Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Calling all the monsters ◮ Lichuan Sam 14 Fév 2015 - 18:25

Calling all the monsters

I’m a get you so scared
You dare to go there



L'homme entre tel le prédateur dans une savane faites de lumières feutrées, sombres, dans l'ambiance tamisée et offrant des odeurs de sueur et d'alcool bon marché. Il a un air neutre sur son visage aux traits nobles, mais nulle étincelle ne brille dans ses prunelles de pierre grise, aussi tranchants qu'une lame affûtée. Il semble étrangement décalé, habillé d'un costume simple, d'un bleu électrique. Pourtant émane de lui une beauté diaphane, presque hypnotique. Un sourire se calque sur ses lèvres, comme on porterait un masque à son visage, et il avance d'un pas félin, conquérant. La fierté qui exsude par tout son être semble presque contagieuse. Il fend la foule, qui s'écarte en dansant, peut-être sans s'en rendre compte. Son regard va de droite à gauche, scrutant avec toute la minutie d'un rapace. Puis, ses narines s'évasent, comme un animal ayant flairé une piste. Il l'a vu. Son sourire se fait sincère, une seconde durant, alors qu'une flamme s'allume, donnant à ses yeux un éclat métallique et effrayant. Il ressemble, sous les feux effacés du bar, à une ombre parmi les ombres. Une ombre mortelle.

Il s'assoit calmement sur une banquette libre. Il croise les jambes, et si ce geste aurait pu paraître ridicule, cela donne à sa stature quelque chose d'élégant. Sherkan a toujours été conscient de ce que lui offraient ses gènes vélanes, seul héritage de qualité qu'ait offert sa génitrice à son fils. Il passe sa main dans ses cheveux, les repoussant en arrière d'un geste fauve. Une serveuse s'approche, presque timidement. Elle sourit, et cligne des yeux quand il lève le visage vers elle. Il n'utilise que peu de pouvoir - pas encore, sinon ce ne serait pas amusant. Pas pour cette fille insignifiante. Pas pour les vermisseaux qui parsèment la boue que foulent ses pieds.« Votre meilleur whisky, je vous prie. » Même sa voix est modulée. Sherkan a toujours agi ainsi, tel un robot - tout son corps n'est qu'un instrument, au même titre que ceux qui l'entourent. Il se sert de toutes les possibilités pour arriver à ses fins. L'égoïsme fait homme. La vanité fait chair. La serveuse hoche la tête, comme enivrée, et s'éloigne en secouant la tête. Sherkan n'est même pas amusé - la chasse n'est attrayante que lorsque la proie met un peu du sien. Et il a trouvé l'être qui pourra aviver quelque chose chez lui, ce soir. Lichuan.

Son attention se pose sur le dos du jeune homme. Il est là, un peu plus loin, sûrement en train de compter fleurette à une demoiselle. Cela fait rire le mangemort. Oh non, pas ce soir, Lichuan. Leur échange épistolaire des plus décousus l'avait entraîné à s'enflammer pour ce jeu qui n'était qu'à eux. Crues, pleins de sous-entendus. Mais voilà que Lichuan ne répondait plus. Voilà qu'il se faisait muet, au point d'en attirer la présence sombre de celui qu'il avait osé aguicher, aiguiller de sa plume trop acerbe, trop imprudente. Pauvre fou, tu ne sais pas quel montre tu as réveillé. Mais il allait bientôt l'apprendre. Sherkan espérait que Lichuan se méfie de lui. S'il en était autrement, c'est qu'il était d'une bêtise crasse. Son verre d'alcool lui fut servi, et il renvoya la serveuse d'un geste sec de la main, tout à son observation. Son regard rivé aux moindres gestes de sa proie. Sherkan était connu en tant qu'assassin pour les deux factions auxquelles il vendait ses services, en double espion qu'il était ; lorsqu'il portait son attention quelque part, sur quelqu'un, il devenait tel un serpent. Il ne lâcherait pas Lichuan.

Pas après ce qu'il avait écrit.

Sa main pâle se resserra sur le verre. Ses phalanges blanchirent, et il remarqua son reflet monstrueux - ses cernes, sa peau tavelée de rouge. NON. Sherkan se força à se calmer. Comment savait-il ? Peu importait. Tout finissait par se savoir. Malgré toutes les précautions qu'il avait pu prendre, Lichuan savait.

Cancer.

Son sang charriait ce mot comme une brûlure faite au fer rouge. Cancer. Une malédiction lourde à porter. Son corps le lâchait. Son instrument le plus aiguisé lui faisait cruellement défaut, et il devait à présent se cacher de plus en plus souvent derrière cette beauté factice de demi-vélane. Cruelle vanité. Mais personne ne verrait l'épave, les ruines qu'étaient devenu le grand Sherkan. Il soupira et prit une gorgée, en se calmant. Il savoura le goût ambré, fort et âcre, qui lui râpa la langue. Il soupira, et attendit quelques instants avant de se lever avec une grâce toute inhumaine. Et, tel un requin se jetant sur un banc de poissons, il rompit les derniers mètres entre lui et Lichuan.

Le pauvre ne put guère voir la menace arriver, car Sherkan prit garde à venir dans son dos. Puis, il se pencha délicatement derrière Lichuan, afin que lorsqu'il souffle son « Bonsoir » le mangemort prenne conscience de ce qu'il avait près de lui. Puis, avec élégance, il fit un pas de côté et son visage prit un air ravi. Comme si il rencontrait un vieil ami. Poliment, il sourit à la demoiselle face à Lichuan, puis d'un air presque taquin, un brin fatal, il posa enfin son regard cruellement sur le jeune homme. Sans se départir de ce superbe visage fascinant et si faux, il parla de nouveau, sa voix musicale et modulée, se faisant parfaitement entendre malgré le vacarme. « Quelle coïncidence, toi ici ! » Ironie masquée. Lichuan était un idiot, si il croyait un instant que c'était le destin qui le mettait sur sa route. Mais Lichuan n'était pas bête. Lichuan saurait - Sherkan le traquait. Et il savait pourquoi. Pourtant, Sherkan prit un plaisir vicieux à enfoncer le couteau dans la plaie. « Ma dernière lettre n'a reçue aucune réponse ; se pourrait-il que tu ai oublié de m'envoyer ta missive ? »

Je ne suis pas mort. Observes-moi, vivant, mon coeur pulsant ; vois la majesté, la puissance de celui qui a été ton maître, Lichuan. Mais même à genoux, je ne pardonne pas. Je n'ai jamais été miséricordieux. Je veux voir la peur dans ton regard. Délectes-moi. Fais moi ce plaisir Lichuan.


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« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Sam 14 Fév 2015 - 19:27

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

C'était une soirée douce, agréable, presque belle. Il se noyait dans la foule, son esprit tanguait au même rythme que les corps autour de lui, il se sentait comme prisonnier de cette fièvre qui agitait l'âme des fêtards ; prisonnier volontaire, maître du jeu qui choisit délibérément de s'abandonner aux mains d'un autre —l'autre en question étant une jolie jeune femme, cou fragile, lourds cheveux blonds, rouge à lèvres plus foncés que les lumières tamisées du club. Une Moldue, bien sûr, quoi d'autre ? Étrangère à son monde et, en même temps, irrésistiblement attirante. Ses yeux avaient glissé sur son jean délavé et son T-shirt blanc, déguisement incongru en un tel endroit. Mais elle s'était contentée de sourire, amusée. Lichuan aimait le danger. Il s'était accordé trente secondes pour lui parler mais cela avait suffi pour qu'il tombe amoureux de son accent chantant, de sa spontanéité crue et désarmante. Elle s'appelait Anna —ou Elsa ? Peu importait, au final. Elle était une promesse faite femme.

