en réalité la joie était absente au rendez-vous et tout ce que la Gryffondor parvenait à éprouver quand elle grattait un peu à la surface de ses ressentiments, c’était une fatigue inhabituelle qui la rendait à fleur de peau et un agacement inexplicable lorsqu’elle sentit le regard pesant d’Oswald Blueberry sur elle.

Lui manquerait-il ? Pourquoi par Merlin une telle question ? Elle n’allait pas quitter définitivement Poudlard comme Galaad, elle allait simplement savourer avec joie les vacances d’été et ce recul incroyable qu’elles lui offraient. Hazel pensait déjà au super voyage qu’ils avaient programmé avec le Genius Crew et qui les emmèneraient notamment du côté du parc aquatique le plus incroyable d’Europe moldue, et dans ce festival de musique où Balthazar voulait absolument les traîner pour leur faire découvrir l’ambiance si particulière qui y régnait. Quand on pensait à tout ce que cette période estivale allait contenir en souvenirs et expériences palpitantes, il paraissait totalement déplacé et hors contexte à la brunette de se demander si oui ou non, elle allait s’ennuyer sans le professeur de vol. Il n’y avait même pas de réponse à fournir à ça.

Et puis, lui, il allait très bien s’amuser tout seul, ça aurait été bête de se priver d’en faire de même. La petite voix dans sa tête, celle de la perfidie, avait parlé tout bas mais avait fait raisonnablement mouche. L’image d’un directeur des Serdaigle on ne peut plus souriant et chaleureux semblant taquiner Béatrice Crow hanta sa mémoire pendant quelques fugitives secondes. Et dire que ça s’était produit ce midi. Et dire que ces deux-là, que le bal de Noël et un certain nombre d’événements avait séparé, s’était retrouvés ! Comme si de rien n’était, en plus. Comme si lui n’avait jamais souffert de ses disputes, comme si elle n’était pas une abominable manipulatrice. Une vraie veuve noire, tiens, ronchonna intérieurement la brune avant de constater qu’elle avait un peu arraché la page du livre qu’elle avait ouvert frénétiquement sur ses genoux pour s’occuper les mains et ne pas s’énerver. « Oups. »

C’était un peu loupé.

Elle n’arrivait pas à se sortir cette colère de la tête et de ses tripes. Y repenser n’arrangeait rien, mais quand elle sentait sans aucun mal la lueur accusatrice et suspicieuse qui hantait le regard obstinément posé sur elle d’Oswald, Hazel s’escrimait à ne pas redresser le menton pour lui faire face et aller au combat. S’il était assez sot pour pardonner les autres aussi facilement … S’il croyait à ses mensonges au lieu de la croire elle … Tant pis pour lui, ça n’avait aucune raison de la toucher, ça ne devait pas l’atteindre ; jamais.

Alors elle resta silencieuse, accrochée à son livre écorné.

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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 16:53

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La journée avait été horrible. J'avais un peu trop bu la veille au soir, et j'avais parlé jusque tard dans la nuit, allongé sur le canapé dans l'appartement de Béatrice. Je l'avais volé à une nuit avec Caesius - il me devait bien ça, et elle aussi, pour toutes les fois où j'entendais parler du bébé. Bébé. J'allais être tonton ! Cette pensée aurait dû me faire sourire, mais je me levais et me contentais de tourner en rond dans mon bureau. J'étais fatigué et rompu par les cours que j'avais donné aujourd'hui. Des remarques déplacées, des retenues, tout ce qu'il y avait de plus normal. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'être maussade et des plus nerveux. Les mains croisées derrière mon dos, je marchais, le regard perdu dans le vide. La fin de l'année approchait dangereusement, et cette pensée n'aurait pas dû me mettre dans un tel état. Pourtant, je me sentais inquiet, angoissé, lourd. Une chape de mauvaises émotions, comme un filet qui m'étouffait. Je soupirais et après avoir fait apparaître une tasse de café, je m'adossais à une fenêtre, le dos adossé au rebord. C'est dans cette position, songeur, du café dans la moustache, que je vis entrer Hazel Risenfield.
Elle n'avait pas tapé.

Si elle était de nature enthousiaste et exubérante, l'impolitesse n'était pas dans ses traits de caractère. Je haussais les sourcils, en l'observant doucement, comme de peur de me prendre un coup de griffe - de toute évidence, elle n'était pas d'humeur. Je ne compris pas la raison de cet énervement, mais je sentis que j'étais moi-même à bout. Je lui rendis son salut d'un hochement de tête et finis ma tasse de café, avant d'aller rassembler mes notes. Les dernières. Le dernier cours. Après, les vacances tasseraient leurs jours ensoleillés, leurs journées longues et loin de Poudlard. Les festivals de musique avec Béatrice, les randonnées, les matchs de Quidditch avec de vieux amis, des voyages. Tout cela me réjouissait. Mais pas là. Pas maintenant. Parce que je me demandais ce qui pouvait bien rendre d'aussi mauvaise humeur la pétillante rouge et or. Au point que le déchirement du livre me fit soupirer, haut et fort. Je posais ma tasse sur le bureau, avec peut-être un peu trop de violence que ce que je voulais. Mon regard noir toisa la demoiselle. Pourquoi j'étais énervé ? Pourquoi je me sentais aussi fébrile, aussi nerveux ? Je réagis au quart de tour, sans pouvoir faire autrement. Une tension électrique et palpable dans l'air me fit frissonner, me donnant la chair de poule ; peut-être que si j'avais été dans mon état normal, je me serais méfié et j'aurais réfléchi avant de parler. Pas là.

« J'ai eu une longue journée et si vous tenez, vous aussi, à répandre votre mauvaise humeur, je vous serai gré d'épargner ces pauvres livres. Vous comptez vous aussi vous énerver ? » C'était horriblement déplacé. Horriblement maladroit également. Je regrettais aussitôt mes paroles, mais elles étaient dites, lancées en l'air comme des coutelas. Confus, je détournais le regard - était-ce une façon de remercier celle qui m'avait aidé à remonter la pente ? Les mots de Béatrice firent écho en moi, et j'eus un rougissement impromptu. Amoureux. N'importe quoi. N'importe quoi, me répétais-je, en fuyant le regard de Miss Risenfield. Je déposais les livres sur la table basse, en ignorant de façon peu efficace sa présence. Je la sentais là. C'était plus fort que la simple physique ou morale. C'était au-delà de ma compréhension. Je sentis un nouveau frisson naître sur moi. Et puis, un déferlement de pensées assassines m'envahit. De toute façon, elle était jeune. Elle allait sûrement traîner avec les trois autres - Lynch, Panabaker et Owen. Owen. Ils s'étaient rapprochés ces derniers temps. Et je les soupçonnais même de s'amouracher. C'était incroyable - elle n'avait vraiment pas bon goût pour les hommes, après Lone ... Non, je préférais ne pas penser à lui. Je me souvenais de sa tristesse - mais même cette résurgence ne put effacer l'espèce d'ardeur dans mon ventre, à l'imaginer cet été s'amuser comme les jeunes de son âge. Loin de moi.

J'étais son professeur, et je n'avais pas à songer ainsi, mais j'étais en colère, frustré, nerveux. Les cours avaient été longs. J'avais attendu et crains ce moment. Et à présent, nous étions prêt à nous battre - c'était une arène de livres et de fétus de paille. Nous étions tous deux sur les nerfs, et de toute évidence, l'orage grondait au loin, s'approchant rapidement. J'étais prêt à exploser - tant de choses méritaient d'être dites. Tant de secrets méritaient d'être tus. Tant de sentiments ridicules méritaient d'être mouchés comme une flamme. Mais je ne pouvais pas me contrôler - pas comme d'habitude, pas cette fois. Je déglutis difficilement et involontairement, je lançais à la brune un regard bravache. Peut-être que je cherchais à la défier - à faire exploser tout cela. Tant pis pour les dégâts collatéraux. Tant pis pour le cours. « Auriez-vous des choses à me reprocher, Miss Risenfield ? Allez-y ; il semblerait que vous ne soyez pas la seule à avoir des choses à dire ! » Non plus un aigle et une lionne, mais deux fauves, deux serpents aux crocs acérés. Une dispute. Pas la première. Mais peut-être la dernière ? La colère vous sied bien, Hazel, songeais-je, comme une bulle de savon qui éclate - impromptue, délicate pensée, aussi vite soufflée, aussi vite dissolue.