C'était par hasard ou par erreur que Lichuan avait échoué en ces lieux vides de toute magie, quelle que soit sa nature. Désertés par les sorciers, désertés par les dieux. Aucun regard ne pouvait le juger, il était à l'abri de tous les courroux, de toutes les colères. Avec une timidité feinte pour mieux attirer sa proie, Lichuan glissa une épaisse mèche blonde derrière l'oreille percée d'un large rubis en toc. « Laisse-moi te montrer quelque chose, susurra-t-il, charmeur. » Sur le comptoir humide, un dé roula. Les chiffres défilèrent. Un, je l'emmène danser, deux— La sensation confuse d'être observé. On force l'entrée d'une maison vide— Ses épaules qui se tendent nerveusement alors qu'il sent une présence dans son dos, dangereusement proche. Trois— « Bonsoir. » Il n'a pas besoin de se retourner pour deviner à qui elle appartient, cette voix à la fois lointaine et familière. Lui.

C'était son regard qui lui brûlait la nuque. Soudain, elle fut oubliée, sa nouvelle prétendante. Reléguée à la dernière place de ses préoccupations. Alors qu'il se brûlait les yeux à force de soutenir la lueur cruelle qui animait les prunelles vives de Sherkan, Lichuan songea vaguement qu'il était condamné, à nouveau. Mais c'était une fausse parade ; condamné, il l'avait toujours été. Ta faute, Sherkan ! Il était une époque où il aurait tout donné, tout sacrifié pour avoir droit à un sourire de cet homme. C'était une vaine époque, vraiment. Trois, pensa-t-il en s'efforçant de maîtriser sa respiration, fuyons.
Mais il ne fuit pas, non ; si la part rationnelle de son esprit lui ordonnait de se méfier de Sherkan comme de la peste, il y avait tout le reste de son cerveau qui lui dictait le contraire. Et Merlin seul savait que Lichuan n'était pas un être rationnel.

« Quelle coïncidence, toi ici ! » Seigneur, sa voix. Pourquoi fallait-il qu'elle surpasse les accords de la musique en beauté ? En guise de réponse, il se contenta de l'observer avec un sourire indéchiffrable. Menteur, menteur, menteur —Je te hais, Merlin, qu'est-ce que tu fais ici ? Va-t'en tourmenter d'autres âmes égarées, je passe mon tour, je l'ai déjà passé, je te hais, je te hais, hais tellement— Tu es MORT. MORT. Tu ne m'auras pas plus longtemps. Étouffe-toi donc dans ton propre sang. Il répète ces mots silencieusement comme une prière pour ne pas sombrer, non, pas encore. Il avait cru être armé face aux artifices de Sherkan mais, ces yeux. Et ce regard posé sur lui comme celui d'un chasseur sur sa proie, comment était-il censé gérer ça ?
Qu'il s'en aille, parce que Lichuan ne ferait pas le premier pas, peu importe à quel point l'autre homme pouvait se révéler destructeur pour sa santé mentale. Au contraire, il affichait un sourire presque moqueur, comme si tout ceci n'était qu'un jeu.

« Ma dernière lettre n'a reçue aucune réponse ; se pourrait-il que tu ai oublié de m'envoyer ta missive ? » Les mots le brûlent. Il se souvient de la lettre, bien sûr. Il a feint de l'égarer, d'une main distraite, il l'a laissé tomber sous son lit ou au fond d'une armoire, avec l'indifférence des futurs vainqueurs. Tu vas bientôt mourir, de toute façon. Tes menaces figées dans l'encre se dilueront avec ta propre existence. À ses côtés, la jeune femme s'enfuit, terrifiée par la tension qui règne entre ces deux hommes. Lichuan ne fait aucun geste pour la retenir. Sherkan.
Sherkan est là, en face de lui, comme s'il n'était jamais parti.

« Pardon, mais qui êtes-vous ? demanda-t-il d'une voix nonchalante, ce fou. » Il feint la surprise, joue l'étourdi, se mord les lèvres, taquin. Cherche la confrontation, le choc, oublie l'ennui des dernières années, se perd dans le regard de Sherkan. Il l'a aimé, cet homme, il le déteste maintenant, de toute son âme, de toutes ses forces. « Je ne crois pas qu'on se connaisse et cette histoire de lettres ne m'évoque rien du tout. » Il tente d'insuffler à sa voix les accents assurés qu'il a l'habitude d'arborer mais, face à la beauté artificielle de son vis-à-vis, il a l'air d'une fausse copie. « Vous aimeriez m'expliquer, peut-être ? »

Je suis la conséquence de tes actes, la somme de tes promesses, un Pinocchio trop fragile pour résister aux promesses du renard ; Pinocchio a quitté son Geppetto de pacotille, Geppetto est-il fâché ? Parce que moi, je le suis. Il récite dans sa tête ces mots, mots cruels et mots tendres, dans l'attente de l'inévitable.
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MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Sam 14 Fév 2015 - 20:08

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L'air est électrique. Des frissons courent sur ses bras, et il les ressent avec une délectation presque palpable, alors que son regard fixe avec insistance le visage familier, connu, maintes fois caressé, de Lichuan. La colère lui va bien. Cette animosité farouche le rend passionnément vivant. Serais-tu en train de te transformer en garçon de chair, Pinnochio ? Sherkan sent la peur. Animal. Presque bestialement, il semble marquer son territoire de ses prunelles d'onyx. Tant est si bien que la donzelle s'évade. Aucun des deux hommes n'y prête attention. Elle n'est qu'un dégât collatéral, un déchet dans leur espace. Le mangemort voit bien dans le regard du plus jeune quel effet il lui fait. Et pourtant, il a cette faculté de le surprendre. Avec un plaisir non feint, Sherkan hausse les sourcils, tandis que la voix de Lichuan résonne. « Pardon, mais qui êtes-vous ? » Divertissant. Guère original, mais ... « Je ne crois pas qu'on se connaisse et cette histoire de lettres ne m'évoque rien du tout. » Sherkan penche la tête, comme à l'écoute du moindre souffle, du moindre son. Lichuan semble peut-être sûr de lui. Mais il sait qu'au fond, il lui fait peur. Et c'est cette haine, cette horreur qu'il inspire qui l'excite tellement, de cet émoi si soudain, si violent. Emotions projetées, sourire qui volent, hypocrites et malicieux. Même son regard inhumain finit par s'agiter d'étincelles dévorantes. « Vous aimeriez m'expliquer, peut-être ? » Peu importe tout le courage qu'il tentera de mettre dans les tonalités de sa voix, Lichuan restera un pleutre, un pantin brisé aux fils tranchés. S'il croit avoir gagné sa liberté en s'enfuyant, c'est qu'il est perdu. Le jeu s'interrompt, alors que Sherkan se contente d'affermir sa prise sur Lichuan. Ses lèvres remontent d'un cran encore, dévoilant ses dents - une bête prête à mordre ; un animal furieux montrant les crocs. Danger.