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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 17:37

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La rudesse de ses mots figea ses gestes, tendit sa respiration. Donc Oswald Blueberry n’était pas sur un petit nuage fait de sucre et de miel depuis que sa chère dulcinée et lui s’étaient retrouvés ? A croire que même les amoureux n’ont pas droit au bonheur permanent. Un souffle plus tard et elle rétorque, tout aussi sur la défensive que lui. « Tout-va-bien. » articula t-elle avec une exagération quasi-robotique qui signifiait clairement le contraire. « Aucun problème. J’ai juste pas fait exprès. » Non contente de renforcer les clichés féminins selon lesquels un non veut souvent dire oui, Hazel se renferma dans un mutisme qui n’engageait à rien à se qu’elle se calme, bien au contraire.

Dans sa tête, l’énervement voyait les degrés augmenter jusqu’à l’escalade, au paroxysme. Si elle avait envie de se mettre en rogne, elle faisait ce que bon lui semblait. Il n’avait rien à y redire. De toute façon son avis n’avait jamais eu d’importance dans sa vie auparavant, n’est-ce pas ? Ses pensées vacillèrent une seconde sous le vent du doute. Si, bien sûr que ça comptait. Ca avait compté dès l’instant où elle l’avait vu lui sourire pour de vrai alors qu’elle était elle-même, Hazel Risenfield, la Gryffondor qui pépiait toujours pour un oui ou pour un non. D’agaçante et bruyante trouble-fête, elle avait basculé sans s’en rendre compte dans l’autre versant de sa perception. Elle était devenue un élément inclus à son univers, prenant progressivement sa place à la mesure de ce qu’il lui avait accordé – au début quelques miettes, et maintenant … Maintenant, beaucoup trop de temps lui était dédié.

Mais tout ça, c’était jeté aux oubliettes. Blueberry s’était révélé sous un jour lumineux et au moment pile où elle se satisfaisait de cette confiance qui s’était instaurée entre eux, de ce lien qui n’avait ni nom ni définition, il renouait avec ses vieux démons. Bien sûr, il allait nier. Pourtant il n’aurait pas du. La brune l’avait vu au plus bas ; elle se souvenait de manière saisissante de la tristesse emprunte sur son visage ce soir où elle était allée lui rendre visite parce qu’elle était sincèrement, réellement inquiète. II avait eu l’air touché. L’air, seulement, car maintenant, Béatrice était revenue comme si de rien n’était à ses côtés et il l’acceptait avec une joie désarmante, surnaturelle, inadmissible.

La rouge et or avait encore du mal à comprendre pourquoi elle était si blessée par tout ce qu’elle avait appris récemment. Elle avait fini par se faire à l’idée que dans une certaine mesure, le professeur de vol l’avait trahie. Parce que l’élève avait cru pouvoir être la seule à faire rire l’enseignant, parce qu’elle avait fini par s’habituer et par apprécier ce privilège curieux qui l’avait porté là où elle était précisément assise. Face à lui, seul à seule. Mais cette fois-ci, c’était pour régler leurs comptes.

Son regard accrocha le sien et dans le bleu de son iris, pas une note d’espièglerie. « Ah parce que vous avez des choses à me dire, vous ? » Sa voix lui rappelait celle qu’elle avait employée quelques semaines plus tôt à l’encontre de Crow. Elle n’aurait pas pensé employer un tel ton avec lui. « J’ai fait quelque chose de mal ? » Défiance. Qu’il ose lui dire qu’il avait un reproche à lui incomber, et il verrait la lionne.

Le livre qu’elle avait dégradé fut refermé d’un coup sec, et ce claquement sourd n’annonçait rien de bon. Le temps de faire semblant était arrivé à sa fin. La colère, elle, ne faisait qu’entamer son cercle vicieux. « Je crois que j’ai deviné. Vous pensez que je fais la tête alors que je devrais sans doute me réjouir, j’imagine, que vous et Miss Crow soyez redevenus copains comme cochons. » Elle parlait, et dans son esprit c’était les mots qu’elle avait lus sur la lettre de Jude quelques jours plus tôt qui résonnaient en écho. C’était l’annonce la plus inattendue de l’année qui s’était affichée en lettres sombres sur un parchemin rédigé à la hâte, sans arrières-pensées, sans mauvaises intentions. Et pourtant pas dénué de conséquences, même si son meilleur ami était à des lieues de le soupçonner. Découvrir que Béatrice Crow attendait un enfant du directeur des Serdaigle aurait sans doute été une fantastique chose si ça n’avait pas voulu dire qu’à un moment ou à un autre, il lui avait menti. Alors qu’il ne cessait d’honnir les promesses, alors qu’il brandissait le mensonge comme un affront ultime, alors qu’il avait été bafoué. Hazel préférait se répéter en boucle que c’était sa faute à lui et lui seul si elle souffrait, si elle se sentait tout à coup comme la cinquième roue du carrosse ou comme une sorte d’ersatz affectif. On remplaçait une compagnie attrayante par un substitutif en attendant mieux, en attendant que la seule personne qui comptait réellement dans sa vie revienne vers lui. Il avait bien accepté la jeune fille comme un petit divertissement, et maintenant le jouet n’était plus d’aucune utilité.

Un enfant. Le symbole le plus lourd de sens pour deux êtres.

Elle n’avait, pendant ce laps de temps, pas quitté du regard Oswald. Ses yeux étaient un véritable miroir émotionnel, elle ne cherchait même pas à dissimuler le moindre de ses ressentiments, aussi négatifs furent-ils. « C’est bien. Vous êtes vraiment prêt à tout pardonner. » Elle avait appuyé sur le mot, comme si elle se moquait ouvertement de lui. L’acidité de ses mots la surprenait. Quelque part, en elle, la coupe était pleine et quelque chose s’était enclenché, la changeant, la rendant plus amère et mordante que l’adolescente insouciante qu’elle était.

Ce fut après avoir ouvert les hostilités que la jeune fille réalisa qu’il était d’ores et déjà bien trop tard pour faire marche arrière. Non seulement elle avait dépassé les bornes en le jugeant en tant qu’homme, mais en plus elle avait directement pointé du doigt sa vie privée. Avait-elle néanmoins envie de repousser l’échéance plus loin ? « Donc ? Quelque chose à me reprocher, monsieur ? » Non, plus maintenant.

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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 17:42

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J'étais à des lieux de songer que tout pouvait exploser d'un instant à l'autre. Si l'air avait été magique, il aurait été tempête, orage. Des éclairs se seraient affrontés, venant d'elle et de moi. Nos regards se heurtaient, s'entrechoquaient. Cela n'avait plus rien à voir avec l'autrefois, où Miss Risenfield m'agaçait par sa personnalité exubérante. Nous avions fait des compromis, et nous nous étions apprivoisés. Je ne comprenais pas d'où venait la colère que je voyais luire dans ses yeux, qui transperçait dans ses mots. Qu'avais-je donc pu faire ? Je secouais la tête, perdu, submergé par ses questions qui semblaient me défier de lui parler. Je ne comprenais pas. Et puis, comme une goutte qui fait déborder l'océan, elle sembla atteindre le coeur du problème. Béatrice.

Il était devenu évident pour tous que la brune et moi-même étions redevenus amis. D'une glaciale indifférence, nous étions passés à bras-dessus bras-dessous comme autrefois, après les vacances d'avril. Une bonne discussion, où j'avais appris que j'allais être parrain de l'enfant qu'elle portait. Caesius m'avait parlé rapidement - et j'en avais profité pour le remercier. C'était grâce à lui que tout s'était arrangé et je l'avais félicité. Depuis nos retrouvailles, je prenais soin de la professeur d'astronomie, et je compris (d'une façon bien tordue et loin de la réalité, et pourtant si proche) que Hazel Risenfield se sentait de trop, rejetée. Je tentais de la calmer, de ne pas me sentir blessé par ses prunelles rageuses. « Miss Crow et moi avons parlé durant les vacances d'avril et avons mis nos disputes au clair. Nous sommes redevenus amis. » Je ne savais pas quoi ajouter d'autre. Je me confondais dans ses traits mystifiés par la déception ; je sentis mon être chavirer en la voyant droite et fière, mais également blessée, comme si on l'avait séparée de quelque chose. Je ne comprenais pas. Et cela attisait ma colère - une boule sombre et dure, qui me poussait à me contrarier, à crier. A exploser.