Comme de qui de droit, l'homme s'installe près de son vis-à-vis, de la manière la plus naturelle qui soit, presque nonchalant. Il fait aller ses épaules, puis émet un rire sinistre, froid et glacial. Une lame sous la gorge ; du verre dans les oreilles. « Chenapan que tu es. Quand on invoque un monstre, il ne suffit pas de fermer les yeux pour le faire disparaître. » Sa voix est presque douce. C'est pire qu'un ton furieux. C'est pire, parce que cela ne présage rien de bon. Parce que cela est comme un serment de cruautés à venir. Destin funeste, avenir fait de flashs douloureux. Tu ne voulais donc guère croire en ma vie ; me voilà en train de l'agiter sous ton nez. Ouvres juste un peu les yeux, mon beau Lichuan. Tu ne veux pas de ma vie. Mais je désire la tienne. J'ai faim de ce jeu que nous ne contrôlons plus. « Lichuan. » Comme un sort. Comme un envoûtement. Doux, comme un rêve. Sherkan se penche, et avant que Lichuan n'ait pu réagir, il passe le bout de son index sur sa joue. Tendrement. Laissant une virgule de sang là où son ongle a marqué tel une griffe son empreinte dans sa peau. Possession. Dire son nom à voix haute semble satisfaire Sherkan, comme si de ce fait il imposait sa loi. Il se redresse et s'adosse tranquillement en arrière, impérieux, tel un roi. Il a toujours eu cet air effronté, princier et hautain. Cet air inhumain, si beau et si instable, tel un monstre masqué. Mascarade que tout ceci. Cette soirée est un travestissement ; une pièce de théâtre habilement secouée par une main de maître. Sherkan lui-même ne sait où cela les mènera. Frisson de l'imprévu. Délire d'une convoitise. Lichuan, Lichuan. Mon petit Lichuan. Tu penses à tes liens brisés, et tu ne fais pas attention au coutelas sur ton cou. Je ne sais pas ce qu'est cette vaine tentative de m'abjurer, mais tu m'amuses. Sans cela, tu serais depuis longtemps réduis à moins que rien. Amuses-moi encore, bouffon au visage délicat, instigateur de mon appétit.

Sherkan porte avec patience sa main à son visage, et passe avec malice son doigt sur ses lèvres ouvertes ; sa langue serpentine vient chercher la perle carmine. Son regard perçant n'est qu'une fente sombre et brillante, dans la pénombre. Il ne lâche pas Lichuan. Comme si cet acte barbare, ignoble que celui de goûter le sang d'un autre pouvait ramener à la surface des pensées de Lichuan sa propre malade. Comme si cela pouvait guérir son sang. Une trame noire assombrit le visage de Sherkan, et il abaisse ses mains à la peau diaphane. Comme si il se rendait. Factice.

« Qui donc a osé t'instruire de ton savoir, Lichuan ? Qui a permit à ton esprit indolent de fantasmer sur une mort quelconque ? Mon doux, mon tendre Aloysius, il ne faut pas croire ce que tout le monde raconte. A moins que je ne sois un cauchemar vivant ? » Les prénoms ressortent, tranchants. La voix est onctueuse, comme un miel venimeux. Un rire ponctue la fin de la phrase, presque cristallin. Angélique. Dans la bouche d'un monstre, c'est un comble. Sherkan a toujours aimé s'entendre parler. Il a toujours aimé jouer sur les mots, sur le ton d'une voix. Hypnose latente, inconscience d'une manipulation. Lichuan, autrefois, aimait sa voix. « N'est pas mort ce qui à jamais dort ; Et au long des ères peut mourir même la mort. » La citation, de l'écrivain Lovecraft, fit sourire le malade - le Nécronomicon, cité par un mourant. L'ironie, Lichuan. Il pencha sa tête sur le côté, et croisa ses mains devant lui, presque sagement. Il sourit, presque sincère. Toujours presque.

La musique de sauvage agressait ses tympans. Il soupira doucement, expirant tout l'air de ses poumons, mais son masque ne tomba pas. Avec une malice sans commune mesure, il s'activa à picorer la raison de Lichuan.« J'espère ne pas avoir écourté ton entrevue avec la demoiselle. De toute façon, tu as toujours eu de déplorables goûts en matière d'histoires d'amour. » Large sourire. Moquerie impitoyable. Sherkan lançait des affronts et des railleries au front et à la barbe de Lichuan. Il tournait en dérision son collègue Mangemort, mais avant tout, il cherchait la lueur. Il voulait le pousser dans ses retranchements.

Juste parce qu'il le pouvait. Juste parce que cela l'amusait.

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MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Sam 14 Fév 2015 - 22:11

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La foule est de trop, d'un coup ; il voit les changements s'opérer au fond du regard de Sherkan, éclats changeants à peine perceptible pour l’œil inexpérimenté. Mais Lichuan sait. Il sent. Tel un pantin d'opérette, il tente de faire bonne figure devant le fauve relâché, livré à l'appel irrésistible de la liberté. De la proie. À une certaine époque, il incarnait ce rôle sans même le réaliser ; à présent, alors qu'il fait face à l'étincelle dévorante qui illumine les yeux du Mangemort, il en joue, il en profite même. Il se fond dans le costume avec une aisance singulière. La peur ne disparaît pas, non ; la haine demeure, incontrôlable et brûlante. Mais il y a quelque chose en plus qui lui permet de tenir bon, le sentiment confus qu'il le pouvoir de répliquer, peu importe à quel point Sherkan semble persuadé du contraire. Les cartes changent de main, il a pioché et s'est accommodé de ce que le hasard lui a offert. Surpris, mon beau ? ne peut-il s'empêcher de penser, narquois, et ce soupçon de moquerie se reflète sur son sourire. Je ne suis plus l'adolescent de dix-sept ans qui fondait sous tes promesses. Sous tes baisers. J'ai grandi. J'ai évolué. Rien ne sera jamais plus comme avant, aussi facile, aussi insultant. Je ne me laisserais pas faire. Et pourtant, lorsque Sherkan s'installe à côté de lui, sans demander la permission, sans même daigner lui jeter un regard, il ne réagit pas autrement qu'en l'observant d'un air calme et placide. Fasciné. Il n'a pas changé. Figé dans le temps, comme une image ou un rêve un peu fou. Son rire achève de glacer Lichuan. « Chenapan que tu es. Quand on invoque un monstre, il ne suffit pas de fermer les yeux pour le faire disparaître. »

Il l’appelle chenapan. Aloysius a dix-sept ans. Il cède au chant des sirènes. Ne voit pas où le mal. Se laisse embrigader. Invoque inconsciemment le monstre dont parle à présent Sherkan avec un sourire écorché dans la voix. Qui a dit qu'il voulait le chasser, ce monstre ? « Ne me parle pas comme à un enfant, tente-t-il d'articuler, trahissant sa mascarade insensée, mais sa voix s'éteint lorsque Sherkan l'interrompt : Lichuan. » Il possède un privilège et il en abuse, ce fou. C'est son nom mais il n'y répond pas. Il se contente de le fixer, refuse d'admettre la vérité. Ce n'est qu'une illusion éphémère qui ne suffit pas à camoufler la réalité. Si l'autre homme ne meurt pas ce soir, alors ce sera demain. Un jour. Il sera libéré de sa menace. Alors il ne bouge pas. Se tend sous le contact de l'index téméraire. Tressaille à peine lorsqu'il sent le sang couler le long de sa joue. Sourit à nouveau. Il a toujours eu l'habitude de tendre l'autre joue, Lichuan, plutôt que de se défendre. C'est quelque chose qu'il ne doit pas à Sherkan, étrangement.

Qu'est-ce que tu veux, mon cher ? songe-t-il ironiquement mais la réponse ne tarde pas. Le doigt porté aux lèvres, le sang avalé. La colère enflamme les yeux de Lichuan. Une colère irrationnelle et incontrôlable. Il songe même un moment à le frapper, à lui jeter le pire sortilège qu'il connaisse, à déchaîner sur lui toute la fureur contenue durant ces années où ils se sont oubliés. Il comprend mieux les rumeurs à propos d'une ancêtre harpie qu'il aurait eu. Il y a, après tout, suffisamment de tâches dans l'arbre généalogique pour qu'une telle histoire soit crédible et les Whitelaw sont réputés pour leur tempérament colérique. Tu ne me possèdes pas, ou plus. N'essaie de faire penser le contraire avec tes gestes obscènes. Il n'est pas humain. L'a-t-il jamais été un jour ? Lichuan est incapable de deviner son véritable visage mais il perçoit les aspérités, les angles brutes, la laideur implacable. C'est ce sur quoi il se concentre. C'est ce à quoi il se raccroche pour ne pas tomber à nouveau. Pas deux fois. « Qui donc a osé t'instruire de ton savoir, Lichuan ? Qui a permit à ton esprit indolent de fantasmer sur une mort quelconque ? Mon doux, mon tendre Aloysius, il ne faut pas croire ce que tout le monde raconte. A moins que je ne sois un cauchemar vivant ? » Aloysius. Le prénom sonne comme une claque, douloureuse, traîtresse, lâche. C'est à cause de lui qu'il n'a plus droit de l'utiliser sans ressentir la honte liée au déshonneur et au reniement. Cela, allié aux nombreuses évocation de son père dans ses lettres, son père mort, tué par la simple pensée de voir son fils unique répéter ses propres erreurs, achève de lui faire perdre la raison.
Il a ce don, il l'a toujours eu, cette facilité insolente à faire ressortir le mauvais en lui.

« Tais-toi, crache-t-il avec force. » Tais-toi, tais-toi, tais-toi... Son souffle lui échappe, ses mains tremblent. Si seulement il pouvait le tuer, si seulement sa simple voix n'avait pas cet effet-là sur lui ! Mais il n'est pas aveugle, Lichuan ; il sait que les mécanismes de la manipulation q'use avec célérité Sherkan ne repose pas uniquement sur son sang de Vélane. Le piège est profondément ancré. Il rassemble ses forces pour répondre, inspire, expire. Le fixe du regard, défiant, insolent, arrogant comme un jeune paon : « J'ai mes sources, comme tu as les tiennes. Je suis un Langue-de-plomb, après tout. » Langue-de-plomb, langue de vipère. Comme dans sa lettre. Jusqu'au bout, il correspondra donc à ses attentes ?

« N'est pas mort ce qui à jamais dort ; Et au long des ères peut mourir même la mort. » Presque aussitôt, il répond, citant l'auteur comme un réflexe : « Lovecraft. » C'est un jeu entre eux. Lichuan ne lui a jamais caché son amour pour la littérature moldue. « Ce n'est pas la citation la plus appropriée, murmure-t-il. » Oh si, ça l'est, mais tu ne veux rien lui céder, pas vrai, Lichuan ? Ce joli sourire t'a déjà tant pris. Il regarde son sourire comme on contemple une mouche se faire avaler par une plante carnivore. Tu joues, tu fais semblant, comme d'habitude, ce n'est pas moi qui t'intéresse mais les frissons que t'apportent nos échanges, ça t'a manqué, je me trompe ? Je ne suis qu'une image à tes yeux, je l'ai toujours été. Une page blanche sur laquelle on projette tous ses fantasmes avant de la jeter une fois devenue inutile. Espèce de sauvage. Carnivore. Cannibale. Je te hais. Oh, je te hais tellement.

« J'espère ne pas avoir écourté ton entrevue avec la demoiselle. De toute façon, tu as toujours eu de déplorables goûts en matière d'histoires d'amour. » Cette fois, la réplique fuse, tranchante, amère. Il n'a pas bronché, est toujours assis nonchalamment sur son siège. C'est à peine s'il daigne tourner la tête vers Sherkan. « Tu aimerais bien figurer dans mon palmarès, c'est ça ? Serais-tu jaloux, Sherkan ? » Il feint l'idiotie, nie volontairement leur relation passée. Elle n'avait pas d'importance, c'est ce qu'il aimerait bien croire. En attendant, il boit une gorgée de son verre, prend le temps de la savourer avant de se tourner vers lui. Les mains croisées de Sherkan lui évoque l'image d'un croyant.
Plutôt mourir, pense-t-il. Plutôt mourir que de lui avouer indirectement qu'il avait pu l'aimer un jour.
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MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 0:23

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Lichuan a toujours eu ce petit air étrangement adorable, enfantin. Cela pourrait plaire, plaît sûrement car Sherkan ne doute pas que le jeune homme ait un certain palmarès. Grand bien lui fasse. Mais pour le monstre, il serait toujours un enfant. Ils ont presque dix ans d'écart, et ces quelques années qui les séparent ne sont pas les seules. Un fossé s'abîme entre leurs deux esprits ; pourtant, ici et là, on peut voir des pontons en relatif bon état. Jamais ils ne pourront réellement se dissocier l'un de l'autre. C'est en tout cas l'avis de Sherkan - malsain, pervers, cruel, mais son avis tout de même. « Ne me parle pas comme à un enfant » Sherkan rit. Rien ne l'arrête. Surtout pas les fausses plaintes du jeune homme. Il ne veut pas vraiment que cela s'arrête. La preuve - il ne bronche pas, même sous la fine douleur. La peine, le chagrin, le mal que l'ont peut induire en autrui sont autant de perles raffinées. Et, malgré tout, Sherkan ressent un vague plaisir à sentir le contact chaud. Ephémère. Un contact qui crie dans chacune de ses cellules le nom du jeune homme. Oui, c'est bien, songe t-il comme un professeur face à un élève prometteur, mets-toi en colère, rue, crie, c'est toujours mieux que ton indifférence ratée. Mais les mots ne font que durcir son regard. Sherkan donnerait cher pour savoir lire dans son esprit, pour voler une seconde de ses pensées, de manière totalement perverse et intrusive.

La folie embrase Lichuan. « Tais-toi » et si Sherkan obtempère, ce n'est pas pour lui plaire, mais par pur intérêt. Il veut voir ce que Lichuan a dans le ventre. Après tout, même si ils se sont croisés - et que le mangemort s'est tenu au courant de sa chère recrue - ils ont changés depuis les années folles où l'un recruta l'autre. Sherkan savait mieux se maîtriser, et Lichuan, oh Lichuan ... Il s'était rebellé tel l'enfant prodige. Cela provoquait chez Sherkan des frissons d'excitation. Qu'on lui tienne tête n'était pas dans son quotidien ; il réalisa soudain que cela lui plaisait beaucoup. Et que la chute n'en serait que plus dure. Pour qui que ce soit. « J'ai mes sources, comme tu as les tiennes. Je suis un Langue-de-plomb, après tout. » Arrogance et dédain, mépris. Une vraie langue de serpentard. Cela fit naître un sourire presque affectueux sur les lèvres qui découvrirent ses dents. Cela s'accentua quand, par réflexe, Lichuan compléta sa pensée. « Lovecraft. » Hochement de tête, comme pour le récompenser. Un bon point pour toi, mon chou. « Ce n'est pas la citation la plus appropriée » Oh voyons, Lichuan. Ce dégoût de moi que je vois dans ton regard est le plus exquis des nectars. Oui, hais-moi. Fais-moi vivre à travers cette rage qui t'offusque. Détestes-moi de tout ton être.