« Vous devriez être contente pour moi. Après tout, vous savez ce que cela fait de retrouver ses amis. Vous devez être bien heureuse d'avoir retrouvé l'amitié de Owen. » C'était bas, c'était mesquin, c'était vicieux. Mais je n'avais pu retenir mes mots - après tout, Risenfield traînait de plus en plus avec l'agaçant serpentard. Après Lone, lui ? Elle avait le don de ne pas savoir les choisir. Je serrai les mâchoires - elle était assez grande, comme elle l'avait si bien dit, pour choisir toute seule ses prétendants. Qu'est-ce que cela pouvait me faire ? Le problème, c'est que ça me faisait trop de choses pour être totalement dénué d'intérêt. L'idée qu'elle puisse se retrouver avec quelqu'un qui la fasse souffrir me crispait totalement. J'appréciais cette jeune femme - vu le temps que nous avions passé régulièrement ensemble, il aurait été difficile de faire autrement. J'avais beaucoup de respect pour elle, et aujourd'hui, tout me filait entre les doigts - sa confiance, sa joie, sa considération.

« Je suis prêt à pardonner. Lorsque cela se mérite. C'est vous qui m'avez prouvé que cela était possible. Il y a un an, je n'aurais jamais été capable d'excuser un tel comportement de la part de quiconque. Mais vous avez montré ... Je ne sais pas trop, que le courage de donner une seconde chance était parfois plus ... C'est ... Disons que j'ai évolué grâce à vous. » Je m'embrouillais les pinceaux, sous ses yeux avides de colère. Je sentis que je me tendais et je me mis à faire les cent pas, les poings fermés. Où voulait-elle en venir, par Merlin ?! « Je n'ai rien à vous reprocher, Miss Risenfield. » C'était vrai. Mais de toute évidence, elle était toujours aussi en colère. Avec une moue écoeurée, je murmurais d'un ton rauque et grave, menaçant, une mélodie de la gorge dont je ne voulais pas mais qui sortit toute seule, sous la fureur : « Vous m'en voulez. C'est la dernière chance pour vous de me blâmer pour mes fautes. Allez-y, je vous en prie. » C'était d'une ironie noire, conduite par la tension qui régnait, maîtresse de la situation. C'était un acharnement entre nous, une frénésie furieuse. Je m'arrêtai de marcher, le menton levé, le regard fiché sur elle comme une lance. Qu'elle me regarde droit dans les yeux en me reprochant chaque chose qu'elle désirait planter en moi comme un couteau. Je lui avais offert mon temps, ma force, mon appui. Etait-ce cela qu'elle m'offrait comme remerciement ?

Je n'en revenais pas. J'étais déçu. Allais-je pouvoir la pardonner, elle, de me faire subir cette torture ? Plus que de la colère ou de la tristesse, j'étais frustré. Parce que je repensais à la conversation avec Béatrice. Et je réalisais que, dans le fond ... La vérité était peut-être bien pire que ce que j'imaginais. Ses gestes et sa présence me giflaient de leur violence. Jamais je ne l'avais vu ainsi - jamais nous ne nous étions comportés ainsi. Que nous arrivait-il ?




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MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 17:53

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Maintenant qu’elle avait commencé à parler, il semblait impossible à la jeune fille de revenir en arrière. Ils avaient déclenché quelque chose, et sans le savoir il ne leur était dès lors plus permis de faire comme si tout ce qui se dirait entre ces quatre murs n’avait jamais eu lieu. Après tout, ils étaient deux adultes maintenant. « Amis ? Vraiment ? » répéta Hazel sans reconnaître la voix blanche et pleine de scepticisme qu’elle entendait sortir de sa propre gorge. Sa gorge qui lui faisait mal tant elle était serrée, brûlée par un feu étrange naissant dans ses poumons, son cœur, ses entrailles. Elle était furieuse sans s’expliquer pourquoi, énervée devant une injustice qui lui échappait, frustrée par un sentiment ectoplasmique, sans nom et sans visage connu. « Pourquoi vous me dites pas que vous êtes avec elle ? C’est sans doute une super … petite amie, vous devriez en être fier. » cracha t-elle presque du bout des lèvres, la bulle toxique de jalousie qui semblait jusque là avoir enflé crevant à la surface de cette atmosphère électrique.

Aussitôt qu’elle l’eut dit, la Gryffondor frémit de son audace personnelle. Pourquoi avait-elle dit ça de cette façon si narquoise ? En quoi le mensonge d’Oswald, qui pouvait se justifier par une volonté de protéger leur couple, pouvait-elle l’atteindre ainsi ? Elle fuit presque aussitôt le regard d’Oswald, ses mains serrées sur ses genoux, se refusant à le confronter, effrayée par ce qui pouvait briller dans ses propres yeux si elle avait le malheur de planter ses iris dans les siennes.

La conversation prit alors une tournure inattendue. Il avait beau lui expliquer qu’il s’était réconcilié avec Béatrice, l’américaine ne saisissait pas pourquoi il s’entêtait à ne pas lui parler de cette rumeur, ce bruit qui n’en était pas un. Elle haussa les sourcils, pas sûre de voir où l’enseignant voulait en venir au juste avec cette soudaine allusion impromptue à Balthazar. Bien sûr, il était au courant des tensions qui avaient sévi au sein du Genius Crew suite à son histoire avec Zahari mais c’était notamment avec Owen que les choses s’étaient le mieux passées puisqu’il avait été le seul à la soutenir. « Oui je suis très contente d’avoir retrouvé la sienne, comme celle de Jude ou d’Elliot, mais en fait Balthazar m’a toujours soutenue. Et j’ai bien fait de me réconcilier avec eux parce que visiblement on peut pas compter sur tout le monde. » Cette attaque, gratuite et injustifiée de surcroît, ne correspondait à aucun sentiment logique ou raisonnable. Mais Hazel avait dès lors choisi de ne plus chercher à comprendre la colère qui l’avait emportée. Elle allait simplement l’évacuer le plus rapidement possible pour être sûre de ne plus subir une minute de plus cette fureur indescriptible qui la rendait tout bonnement odieuse.

Curieusement, les paroles de Blueberry n’abondèrent pas dans son sens mais cherchèrent, une nouvelle fois, à calmer son impétuosité d’adolescente fougueuse et entêtée. Comme souvent, presque à chaque fois qu’elle avait commencé à s’énerver, il avait fait usage de ces mots doux et sincères, ceux qui savaient trouver la cible de son cœur sans aucune difficulté et qui l’atteignaient toujours comme il le fallait. Mais cette fois, Hazel déviait tout, refusait d’écouter la sagesse qui avait l’habitude de vaincre son impulsivité. Elle s’était parée, enveloppée dans une armure faite de ressentiments et non-dits qui n’allaient pas tarder à éclater à leurs visages respectifs et à faire plus de dégâts que prévu. « Ne … N’essayez pas de me flatter ou d’être gentil pour essayer de me calmer, c’est pas – je suis quand même énervée. » finit par balbutier la brune alors que dans sa tête dansait encore et toujours la litanie de la lettre de Jude, et les murmures, les chuchotis des élèves durant ces derniers jours épouvantables où le mot « bébé » n’avait pas cessé de la rendre exécrable. « Je comprends pas pourquoi vous mentez. Vous savez que vous pouvez me faire confiance ! Vous auriez pu m’le dire, tout ça, je pensais qu’on était passés à travers de suffisamment de choses pour être honnête avec moi ! » Son discours, décousu en apparence, vibrait de mille couleurs brûlantes. « Je me suis plantée. On devrait pas continuer ces cours l’an prochain. Ca sert à rien. » La sentence était tombée, brutale, sèche. Hazel, sans plus d’explication, jeta le livre dégradé dans son sac et commençait à attraper celui-ci pour y ranger ses affaires et quitter la pièce. Elle n’était pas encore levée mais ça ne saurait tarder, même si sous le rideau de sa chevelure ses joues empourprées et ses mains tremblantes de nervosité ne parvenaient pas à dissimuler ce qui la hantait.