« Tu aimerais bien figurer dans mon palmarès, c'est ça ? Serais-tu jaloux, Sherkan ? » et si répartie a été dites avec spontanéité, le rire de Sherkan est exactement semblable - tranchant, rude, involontaire. « Par Merlin Lichuan ! Ja-Jaloux ?» Même le mot bute, sous la soudaine hilarité nullement forcée. Avec un léger rire qui se calme, Sherkan lance un regard railleur au jeune homme. « Ton palmarès, j'en connais la moindre parcelle. Il n'est guère reluisant, mais si tu y tiens tant - oui disons que je suis jaloux. Prétendons-même cela, si ça te plaît. Est-ce que tu voudrais que je sois là pour te reconquérir ? Me figurant que j'ai fait une erreur ? Tu m'as toujours vu plus humain que je ne suis. » Sifflement, sur la dernière phrase. Lichuan ne se berce pas de telles idioties, espère t-il. L'a t-il jamais aimé ? Vaste question, dont chaque aboutissement est négatif. Sherkan n'aime que lui. Cela ne l'empêche pas de se monter possessif avec ses jouets.

Et puis, elle vient, pathétique. La toux perfide, traîtresse. Elle avale son souffle, affamée de sa vie, et Sherkan serre soudain les dents. Sa beauté se fane, et si son véritable visage n'est pas révélé, cela n'est dû qu'à une concentration du dernier instant. Pourtant, son teint n'est plus d'albâtre mais pâle ; ses yeux, durant un instant, sont cernés, tandis que ses mains se serrent à s'en faire mal sur ses propres bras. Pas maintenant. Hélas, son corps ne lui obéit plus. Ne crache pas de sang, pas devant lui. Ne tombe pas dans un tel degré de pathétique. Rompu, brisé. Il siffle, il inspire, il cherche un dernier accès à la vie. Un vertige interne le fait vaciller imperceptiblement. Pourquoi, Merlin, pourquoi devant Lichuan ? Une blague intersidérale, peut-être. Puis, sa langue passe sur ses lèvres - goût de sang, le coeur battant. Un sourire carnassier, pâle et monstrueux, déforme ses traits magnifiques, pour en faire une statue étrange. « Tu cherchais la mort, la voilà charriée dans mon sang, comme tu le sais si bien. » Ses accents ne sont pas plaintifs ; ils sont puissants, comme si ce n'était rien, comme si il s'en relèverait plus fort. L'air mauvais, comme si toute sa comédie auparavant n'avait été qu'un hors d'oeuvre, il susurre « Tu veux me voir mort, tu me hais, tu me détestes, ma vue te débectes autant qu'elle te fascine. Tu rejettes cette séduction que j'ai sur toi, sans pouvoir la combattre. Nous ne sommes pas à armes égales, Lichuan. Tu aurais déjà dû t'en rendre compte. Et même si me vois déjà un pied dans la tombe, je peux t'assurer que je n'ai rien perdu de mes facultés. Et puis, si jamais je disparaissais, il n'y aurait plus cet agréable frisson de danger. Tu aimes ça - tu as aimé, dès que tu m'as senti. Autrefois comme maintenant. Ne le nie pas. »

Sherkan fait un signe, et quelques instants plus tard, deux nouveaux verres sont présents devant eux, contenant un liquide ambré qu'il boit d'une gorgée sans même le savourer. La douleur pulse, comme un astre noir en lui. Chacun de ses gestes sont lents, empreints d'une grâce qu'il a retrouvé comme sa beauté, mais si Lichuan savait ... Si ils sont délicats, c'est parce que chacun de ses os lui fait mal ; chaque parcelle de son être se disloque. Il n'est que ruine, fondations tombées. L'ombre de lui-même, à l'intérieur. Plutôt mourir que de l'avouer, que de faire percer une telle faiblesse. Et c'est bien là que le bât blesse - Lichuan est au courant de ce qui n'aurait jamais dû voir le jour. « Tu auras beau dire le contraire, je t'effraies. L'idée de ma mort t'as rassuré, comme un enfant se glisse dans des couvertures, entouré d'odeurs familières. Ridicule. Si tu fermes les yeux, je serai toujours là à rôder. Ombre dans les ombres, Lichuan. Je ne suis pas faible. Je ne l'ai jamais été. Tout cela n'est qu'un contretemps fâcheux, certes mais ... » Soudainement, il se tourna vers Lichuan pour accrocher leurs regards. Il n'était plus question de séduction - Lichuan était déjà fasciné par sa beauté. Mais, étrangement, il voulait réellement discuter avec lui. Le faire sien, de nouveau. Car Sherkan aimait contrôler. Et quand la situation lui échappait, il paniquait. Cette émotion incroyablement disfonctionelle. Sherkan aimait ne rien ressentir - ce vide intense, seulement comblé par des vagues de plaisir cruel, d'intérêt intellectuel. Il avait partagé ce dernier point avec Lichuan, de façon sincère. Le mangemort était un homme cultivé, et il apprécié l'intelligence chez les autres. Il reprit sa phrase, arrêtée brusquement. Sa voix reprit des modulations musicales, tandis que son regard se faisait involontairement hypnotique. « Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. » finit-il, en secouant la tête gracieusement. Tout est calculé. Même l'angle de son visage. Sherkan est un piètre homme juste. Tout n'est que perfidie et fiel, venin et poison. Il aurait fait un fier serpentard, sans aucun doute.

Regarder une proie dans les yeux était un sommet d'excitation. Lichuan avait toujours eu de beaux yeux. Lichuan était de toute façon beau. Sherkan pouvait lui céder cela - il était même un homme intéressant, dans le fond. D'autant plus captivant à contrôler. Si Lichuan en avait eu le courage, il l'aurait déjà tué. Sherkan soupira et glissa une oeillade sombre aux gens se déhanchant sur la piste de danse. Comme il détestait le bruit. Lichuan se rendait-il compte de l'entorse qu'il faisait ainsi à ses pauvres oreilles ? L'honneur qu'il lui faisait ? Il ne comprenait pas la jeunesse, ne souhaitait pas la comprendre. Un souffle s'empare de son poitrail, et il se masse le cou avant de retirer la veste de son costume. Il sait que la pâle lumière feutrée va donner une idée assez précise de sa corpulence, dans sa chemise blanche et son veston gris. C'est l'idée recherchée. L'apparence, toujours. « Tu n'as pas trouvé le temps de répondre à ma douce lettre ? » fit-il d'un ton narquois. « Pour un fantôme, je suis plutôt bien conservé, non ? » Sourire carnassier. Sa main frôle volontairement celle de Lichuan, sous couvert de prendre son verre. Electricité.