Elle peinait d’ailleurs même à refermer la boucle de métal de son sac, mais ça ne l’empêchait pas de chercher à détourner l’attention de sa fébrilité en parlant, encore et toujours, sans réfléchir. « J’vous souhaite tout le bonheur du monde, avec Miss Crow et votre futur enfant. Vous allez former une famille incroyable. » Ces mots-là avaient été arrachés avec brutalité et aigreur, il n’en transpirait rien de sincère et de véritable, seule dominait la rancœur tenace, celle qui venait de l’impression d’avoir été tout simplement abandonnée. Trahie. Oubliée.

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MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 18:00

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Entre nous, il y avait cette tension contradictoire, qui m'échappait totalement. La situation s'écoulait entre mes doigts comme de l'eau, et j'étais honteux de me laisser aller à des émotions aussi basses que ma propre colère contre une jeune femme juste sortie de l'adolescente. Ici, l'adulte, l'aîné, c'était moi. J'aurais dû me surveiller, me tenir. Mais au lieu de cela, des mots étaient échangés, et nous nous enfoncions de plus en plus sur ce qui me semblait être une discussion stérile. De plus, Hazel semblait énervée pour une chose que j'étais sensé savoir, mais de toute évidence, je n'étais pas au courant. Et cela faisait éclore des fleurs de rage dans mon ventre - elle marchait aux sous-entendus, mais ne comprenait-elle pas que j'étais perdu ? « Amis, oui. » Si son ton avait été ironique, ma voix était nette et tranchante. Comme si il n'y avait aucune autre interprétation à faire. J'avais cru que cette vieille rumeur de Béatrice et moi avait cessée, mais il était limpide comme de l'eau de rocher que Miss Rizenfield avait des doutes. Quelle ironie ! Trop aveuglé par ma propre colère et mon sentiment d'injustice, je ne remarquais pas la jalousie sous-cutanée, les rougeurs sur ses joues, le ton de ses mots. « Je suis fier d'être son ami, Miss Rizenfield. Après tant d'années, je pensais que les gens auraient compris que même si nous sommes proches, il n'y a rien de plus entre nous. Je vous pensais plus perspicace. » Il est vrai que si j'avais été réellement en couple avec Béatrice, je n'aurais eu nullement besoin de me justifier à ses yeux. Mais ce n'était pas le cas, et étrangement, je ne voulais pas qu'elle continue à croire à ces racontars. C'était important pour moi.

Elle ne cessait de lancer des mots aux épines douloureuses. Je plissais le regard devant la gêne douloureuse que créa ses mots en moi. Ma bouche forma un rictus amer. « Je suis content pour vous si vous avez trouvé du réconfort ailleurs. » Plus de professeur, ni d'élève, ni de raison ou d'intelligence. J'étais tombé dans un travers inhabituel, la mesquinerie, couplé à ma franchise mordante. Deux chats qui se feulent dessus, le poil hérissé. J'avais cessé de vouloir la calmer - ce n'était pas possible. Nous avions franchi les limites humaines. Les limites que nous nous étions imposées. Nous roulions en roue libre - il y avait une pointe de danger dans toutes nos paroles. Nous n'avions pas à tenir de tels discours. Mais c'était plus fort que moi - et sûrement plus fort qu'elle aussi. Elle arrivait à me blesser par son discours - une espèce de désespoir se peignit sur mon visage alors que je répliquais d'une voix misérable : « Je ne vous mens pas ! Je ne pourrais pas ! Je ne comprend pas où vous voulez en venir, Miss Risenfield ! Je ne suis pas en couple avec Miss Crow, dans quelle langue dois-je vous le dire, à vous ou aux autres ? » La phrase qui suivit sembla tomber comme un coup de hache. Mes yeux s'écarquillèrent et je fus incapable d'ajouter quelque chose. Ma physionomie s'était rigidifiée ; j'étais immobile, le souffle court. Elle avait raison - peut-être s'était-on trompé tous les deux. Mais je repensais à ces deux mois, à ce qu'elle pourrait faire avec Owen, et encore une fois, la colère consuma la peine et l'envie de la réconforter, de la rassurer. « Vous avez raison. Abandonnez. Je m'étais donc trompé sur votre compte. Vous êtes comme les autres. » Cela était mon plus beau mensonge - comme les autres, vraiment ? Non. Elle était unique - c'était une vérité implacable dans mon esprit et mon coeur. Mais j'avais envie de lui renvoyer son fiel, dans une tentative futile et enfantine. Je voyais bien que l'énervement de Hazel la rendait physiquement mal. Mais je n'étais pas mieux, même si j'arrivais à contrôler un tant soit peu mes propres tremblements. Mon regard ne la quittait pas, fixe comme celui d'un aigle. J'avais cette bête tapie dans ma poitrine, ce fauve de cris et d'émotions dévastatrices, qui griffait pour sortir. Je mourrais d'exploser. La voir ranger ses affaires, prête à partir, c'était plus que je ne pouvais en supporter.

Alors que j'attrapais son poignet, avec fermeté, peut-être un brin de brutalité, entraîné par mes émotions violentes, les mots qu'elle décocha furent autant de flèches plantées. Si j'avais jusque là eu l'air un peu surpris, ma tête dût être comique quand je réalisais que, pour Miss Rizenfield, j'étais le père du bébé de Béatrice. J'aurai pu exploser de rire, mais je la lâchais, trop hébété. Mais, quelque chose en moi se força à réagir. Ne la laisse pas partir sur ce mensonge. « Vous vous trompez. » Ce furent les seuls mots que je parvins à articuler premièrement ; je passais ma langue sur mes lèvres. J'avais l'impression de tomber dans un trou sans fond. Etait-ce dont cela, le terreau meuble de sa colère ? L'idée que je l'avais utilisée en attendant Béatrice ? J'eus pitié d'elle. J'eus pitié de moi. « Je ne devrais pas vous le dire mais ... » mais si je ne le révèle pas, quel jugement aurait vous de moi ? je ne veux pas vous perdre, « Miss Crow est en couple avec Monsieur Abhain. Le père, c'est lui. » Et si mes jugements étaient bons, Rizenfield était en couple avec Owen. A mon tour d'être possédé par la jalousie, qui fit flamber mon regard de lueurs mesquines. « Vous pourrez aller le répéter aux autres, et à Owen, quand vous vous rejoindrez. Vous pourrez pérorer sur mon compte - le pauvre Oswald Bluebery, délaissé par sa meilleure amie. » C'était du venin à l'état brut. Je fis un pas en arrière, les mains crispées. Pourquoi étais-je ainsi ? J'étais un aigle, non un serpent, et pourtant tout ce qui sortait de moi c'était non pas la sagesse attendue par ma maison, mais le fiel de la sournoiserie. « Je vous souhaite bien plus de bonheur avec Owen qu'avec Lone. Si il vous fait pleurer, je serais à la volière » grinçais-je, comme un adieu, un point sur notre conversation. Mais j'avais encore une dernière chose à dire, sur laquelle revenir. « Vous vous fourvoyez totalement. Vous tous. Ce n'est pas Béatrice que j'aime ! » J'avais voulu être calme, j'avais voulu être serein, mais je m'emportais. Etions-nous si peu perspicaces l'un et l'autre ? Les dernières paroles m'échappèrent, involontairement, sous le coup de la fureur. « Vous êtes aveugle au point de me croire fou de Béatrice Crow ?! Idiote ! La seule femme que j'aime, c'est vous. La seule qui ait grâce à mes yeux, c'est vous. La seule dont je sois fou, au point de lui crier dessus et de jalouser son petit ami, c'est vous, Miss Rizenfield. »

C'était dit. C'était sorti. C'était avoué - pour elle, pour moi. J'étais un parjure. Elle était majeure, mais elle était encore mon élève. Et toute ma colère, toute ma rancoeur s'envola à ces mots. Oui, je l'aimais. Je n'avais pas cru pouvoir retomber amoureux à mon âge. J'étais capable d'être son père. Je voulu m'excuser, mais n'en trouvais pas le courage. Je baissais les yeux et soupirais. Et, calmement, j'attendis ses mots, son aveu qu'elle ne voudrait plus me voir, qu'elle allait me dénoncer, que j'allais perdre mon travail. Quelque chose dans ce goût là. Une onomatopée de dégoût. Un regard blessé, heurté, écoeuré. Béatrice avait raison. Mais j'aurais dû me combattre moi-même. Je me sentais si coupable que j'aurais voulu disparaître sous terre, honteux de toute cette discussion stérile, qui n'allait mener qu'à mon renvoi, voir à Azkaban. Par Merlin, qu'est-ce qui m'avait pris ?




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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mar 23 Juin 2015 - 22:14

There's an energy

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Un rire froid, amer brisa la barrière de ses lèvres. « Eh ben non vous voyez, je suis bête. Exactement comme vous le pensiez au départ. » La Gryffondor n’avait jamais été si sotte que certains de ses camarades le songeaient : elle avait eu vent de la première opinion du directeur des Serdaigles – et celle-ci n’avait guère été enjôleuse, ce qu’elle pouvait cependant lui retourner.

Plus les choses s’envenimaient, moins Hazel avait envie de comprendre à qui rimait cette incessante allusion à Balthazar, son ami qui n’avait rien demandé et qui n’avait aucune raison d’être cité à chaque fin de phrase comme un prétexte, un argument probant. Le sixième année était un de ses plus proches alliés, un pilier, et si Oswald avait quelque chose à lui reprocher ou à sous-entendre à son sujet d’aussi peu mélioratif, cela ne donnait qu’encore plus raison à l’adolescente de sortir les griffes et les crocs, ce qu’elle faisait jusque là avec un brio effarant. « Du réconfort ? » répéta t-elle, incrédule, secouant la tête avec un dédain effroyable. Il racontait n’importe quoi, et ça n’arrangeait rien, non, rien du tout.

Elle s’était levée, bondissant de sa chaise, mue par un ressort invisible. L’endroit lui paraissait tout à coup néfaste et vicié, elle ne voulait plus y rester une seule seconde, et le comportement du trentenaire l’incitait à répondre avec autant de violence qu’il le faisait. Ce qui la secouait et la rendait encore plus glaciale la touchait, au fond, profondément. « Très bien ! Parfait même ! Ca arrange tout le monde, et vous perdrez plus votre temps avec moi. Au final c’est un mal pour un bien ! »

Ce cauchemar allait s’arrêter là. C’était la dernière fois qu’elle serait dans le bureau d’Oswald Blueberry, la dernière fois qu’ils s’adresseraient la parole et surtout la dernière fois qu’elle fermerait la porte sur ce qui avait été autrefois un cocon, un refuge au milieu de la tempête. Elle avait dit ce qu’elle avait sur le cœur et aussi sombres avaient pu être ses propos, ils étaient lourds de sens et de rancœur. Une peine subite effleura son esprit mais elle la chassa sur le champ – jusqu’à ce que sa main ferme et puissante emprisonne son poignet, ne la retienne. Décharge électrique qui courut dans tout son corps.

Intérieurement, une vague de soulagement l’avait bercée. L’instant d’après, l’énervement reprenait le dessus. Ce n’était qu’un beau parleur, un habile manieur de mots, comme tous ceux qui étaient parvenus à endormir sa confiance. Il s’était joué d’elle, et il allait recommencer une dernière fois afin de s’assurer de son emprise sur elle. La brune s’y refusait farouchement, voulut dégager son bras, mais il le relâcha avant même qu’elle n’en ait le temps. Comme s’il venait d’encaisser le choc d’un uppercut, Oswald libéra les relents de sa colère et les laissa finir le travail. « Mais – » Ca n’avait pas de sens. Crow et Abhain auraient donc été les véritables parents du bébé ? Mais, et lui dans tout ça ? Son inquiétude naïve à son sujet mourut dans l’œuf quand il poursuivit, l’incriminant d’être quelqu’un qu’elle n’était pas, colporteur et moqueur. « Vous croyez que – » Elle n’avait pas le temps de protester, les coups s’enchaînaient, sanglants, mortifiants, les uns après les autres. Et le dernier manqua de lui arracher réellement une grimace. Il n’avait pas osé. « Mais qu’est-ce que vous allez raconter ?! … Vous délirez. Vous avez pas vraiment dit ça. » Le souvenir de la volière lui revenait en mémoire, mais à ce moment précis, il lui apparaissait souillé, faussé par un rire cynique qui s’apparentait à celui de l’enseignant.

Elle poussa un profond soupir qui avait des airs de feulement, entremêlement de rage et de fatigue anxieuse. Sa voix s’éleva et ce coup-ci elle s’était mise à crier à son tour, se moquant éperdument que quiconque l’entende ou qu’elle soit tout bonnement en train de perdre son sang-froid face à quelqu’un qui lui était supposé supérieur. Elle n’en avait plus rien à faire du respect, des règles ou même du bon sens. Il n’y avait plus rien qui valait la peine de se contenir. « VOUS, vous êtes un idiot ! Je suis pas du tout amoureuse d’Owen, et si vous pensez que c’est vraiment la meilleure façon de convaincre quelqu’un que d’utiliser ses moments de faiblesse contre lui, c’est que vous êtes absolument pas l’adulte que vous prétendez être ! Sans rire, vous vous servez souvent des larmes des gens comme ça ? C’est déloyal ! Et du niveau de Crow ! » Hazel sentit la brûlure de la rage malmener sa voix, agiter ses mains, vivant à travers elle comme une entité étrangère qui avait décidé de prendre possession d’elle le temps qu’il faudrait … pour elle ne savait quoi encore.

Libérée de la poigne du professeur, elle s’apprêtait à tourner les talons quand ses mots la frappèrent, l’immobilisant sur place. Si ses pupilles s’étaient étrécies et le bleu de ses yeux reflétait le chaos émotionnel dans lequel elle se noyait ouvertement, la rouge et or perdit littéralement son souffle en entendant l’apothéose, le point final de cet affrontement sans queue ni tête où à force de se blesser, on finissait par laisser tomber le masque.

Avait-il vraiment prononcé ces mots ? Quelque part, une lumière avait fait taire la marée d’ombres qui avait envahi le bureau.

Un murmure étouffé, tremblant, vulnérable comme la flamme d’une bougie. « Quoi ? »Terrassée, réduite à un silence inquiétant, le cœur qui battait à lui en rompre les chairs, Hazel restait là, figée, inerte. Elle n’avait plus de mot, plus rien pour la protéger ou parer ce à quoi elle n’avait jamais été préparée – elle aurait aimé songer qu’elle n’y avait pas pensé, au plus profond d’elle-même, que la surprise, bien que totale, n’était pas en quelque sorte attendue. Plus que l’incompréhension et l’improbabilité de cette scène, c’était sa réaction qui la métamorphosait, la rendait instable, incapable de décrire ce à quoi elle songeait alors que les phrases d’Oswald s’enchaînaient dans une boucle vertigineuse en écho au calme soudain qui les avait enveloppés.

Son subconscient semblait vibrer d’une impression étrange et pénétrante, quelque chose qu’elle avait eu l’impression d’avoir déjà expérimenté sans jamais être allée si loin jusqu’à présent. Sa raison, elle, hurlait, criait au complot, au énième mensonge que l’on brandit tel un derniers recours, une ultime bouée de sauvetage. Ses cils papillonnèrent, sa main s’appuya sur le dossier de la chaise comme pour sentir le contact rationnel de la réalité tout contre sa paume tiède. « Vous en avez assez fait comme ça. Vous avez pas le droit d’aller aussi loin dans votre méchanceté. C’est – » Sa voix, affaiblie, reprit peu à peu du poids et de la force alors qu’elle osait enfin se confronter à l’encre du regard de cet homme qui avait dit l’aimer. Un mot qu’elle n’était pas sûre de mériter, une attention qui aurait du être jugée inappropriée, biaisée, malsaine. Un sentiment qu’elle ne parvenait pas à s’empêcher de concevoir, pire, de comprendre. Elle n’avait pas reculé, elle n’avait pas fui, pourtant la jeune fille semblait avoir été démunie de tout le courage qui d’habitude l’auréolait. Elle se retrouvait avec sa seule parole et sans rien d'autre que son honnêteté en bouclier. Pour le reste, tout avait été abandonné. Son sac, le livre, la décision de tout laisser tomber derrière elle. Maintenant, elle ne souhaitait plus reculer. Plus le choix - plus l'envie ?. « Vous êtes pas sérieux. N’est-ce pas ? C’est juste pour vous moquer de moi. » Une enfant. On eut dit une enfant, terrorisée par l’idée de se faire avoir une fois de plus. Parce qu’elle refusait d’y croire, mais pas pour les raisons auxquelles il se serait attendu. Loin de là.