C'est ce qu'il aime. Cette haine mâtinée d'autre chose, de ce jeu. Ils se cherchent, se trouvent, se repoussent et s'attirent comme deux astres. Sherkan ne l'aurait jamais avoué, ne l'aurait même jamais pensé, mais il avait besoin de Lichuan. Au-delà du fait qu'il soit son seul échec, il représentait autre chose. Nul besoin d'étiquette. Cela lui suffisait. Jouer, encore et encore. Douleur et désir, convoitise et aversion. Sans cette saveur de sang, rien ne valait le coup.


_________________


« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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: Science has not yet taught us if madness is or is not the sublimity of the intelligence.

ϟ ÂGE : 31
ϟ FONCTION : Ancien élève de Serpentard, ancien Langue-de-Plomb, Mangemort en fuite
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ϟ LIENS : From childhood's hour I have not been. As others were, I have not seen. As others saw, I could not awaken. My heart to joy at the same tone. And all I loved, I loved alone.

Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 11:09

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

Le rire de Sherkan est une insulte. Un mensonge de plus sur sa route parsemée de fausses promesses. « Par Merlin Lichuan ! Ja-Jaloux ? » Jaloux, oui. Il a cette faiblesse de penser que Sherkan est capable de ressentir des sentiments, au moins d'autres émotions que la fascination morbide et l'intérêt cruel, et c'est ça qui finira par le perdre. Lichuan en a douloureusement conscience. Jusqu'au bout, jusqu'à ce que la compréhension l'anime et qu'il voit au-delà des belles paroles de l'espion, il y aura cru. Seuls demeurent aujourd'hui les restes de cette vaste blague qui lui laisse un goût amer, un goût de cendres, sur les lèvres. « Ton palmarès, j'en connais la moindre parcelle. Il n'est guère reluisant, mais si tu y tiens tant - oui disons que je suis jaloux. Prétendons-même cela, si ça te plaît. Est-ce que tu voudrais que je sois là pour te reconquérir ? Me figurant que j'ai fait une erreur ? Tu m'as toujours vu plus humain que je ne suis. » La proposition est alléchante, elle réveille en lui des souvenirs presque agréables, si seulement ils n'étaient pas teintés de rancœur et de haine. Mais quand on se berce d'illusions, il faut bien se réveiller un jour, et Lichuan, malgré l'emprise hypnotique qu'exerce avec adresse Sherkan sur lui, se sent parfaitement réveillé. Alors c'est d'un ton bien trop neutre pour être honnête qu'il répond, empruntant à Sherkan ses phrases alambiquées et ses sous-entendus à peine voilés : « Tu m'as toujours dit ce que je voulais entendre. Autrefois, tu étais un expert ; tu savais même mieux que moi ce que je ressentais et tu me l'expliquais avec des mots ensorcelants. Tu te moquais, tu faussais mes perceptions, jouait avec mes envies mais, oisillon aveugle, j'étais incapable de le remarquer. Submergé, impuissant. Mais c'est terminé, aujourd'hui. (Il adresse un sourire vaguement narquois à Sherkan.) Quel besoin as-tu de connaître mon palmarès, aussi peu reluisant soit-il ? Je croyais pourtant que le grand Sherkan avait d'autres fils à actionner, d'autres marionnettes à manipuler ! » À quoi pense-t-il ? ne peut s'empêcher de se demander Lichuan. Il aurait aimé avoir la certitude que ses paroles l'atteignaient, qu'elles touchaient leur cible et y laissaient une empreinte indélébile. Mais il n'y avait rien de moins sûr. C'était Sherkan. Et c'était Aloysius. Un jeu éternel.

Et puis, la toux survient et Lichuan bénit le ciel de confirmer tous ses soupçons. Le Destin est un homme cruel, marionnettiste bien plus expert que Sherkan, et surtout implacable. À la fin, c'est lui qui aura la dernier mot, et pourtant, ils continuent de mêler leurs existences, de flirter dangereusement, en quelque sorte. Peut-être parce que l'homme à demi-Vélane a toujours nié avec une férocité troublante l'influence du temps, et aussi peut-être un peu parce qu'ils n'ont rien connu d'autre toutes ces années. Les yeux de Lichuan dévorent avec une faim jamais assouvie la déchéance qui se dévoile, la peau étrangement pâle, la fragilité soudaine. Le voilà, le plus doux des spectacles, celui qu'il attendait. Son sourire s'étire comme celui du Chat de Cheschire. L'homme en face de lui est brisé, il n'en a plus pour longtemps. Cette vision l'apaise, remplit son être d'une paix bienvenue. C'est la mort prochaine faite statue d'ivoire qui lui parle. « Tu cherchais la mort, la voilà charriée dans mon sang, comme tu le sais si bien. » Lichuan ne le quitte pas des yeux, à peine déstabilisé par le ton puissant qui contraste fortement avec les apparences. Illusions de pacotille. « Oh, je le sais bien, fais-moi confiance. Je m'en repais. » Vautour carnassier. Lichuan a le sourire extatique d'un enfant devant son nouveau jouet —non, ce n'est pas tout à fait exact. « Tu veux me voir mort, tu me hais, tu me détestes, ma vue te débectes autant qu'elle te fascine. Tu rejettes cette séduction que j'ai sur toi, sans pouvoir la combattre. Nous ne sommes pas à armes égales, Lichuan. Tu aurais déjà dû t'en rendre compte. Et même si me vois déjà un pied dans la tombe, je peux t'assurer que je n'ai rien perdu de mes facultés. Et puis, si jamais je disparaissais, il n'y aurait plus cet agréable frisson de danger. Tu aimes ça - tu as aimé, dès que tu m'as senti. Autrefois comme maintenant. Ne le nie pas. » Il éclate de rire, moqueur, sa voix se fait douce, caressante. « Mais je ne le nie pas, mon beau. J'ai simplement fait mon choix et je m'y tiendrais jusqu'au bout ; te voir mort, obtenir ma vengeance, vaut largement la perte de cette sensation grisante. Et puis, tu sais, tu n'es pas si exceptionnel que ça. Il y en aura d'autres. Peut-être même des plus intéressants que toi. » Il profère ces mots comme s'il s'agissait d'une insulte impardonnable. Alors non, le sourire de Lichuan n'est pas celui d'un enfant devant son nouveau jouet, Lichuan est le jouet ; démonté pièce par pièce il y a bien longtemps, examiné sous toutes les coutures, jeté au feu jusqu'à ce qu'il réussisse miraculeusement à couper les fils qui le retenaient aux mains capricieuses et tente vainement de se reconstruire, sans plans, ni repères ou indices. Qui a le droit de s'étonner, dans ce cas, qu'il manque des rouages, des vis, que son esprit soit tordu, qu'il ne soit plus jamais le même après ça ?