Et tout cela la perturbait bien davantage qu’elle n’aurait songé. Il n’avait pas le droit de lui avouer quelque chose d’aussi important et d’aussi sérieux alors qu’elle venait de se montrer odieuse avec lui, qu’elle avait détruit sans aucune considération les mois d’efforts, de partages et de complicité qu’ils avaient réussi à construire. Elle avait soufflé sur ce château de cartes sans aucun remords et maintenant qu’il tendait le drapeau blanc, elle avait peur. Peur de ce que cette trève spéciale signifiait. Peur de ce que cela impliquait, et de ce que son absence de résistance pouvait bien révéler sur elle. Sur ce qu’elle pensait.

Le mutisme ne lui avait jamais convenu et Hazel le trouvait définitivement étouffant. Ils ne pouvaient pas se regarder en chiens de faïence et espérer que le malaise passe. Ils devaient parler, encore, s’infliger la vérité jusqu’au bout – et advienne que pourrait pour la suite, pour eux, pour demain. « Dites quelque chose. S’il vous plaît. Dites-moi que vous me faites marcher, que c’était simplement pour me faire taire. Parce que sinon je … » Elle ne parvenait pas à soutenir son regard. Plus elle s’y accrochait, plus elle mourrait d’envie de le fuir avec la même intensité. Ce paradoxe la rendait fiévreuse, et elle aurait cent fois préféré écourter leur dispute avant que la bombe n’explose. Les choses auraient pu être si simples … Différentes ? « Je comprendrais pas. » acheva t-elle, définitivement perdue.

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MessageSujet : Re: Powerful | Oz Mer 24 Juin 2015 - 0:18

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A couteau tiré, on tentait de se blesser mutuellement le plus possible. A s'arracher les mots de la gorge, à trancher les derniers fils du respect qui nous retenait. Deux bêtes fauves, à se saigner, à chercher les organes vitaux sous la carnation colorée de colère. Nos deux êtres qui se heurtent dans cet affrontement ridicule. Je n'étais plus maître de moi, ni de mes émotions et encore moins de mes expressions. Chaque sentiment se lisait sur mes traits, alors que j'étais dans l'incapacité totale de me maîtriser. Risenfield avait toujours créé cela chez moi, cette transcendance inhabituelle, ce décalage. Cette folie démentielle, ce flot d'émois qui n'était pas moi. Et qui pourtant l'était, plus humainement et plus sincèrement. J'étais loin d'assimiler jusqu'où nous conduirait tout cela. Je ne comprenais pas tout, et cela attisait ma fureur. J'étais prêt à graver chacune de ses paroles pour alimenter le feu qui flambait en moi, la frénésie que charriait mon corps. « Partez, je m'en fiche ! » Deux ombres, deux prunelles d'onyx que couvent la hantise de cet instant. Je n'osais y croire - vivions-nous réellement cette confrontation ? Comment en étions-nous arrivés là ? A se déchirer, lacérant les vestiges de ce qui était une relation prometteuse. Je me mordis la langue, exalté par toute cette impétuosité.

Je la mettais face à la vérité, et malgré ses ripostes, je voulais qu'elle voit où était la franchise. Je ne lui mentais pas. Pire, je dépassais mes propres pensées, venimeux et horrible. Je m'en voulus tout de suite de mes paroles, mais rien ne pouvait les remettre au fond de leur nid vipérin. J'eus envie de fermer les yeux, de fuir - un accès de lâcheté qui ne me faisait guère honneur. Elle avait raison de me crier dessus - de s'offusquer de telles paroles. J'étais un être plus bas que terre, et face à son juste courroux, je ne pus me contenir.

La mascarade était finie. Ces mots avaient scellés quelque chose en moi - comme un verrou que l'on mettait en place. Bien entendu, cela était - Béatrice avait tenté de me mettre en garde, de savoir, de me faire comprendre. J'avais refusé la vérité, je l'avais délaissée, ignorée. Je m'étais drapé dans mon honneur, mais j'étais obligé de capituler. Devoir, bravoure, tout cela n'était rien face à la violence de mon penchant pour Miss Risenfield. Je levais enfin les yeux vers elle. J'avais perdu le feu, j'avais perdu la flamme. Et elle aussi, apparemment. Nous étions comme deux coquilles, vidées par le trop plein de rancoeur. Je secouais la tête doucement. Je regrettais, et en même temps, une partie de moi était soulagée. Je n'attendais plus qu'une chose : qu'elle me dévoile l'ampleur de son dégoût et de sa haine. J'avais l'âge d'être son père. Et pourtant, je l'aimais. Elle restait là, totalement perdue. J'eus un instant pitié d'elle. Un apitoiement, une compassion grandissants - elle ne s'y attendait pas. Qui aurait su à quoi s'attendre ? Elle s'appuya, et je crus qu'elle allait tomber - je fis un pas vers elle, comme pour la retenir, l'air inquiet, véritablement inquiet, puis je me reculais. C'était presque grossier, à mon sens, de ne serait-ce que provoquer un contact avec elle, après mon aveu horrifiant.

Ses paroles écorchèrent les cendres de ce qui restait de mon coeur. Il ne devait plus ressembler à grand chose - une petite chose rafistolée au scotch, malmenée, que j'avais espéré cacher voir détruire. J'étais silencieux - peut-être que j'espérais ravaler les mots qui étaient sortis de moi. Mais comment résister à son appel, à sa supplication ? J'hésitais un instant à lui mentir - à lui dire que tout cela n'était que comédie, pour la rassurer. Mais je ne mentais pas - et surtout pas à elle. « Je suis navré, Miss Risenfield, mais ce que j'ai dis est vrai. » Une excuse. Mon ton était comme sorti d'une tombe - grave et pleine d'une espèce de mélancolie triste. Je soupirais. Après de telles paroles, je devais lui expliquer. Je lui devais cela, oui. « Pardonnez-moi. Ce que j'ai dis était ... Pire que la pire des grossièretés. Je n'aurais pas du vous jeter tout cela au visage. C'était mesquin. Je vous ai blessé, j'ai été vulgaire et grossier, envers vous et Monsieur Owen. La fureur m'a fait parler. Je n'aurais pas dû - cela n'est aucunement excusable. Pourtant ... Je vous prie de me pardonner - de cela, et de mon aveu impromptu. » Etais-je devenu si habile à demander pardon auprès de Hazel Risenfield ? Je me dégoûtais. « Sachez que si cela avait été sous mon contrôle, cela n'aurait jamais existé. Mais ... Lorsque vous êtes venue me voir, ce soir-là ... » Nul besoin d'être plus précis. J'avais compris son importance à ce moment. Quand elle m'avait aidé à sorti de l'abime où j'étais tombé. « Je suis terriblement navré. Cela n'a pas lieu d'être. Peut-être aurait-il été plus facile pour moi de vous dire que ce n'était qu'une vaste plaisanterie, mais au moins, vous pouvez comprendre à présent mes réactions. Non, je ne mentais pas pour Miss Crow. Je lui souhaite bien du bonheur avec Caesius Abhain. Leur enfant n'est pas le mien. Je ... Ma jalousie n'est pas pardonnable. Je ne le suis guère plus. Mon comportement aurait de quoi ... » me faire renvoyer. Je me tus et secouais encore la tête. Je me tenais toujours immobile, droit comme un I. Nos regards se fuyaient. Je passais ma main dans mes cheveux, avec l'air d'avoir dix ans de plus.

« Je vous prierai de ne pas me juger trop sévèrement. Je n'attends nulle acceptation de votre part. Je ... » Ma belle prestance avait disparue. Je n'étais plus qu'un homme en proie à la culpabilité, au dégoût de lui-même et à la perdition totale. Je blottis mon visage dans mes mains. Je me sentais brisé - et je comprenais son incompréhension. J'inspirais lentement et pris le courage de défaire mes mains de mes traits pour poser mon regard dur sur Hazel Risenfield. « Je ne vous ai jamais menti. Soyez assurée de ce point. Je ne vous crois plus ni bête ni superficielle, et je suis désolé d'avoir pu ainsi vous juger autrefois. Mais vous m'avez montré au cours de nos entrevues combien vous pouviez être acharnée à bien faire, et quelle force de caractère et de douceur vous pouviez avoir. Si vous voulez partir, je ne vous retiens pas, et je comprendrais totalement. Si vous ne désirez plus suivre mes cours, vous ne subirez aucune punition. Tout est de ma faute, et j'en prends le déplaisir. » C'était formel, mais je ne pouvais faire mieux. J'aurais voulu le lui dire encore, comme si les mots échappés donnaient moins de réalité à l'intérieur en donnant une tangibilité aux émotions en les évacuant. J'inspirais encore, pour chasser cette espèce de tournis qui m'envahissait.