« Il y en a déjà d'autres, achève-t-il dans un murmure, juste pour le plaisir de le mettre en colère. » C'est ça. Je te rends insignifiant. Tu n'as plus aucune importance, fantôme de mon passé, cauchemar de mes nuits, cadavre ambulant. Il ne bronche pas lorsque Sherkan fait un signe et que deux nouveaux verres remplis d'alcool atterrissent sur le comptoir devant eux. Lichuan ne fait pas mine d'y toucher. Il veut garder ses moyens, ne souhaite pas l'oubli, la perte, la confusion. Pas avec lui dans les parages, pas avec son regard qui scrute le moindre de ses gestes. « Tu auras beau dire le contraire, je t'effraies. L'idée de ma mort t'as rassuré, comme un enfant se glisse dans des couvertures, entouré d'odeurs familières. Ridicule. Si tu fermes les yeux, je serai toujours là à rôder. Ombre dans les ombres, Lichuan. Je ne suis pas faible. Je ne l'ai jamais été. Tout cela n'est qu'un contretemps fâcheux, certes mais ... » Il boit ses paroles comme un assoiffé à la source. Il sait tout ça. Il sait le prix à payer pour obtenir la paix recherchée. La vérité, c'est qu'il n'a jamais prétendu pouvoir être totalement débarrassé de Sherkan ; il restera toujours une image que sa mémoire refusera d'effacer. Un songe. Bien plus doux et préférable que la réalité. « Un contretemps pour quoi, exactement ? Tu es déjà mort., souffle-t-il. Leucémie, du grec leukos, blanc, et haima, sang. Ce simple mot suffisent à te parer d'une allure tragique. Te voilà héros sur les planches d'un théâtre de tragédie grecque, félicitations ! Mais ceux-là ont tous un point commun ; même s'ils font rêver les spectateurs, ils meurent toujours à la fin, incapables de vaincre leur destin, peu importe avec quel acharnement ils luttent. Je dois simplement me contenter d'attendre que le rideau se baisse. J'applaudirais si fort, si tu savais. Et cette image qui est censée me hanter lorsque je fermerais mes yeux, elle ne sera que le souvenir agréable d'une représentation splendide. (Il penche la tête sur le côté, mimant la curiosité.) L'ours s'est empoisonné seul, je n'ai nul besoin de le tuer. Attendre, c'est tout ce que j'ai à faire., rétorque-t-il en guise de réponse à sa citation. »

L'homme lui parle presque comme à un égal et c'est une sensation troublante ; lorsqu'il daigne cacher ses atours et oublie de moduler sa voix pour qu'elle paraisse séductrice et mortelle, c'est comme si une alarme s'allumait dans l'esprit de Lichuan. Se défaire de ces illusions, il connaît, il a passé sa vie à le faire, mais gérer sa soudaine envie de discuter sans artifices, non, il ignore de quelle façon agir. Il ne sait pas de quoi se méfier, il avance à l'aveuglette, et cela le terrifie.

Il se souvient, à l'annonce de la maladie de Sherkan, il avait ri. Un rire sauvage, hystérique, qui avait résonné dans la maison vide où il avait trouvé refuge pour mettre ses pensées au clair. Sherkan, mort, bientôt. Les mots tournaient dans sa tête comme une ronde folle. Il n'osait pas y croire. Le destin se chargeait de ce qu'il n'avait pas le courage de faire. Mort, mort, mort, déjà mort. La haine étanchée. La peur envolée. Les doutes disparus. Qu'il crève dans son sang, qu'il s'étouffe, et Lichuan irait danser sur sa tombe. Les derniers accents de son rire s'étaient éteints avec un sanglot incontrôlé. Et puis un second.
Il avait ri et pleuré jusqu'à ce que le jour se lève et lui rappelle qu'il ne servait à rien de s'apitoyer.

Il ne tarde pas à remarquer les coups d’œils énervés que lance Sherkan à la piste de danse. Il sourit, presque attendri. Autrefois, il avait l'habitude de le taquiner sur son âge, rien de bien méchant, juste le rappel incessant qu'ils avaient plus de dix ans d'écart. Un écart qu'ils savaient combler par d'autres moyens. Il aime cette musique, décide subitement Lichuan. Juste parce que Sherkan la déteste, il choisit de l'aimer. Attitude illogique et irrationnelle qu'il adopte sans même s'en rendre compte.

« Tu n'as pas trouvé le temps de répondre à ma douce lettre ? fit soudain ce dernier. Pour un fantôme, je suis plutôt bien conservé, non ? » Lichuan fait mine de l'observer de la tête aux pieds, comme s'il n'y avait pas pensé auparavant. Détaille la silhouette élancée, le charme vélane, les yeux —les yeux. Il soutient son regard du mieux qu'il peut. « Je ne l'ai pas reçu, ment-il vergogne. Je la connais par cœur. Je suppose qu'elle n'avait aucun intérêt, comme toi. Un tissu de sottises, de paraphrases idiotes et de sous-entendus alambiqués. Tu sais qu'on pourrait aisément prendre une de tes menaces de mort pour une tentative de séduction ? Il suffit d'un peu d'imagination. » Et de l'imagination, il en a à revendre, Lichuan. C'est sur les failles de l'esprit qu'il se sent à l'aise. Un effleurement sur sa main, et il se redresse d'un bond, quittant son siège et son verre. Fixe Sherkan avec une lueur au fond du regard qui ressemble à de la provocation. Le contact le hérisse soudainement. La virgule de sang séché sur sa joue semble le brûler. Il n'aurait jamais dû permettre cette blessure, il aurait dû riposter dès les premiers signes. Il regrette tout à coup, avec seule l'intensité que permet la folie latente. Je t'ai accordé cette chance, n'espère pas m'atteindre une seconde fois. D'une voix presque sourde, il articule, veillant à lui faire face, immobile, impitoyable : Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerais danser. Je ne suis pas venu ici pour passer ma soirée seul, à discuter avec un fantôme, même si... (Il déglutit.) Même s'il est très bien conservé, je l'avoue. »

Tu es venu, j'ai vu, tu as vaincu. Repars maintenant. Quel intérêt ai-je encore à tes yeux ? Trop fou pour être manipulé, trop arrogant pour être docile. Tu ferais mieux de profiter de cette vie tant qu'elle coule encore dans tes veines, libre et puissante. Parce que ça ne durera pas, non ; et si elle dure, je saurais rassembler le courage pour y mettre un terme. Toi que le hasard a placé sur ma route et qui n'est jamais tout à fait reparti.
Toi.
Lui. Oh, et puis, faisons comme tu as dit. Jouons. Fais-moi croire que, oui, tu es jaloux et que tu es là pour me reconquérir. Tente donc de m'empoisonner l'esprit comme tu savais si bien le faire, use de tes artifices, teste mes limites.
Tu risquerais fort d'être surpris.
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: We're in the city of wonder, ain't goin' play nice. Am I scaring you tonight ? Ain't used to what you like.

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ϟ FONCTION : Ancien espion pour la cellule SEPOM et les mangemorts. Assassin à son propre compte. (Mangemort non-connu des autorités, en fuite)(Moitié vélane)
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ϟ LIENS : Power and decadence are blood in my veins. I will be a ruin before soon

Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 12:31

Calling all the monsters

I’m a get you so scared
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Sherkan n'a jamais cru qu'en une chose, lui-même. Pourtant, en cet instant étrange, tragique, surnaturel, il pourrait presque entre un rire éthéré. Le destin, ou une divinité quelconque, se joue d'eux. Le marionnettiste n'est qu'un pantin comme les autres, ses fils tordus, ses bras tremblants. Son sang n'est pas de bois, pourtant. Le malade jette un coup d'oeil curieux à Lichuan. De ces oeillades obscures, où rien ne peut être lu, comme un ciel sans lune. Il y a du vrai, dans ces propos tenu par l'enfant. Plus de vrai qu'il ne voudra jamais l'admettre. Car Sherkan n'est pas vrai ; il n'est que faussetés. Il avance masqué. Toujours. « Tu m'as toujours dit ce que je voulais entendre. Autrefois, tu étais un expert ; tu savais même mieux que moi ce que je ressentais et tu me l'expliquais avec des mots ensorcelants. Tu te moquais, tu faussais mes perceptions, jouait avec mes envies mais, oisillon aveugle, j'étais incapable de le remarquer. Submergé, impuissant. Mais c'est terminé, aujourd'hui. Quel besoin as-tu de connaître mon palmarès, aussi peu reluisant soit-il ? Je croyais pourtant que le grand Sherkan avait d'autres fils à actionner, d'autres marionnettes à manipuler ! » Il ne répond rien. Le silence est plus précieux qu'une réponse malhabile. La douleur le prend. Son regard se transforme en lame acérée, juste un instant avant sa faiblesse.