Demain, sûrement, je ne serais plus professeur. Il était évident qu'elle devait me dénoncer - n'était-ce pas la meilleure chose à faire, la plus grande de mes craintes ? Et pourtant, elle était encore là, devant moi. Je voyais ses yeux bleus qui me hantaient si profondément. Je me souvenais des cadeaux, des poèmes que j'avais envoyé, fou que j'étais. Avait-elle fait le lien ? Avait-elle compris pourquoi j'avais eu besoin de la protéger de Lone, combien ma fureur au bal pouvait être compréhensible ? Je baissais les yeux et souris - à moi, à elle, à ce qui restait de tout cela. Pas grand chose, sûrement. Peut-être avais-je réussi à sauver le peu que je pouvais en m'excusant, peut-être avais-je tout détruit en me déclarant. Je n'attendais pas qu'elle réagisse, en bien ou en mal. Au moins, elle n'avait pas crié. Mais je m'en voulais implacablement de l'avoir blessée durant tout ce temps.

« Je suis désolé. Mais si il y a bien une vérité, c'est celle-là. Je vous aime. » Je lui jetais un regard - humain, pitoyablement et affreusement humain. Au-delà de Poudlard, de nos âges si différents, de nos caractères si extrêmes, il y avait deux humains. J'avais appris à la voir non pas comme une élève mais comme une femme - et à présent, je devais retenir de toutes mes forces de la prendre dans mes bras. Je voulais la rassurer - lui dire que tout cela ne changerait rien. Je voulais l'entendre dire qu'elle ne m'en voulait pas, c'était la seule chose que je désirais. Cela et la prendre dans mes bras, la serrer de toutes mes forces, une fois au moins, une dernière fois. Mais tout cela était interdit. Je secouais la tête et détournais de nouveau le regard, incapable de faire face à celle qui avait agité mon être des mois durant.



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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Lun 29 Juin 2015 - 21:30

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L’écouter repasser le fil de leurs dernières rencontres sembla faire remonter le temps et l’espace à Hazel. Elle se souvenait à la volée de leur première entrevue, désagréable et bien involontaire, à ce meeting de Quidditch. Elle se rappelait avec exactitude de son attachement à veiller sur elle, l’insupportable mauvaise élève qui ne lui avait guère facilité la tâche. Elle revoyait alors leurs premiers cours particuliers et cet entraînement horrible où elle avait failli s’écraser au sol et ne plus jamais toucher à un balai de sa vie. La pluie battante, et lui pour calmer sa peur déguisée en colère injustifiée. Les séances suivantes, où ils avaient partagé leurs premiers rires, leurs premiers aveux à cœur ouvert. Et cette nuit-là, où elle l’avait vu au plus mal, à terre, touché par une douleur qui l’avait échappée mais qu’elle avait ressenti avec la même acuité que si c’était la sienne. Ce soir-là, il avait irrémédiablement clos un chapitre pour en entamer un autre qui ne portait pas encore de titre – parce que justement, ce mot à mettre sur eux, aucun des deux n’avait eu le cran d’oser le prononcer jusqu’à maintenant.

Un coup au cœur, et le souvenir d’une encre bleue nuit. Elle écarquille les yeux, comme si une évidence venait de traverser son esprit pour l’éclairer de mille lanternes. « C’était vous, les lettres anonymes ? » Ca ne pouvait être que lui, en fait. Comment avait-elle pu à l’époque croire naïvement que Zahari était l’auteur de ces missives ? Comment n’avait-elle jamais pensé à faire un rapprochement quelconque entre ces écrits, ce style, cette délicatesse alors que tout était sous son nez depuis le début ? Hazel éprouvait la sensation malsaine d’être une idiote ingrate qui ne méritait pas toute l’attention et l’affection qu’Oswald avait pu lui dispenser de près ou de loin jusque là. Tout à coup, elle se demandait comment ellepourrait bien un jour lui rendre le centième de ce qu’il lui avait offert volontairement ou non.

Timidement, elle commenta, se rappelant avec une véracité plutôt surprenante pour quelqu’un de son acabit des vers rédigés. Si au départ elle avait cru à une mauvaise blague ou à des moqueries de la part d’un Serdaigle mal luné, elle n’avait pu s’empêcher de très souvent relire ces parchemins qu’elle avait soigneusement et secrètement conservés. C’était ces mots-là qu’elle s’était prise à lire sans comprendre pourquoi, baume au cœur d’un inconnu qui avait un effet bénéfique sur elle. « Elles sont très belles. On m’avait jamais écrit des choses aussi jolies. » D’ailleurs on ne m’avait jamais dit ces mots. Peut-être parce que le peu qu’elle avait connu jusqu’à présent n’avait rien à voir, rien à envier à tout ça. « Je sais pas si je les mérite après mon comportement horrible envers vous … » Elle dansait sur des charbons ardents, infichue de savoir quelle attitude adopter, quelle partie d’elle-même écouter. Tout criait à la contradiction dans son cerveau et dans son cœur, une cacophonie telle qu’elle restait là, pantelante, balbutiante ; égarée.

« Pardon. » osa t-elle enfin prononcer avec force, coupant court au flot d’excuses complètement injustifiées de la part d’Oswald. Ce n’était pas à lui de se blâmer, ce n’était plus le moment de se repentir sans cesse à chaque fois qu’elle haussait le ton, qu’elle lui disait non. Parfois l’aplomb de la jeune fille avait été secourable, mais après ce qui venait de se passer, Hazel se considérait comme la fautive principale de cette histoire.

« J’aurais jamais du dire des trucs pareils. C’est votre vie, j’ai pas à juger vos choix, et au final vous gérez tout ça mieux que n’importe qui ici … Mieux que moi. » expliqua t-elle si doucement, si calmement que c’en était étonnant. Elle ne tremblait plus, elle n’avait plus cette angoisse vacillante qui animait ses gestes ou son regard. Elle ne débordait pas pour autant d’une confiance aveugle, d’ailleurs la jeune femme n’avait aucune idée du chemin qu’elle avait choisi d’emprunter. Son intuition parlait pour elle et c’était sans doute ce qu’elle pouvait faire de mieux, laisser sa spontanéité s’exprimer dans sa forme la plus pure et la plus simple afin d’offrir l’honnêteté en réponse à l’honnêteté.

« Et vous – vous n’avez pas à vous excuser. De ressentir ça, pour moi. De me blesser, de me choquer, si c’est ce que vous craignez. Parce que je suis pas blessée, non, en fait je – J’ai juste besoin de réfléchir. Vous comprenez ? » Pas sûr qu’il voit véritablement où la brune voulait en venir, no. Elle ne le rejetait pas, ne le fuyait pas, mais trop bouleversée par ce qu’elle avait entendu et par l’écho que cela avait provoqué en elle, l’élève avait besoin de souffler. Elle réalisait, petit à petit, que l’impulsion vive en elle l’aurait sans doute poussé dans une extrémité bien trop dangereuse et trop inconsciente pour y céder. « Vous avez été honnête avec moi. Vous avez été sincère et c’est ce qui compte, j’aurais jamais voulu que vous me mentiez même si c’était plus facile pour tout le monde. Ca me touche que vous … Vous savez. » Elle s’en voulait de ne pas avoir cette facilité de dire ce qu’il lui avait clamé avec aplomb et courage. Elle, la lionne, n’avait plus la témérité qui lui avait toujours fait foi. Elle n’était plus qu’un chaton inoffensif.

En tout cas, il lui fallait rectifier au moins une chose qu’elle avait dite sans jamais la penser – ce qui aurait peut-être l’avantage de rassurer un tant soi peu l’homme qui lui faisait face. « Je ne veux pas arrêter les cours de vol, mais … » Une hésitation, comme pour ne pas commettre une erreur de trop. « Est-ce qu’on pourra en reparler en septembre, à la rentrée ? » Reporter, repousser, éloigner les problèmes et les responsabilités. Tout remettre au lendemain parce qu’Hazel Risenfield n’était définitivement pas prête à devenir une adulte. « Parce que si je réagis là, comme ça à chaud … » Elle avait peur de ce dont elle était capable. La voilà, la vérité. Comme souvent lorsqu’elle commençait à paniquer et à ne plus savoir comment se protéger, Hazel se mit à parler à toute vitesse, vidant son sac. « J’suis pas connue pour être très réfléchie ni même très posée, d’ailleurs c’est toujours ça le problème d’être impulsif, on fait et après on réfléchit ; et si j’faisais un truc de travers, ou si je disais quelque chose que je pensais pas, je m’en voudrais, vous comprenez ? J’veux pas que – je veux pas qu’on soit en mauvais termes. » S’il y avait bien une chose qui comptait plus que tout en ce moment, c’était ça. Qu’ils ne partent pas fâchés. Elle n’avait pas envie de ça – et en son for intérieur, elle avait une petite idée du pourquoi.

La brune s’avança d’un pas, rendant la distance entre eux deux ridiculement petite. Elle n’était pas sûre que son corps ait vraiment exécuté ce que sa raison lui implorait, mais les tambours de son cœur eux, dominaient dans ce fouillis d’ordres et de contre-ordres. « Alors … Disons, à septembre ? » Elle leva le regard vers lui, prenant l’ampleur de la proximité, se plantant autant qu’elle décidait de se perdre dans l’abîme obscur de ses yeux. Si elle avait été la Gryffondor impétueuse et tête brûlée qu’elle avait toujours été depuis six ans à Poudlard, elle aurait déjà réduit cet écart entre eux. Elle aurait déjà fait ce qu’elle appréhendait autant qu’elle désirait faire. Mais pour une fois, elle avait besoin qu’on la guide. Elle n’était plus fièrement indépendante et meneuse. Ses iris le criaient, à bout de souffle.

C’était le moment ou jamais.

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I think I'm lost


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Powerful | Oz
MessageSujet : Re: Powerful | Oz Lun 29 Juin 2015 - 22:03

'Cause all I need

Is the love you breathe
Put your lips on me and I can live underwater



« C’était vous, les lettres anonymes ? » Et j'ai le mauvais goût de rougir. Par Merlin. Comme elles dataient, ces missives remplies de ces poèmes si chers à mon coeur, de ces rimes irréfléchies, conduites par mon amour pour non seulement la destinataire mais pour la poésie en général. Je m'étais dis que, sous couvert d'anonymat, sous la protection ridicule d'un papier non signé, cela ne se saurait. Que ça n'avait aucune importance. Je bafouille, ne répond pas vraiment ; lâcheté du coeur et le regard qui se détourne. Je les connais, ces vers - et bien souvent, d'autres me sont venus, spontanément, en la voyant. Muse parmi les muses. Je ne comprenais pas pourquoi elle restait là - et plutôt que de fuir cet aveu interdit, cette vérité écrasante au poids du monde, elle répondit, avec une douceur et un calme divins qui calmèrent quelque peu mes angoisses. J'eus un geste de la tête - nous avions fait fausse route. La tension, la colère, les nerfs à vif, voilà ce qui nous avait fait nous sauter à la gorge. Et nous regrettions tous deux les mots dits, les phrases poignardées. « Ne vous excusez pas, s'il vous plaît. Nous avons été tous les deux ... Hors de nos limites. » C'était peu dire. Mais à présent régnait une espèce de calme ouaté, et je sentais sa présence plus fortement, exacerbée par les émotions qui filtraient de chacune de mes cellules. Comme si mon corps et mon esprit tout entiers se tendaient vers elle, ne cherchaient qu'elle. Comment avais-je pu être aveugle à ce point ? Béatrice avait compris. Béatrice qui avait ri, m'avait conseillé, m'avait encouragé.

Ses mots étaient ce dont j'avais besoin. Pas ce que j'avais espéré, pas ce que j'avais crains. Mais elle me rassurait, moi l'adulte. Pourtant, elle aussi en était une - et la façon dont elle s'exprimait le prouvait. Honnête. Jusque dans nos derniers instants. Et cela valait tous les cris, toutes les disputes. « Oui » je souffle avec délicatesse, de ma voix grave. Bien entendu que je comprends - et cela allait au-delà de tout. Elle n'était ni fâché ni blessée. Et cela me défit d'un poids infini. J'étais soulagé. Je songeais que je n'avais jamais ressenti une telle émotion douce, pas depuis des années. L'avais-je même jamais sentie au fond de mon estomac, cette boule de noeud, alors que j'étais marié ? Mon ex-femme ne m'avait jamais compris. Une jeune femme de dix sept ans était parvenue à mieux me comprendre que ne l'avait fait une autre, il y a quinze ans. C'était incroyable, humain et touchant.

Je lui lançais un regard troublé. « Oui, bien entendu. Nous verrons cela en septembre, ce sera sûrement le mieux. » La suite me prit au ventre - et quelque chose remua en moi. L'impulsivité oui, comme une bête, l'écho au caractère de la demoiselle. Une pensée ridicule me vint - aujourd'hui, j'étais l'impulsif et elle était la sereine. C'était idiot, et pourtant c'était vrai. J'étais plus sentimental que jamais, avec le coeur ouvert, comme une chirurgie interrompue. Le regard que je posais sur Hazel ne se détourna pas, et mon visage se figea en une expression indéchiffrable. Du genre de traits qu'on ne sait si il cache quelque chose de bien ou non. Mes pensées tourbillonnaient. Une tempête violente et bestiale, quelque chose de profondément humain. Une magie qui coule dans les veines, du coeur au cerveau, sans écouter la raison.

La proximité. Les yeux bleus - si bleus. Le ciel, les fenêtres de l'âme. Qui semblent me supplier. Merlin, comment-suis je supposé résister ? Je ne répond pas. Je ne peux pas. Qui sait ce qui sortirait encore, comme inepties, comme paroles ordinaires, qui briserait cet instant ? Et la supplique trouve la réponse. Foudroyante envie qui pose ma main sur sa joue. Le prompt désir qui me voûte jusqu'à elle. Jusqu'à ses lèvres. C'est un caprice inacceptable, mais trop extrême pour être refoulé. Son odeur familière, et le contact chaud de sa peau sous mes doigts. La jonction de nos deux bouches, en une étreinte aigüe. Une seconde, ou une éternité. Je repousse mon visage, la main toujours sur sa joue. J'inspire, et chuchote, sans pouvoir hausser la voix, rauque d'émotions : « Disons en septembre, oui. » J'ai cessé de rougir. Je me redresse, et je ne sais si j'ai envie de fuir à toutes jambes ou l'observer une dernière fois. Ai-je réellement lu ce désir dans ses yeux, ou me suis-je fourvoyé, oh Merlin ? Mon ventre est une jungle luxuriante où les épines et les lianes forment un noeud douloureux. J'ai la respiration irrégulière, et j'avale difficilement ma salive. Je ne sais plus quoi faire. Ma main est encore chatouillée par la douceur de sa joue, et ce baiser, Merlin. Le déchaînement de ces forces humaines, ces passions creuses et puissantes. Si j'en avais encore douté, une seconde même, avant, j'étais certain. Je l'aimais oui, de toute la force de mon âme. C'était mal, mais que peux t-on faire face à une émotion aussi dévastatrice et soudaine, aussi incontrôlable ?

« Passez de bonnes vacances » grognais-je toujours d'une voix rauque. Une légère toux, et le visage qui se détourne. Je la laisse fuir si elle veut. Je ne veux pas lui donner cette pression qui m'écrase. Qui m'étouffe - de joie, de crainte, d'une bonheur teinté du noir de la peur. « J'espère ... Avoir de vos nouvelles, cet été. » J'ose - une supplication, non muette mais dissimulée. Je regrette déjà et pourtant, je sens que si je n'ai aucune nouvelle d'elle, je serais bon pour passer ma saison estivale chez Béatrice à boire à sa place les bouteilles de whisky sous l'évier. J'ai un sourire caché, un vol du coeur. L'aigle qui bat des ailes, puissant et libre. L'homme qui s'avoue vaincu, abdiquant face à la femme qui l'a enchaîné à ses sourires et à sa présence. Et je me soumets volontiers à cet amour fait femme.



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You are the port of my call, you shot and leavin' me raw, now I know you're amazing. 'Cause all I need is the love you breathe, put your lips on me and I can live underwater ☆ underwater ~ By infinite

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