Il hait cette maladie. Plus qu'il n'a jamais haï. Même sa mère n'était qu'un reflet échappé d'une rivière, comparée à cette puissante rage contre son propre corps malade. Et il déteste Lichuan de l'observer avec cette ardente avidité. Il boit sa douleur, il avale chaque fragment qu'il lui offre de cet instant. Malgré les apparences qu'il se donne, Sherkan est mourant. Ils le savent tous deux, et il pourra jeter de la poudre à leurs yeux à tous deux, cela ne fera qu'illuminer plus fort sa chute inexorable.
C'est Lichuan qui a les ailes. Lui, il n'a que des griffes et des crocs. Il ne sait pas voler. Il n'a jamais su.

« Oh, je le sais bien, fais-moi confiance. Je m'en repais. » Rapace de harpie. Cela aurait pu faire rire Sherkan, si il avait encore assez de souffle pour ça. Pourtant, il se force à parler. A repousser la douleur - il a toujours été bon à ça, au moins. Il veut faire avouer à Lichuan qu'il existe. Regarde-moi ! Fais-moi vivre ! Si tu m'accordes ça, je vivrai. Si tu admets mon existence, elle aura un sens. « Mais je ne le nie pas, mon beau. J'ai simplement fait mon choix et je m'y tiendrais jusqu'au bout ; te voir mort, obtenir ma vengeance, vaut largement la perte de cette sensation grisante. Et puis, tu sais, tu n'es pas si exceptionnel que ça. Il y en aura d'autres. Peut-être même des plus intéressants que toi. » Sourire léger. La douleur est passée, comme une brûlure éphémère. Pourtant, quelque chose brûle plus fort. Jalousie. Possessif, il l'a toujours été. Imaginer d'autres, femmes ou hommes, avoir, obtenir, faire leur son Lichuan, cela l'ébranle en interne. Il ne montre rien - sauf peut-être ses prunelles. Froides de cette luminosité cupide. Il l'achève d'un coup bien porté - savamment glissé, tout près du coeur. « Il y en a déjà d'autres » lance t-il d'un ton presque doux. Sherkan inspire, calmement. Pourtant, il voudrait crier. Rien ne se montre, mais son regard. Deux interstices sur son âme tourmentée. Tu es à moi. Tu le seras à jamais - tu auras beau faire de te mêler aux autres, tu es mon jouet, mon monstre. Je t'ai marqué, et je n'hésiterais pas à le refaire. Plaisir et douleur, Lichuan, sont les conséquences de ce jeu, et cette récompense attendue. Sherkan a vidé son verre. Lichuan n'en a pas bu une goutte. Méfiant, hein ? C'est une bonne chose. Cela veut dire que tu me crains. Je subsiste dans cette terreur que je t'inspire. Chacun de tes souffles, chacun de tes regardes, je te les vole. Fais-moi vivre.
Quelle ironie ; si tu savais. En me désirant mort, tu me permets de continuer.

Leur discours est un combat assoiffé. Il n'avait jamais connu un Lichuan si apte à lui répondre. Frisson d'extase. C'est une bataille, à la vie à la mort. « Un contretemps pour quoi, exactement ? Tu es déjà mort. » Sherkan secoue doucement, élégamment sa jolie tête au port princier. Mais il laisse le mangemort continuer ; sa voix est délicatesse aigre, soierie acide. « Leucémie, du grec leukos, blanc, et haima, sang. Ce simple mot suffisent à te parer d'une allure tragique. Te voilà héros sur les planches d'un théâtre de tragédie grecque, félicitations ! Mais ceux-là ont tous un point commun ; même s'ils font rêver les spectateurs, ils meurent toujours à la fin, incapables de vaincre leur destin, peu importe avec quel acharnement ils luttent. Je dois simplement me contenter d'attendre que le rideau se baisse. J'applaudirais si fort, si tu savais. Et cette image qui est censée me hanter lorsque je fermerais mes yeux, elle ne sera que le souvenir agréable d'une représentation splendide. L'ours s'est empoisonné seul, je n'ai nul besoin de le tuer. Attendre, c'est tout ce que j'ai à faire.» Sherkan caresse du bout de l'index son verre, et une note ténue, presque imperceptible, monte de ce geste lascif. Il prend son temps. Comme si chaque seconde ne comptait pas.
Comme si la mort ne dévorait pas avidement chacune de ses secondes.

Menteur, vil menteur, est-ce moi qui t'ai appris à si bien masquer tes propos, à voiler tes demi-vérités ? Pauvre fou. J'aime tes mensonges remplis de venin. J'aime ta colère, qui attise la mienne. Nous avons besoin l'un de l'autre ; regarde, c'est cela que de vivre vraiment ! Sans moi, tu n'es qu'un reflet. Mais là, là, Lichuan ... Nous vivons. Nous nous connaissons, nous reconnaissons. Leurs yeux s'accrochent. Ne se lâchent pas ; océan de lumière et de son ; bouées de noir et d'étoiles.

« Je ne l'ai pas reçu. Je suppose qu'elle n'avait aucun intérêt, comme toi. Un tissu de sottises, de paraphrases idiotes et de sous-entendus alambiqués. Tu sais qu'on pourrait aisément prendre une de tes menaces de mort pour une tentative de séduction ? Il suffit d'un peu d'imagination. » Sherkan sourit, d'un air carnassier. Une trace de vie plus éclatante que jamais anime tous ses traits. Tu veux imaginer que je te séduis, Lichuan ? Bien. Jouons. Faisons selon tes règles. Sursaut. Bond. Distance, presque désagréable, comme une plaie irritante. Sherkan joue encore avec son verre, comme ignorant de ce qui a forcé Lichuan à s'éloigner. « Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerais danser. Je ne suis pas venu ici pour passer ma soirée seul, à discuter avec un fantôme, même si... Même s'il est très bien conservé, je l'avoue. »

Victoire. Aveu.

Sherkan est joueur. Et même si la musique agresse littéralement ses oreilles, ce soir, il va suivre Lichuan selon ses envies. « Hé bien, dansons, alors. » Caresse suave, d'une voix sur un être, touchant son essence même. Lichuan est bien placé pour savoir que, même si ses tons sont hypnotiques, Sherkan n'a pas besoin de cela. Il est hypnose. Il est envoûtant, envoûtement. Si son sang charrie la maladie, il est également traversé d'une magie intrinsèque au mangemort. Il se lève, délicatement, contrastant avec la musique sauvage, rythmée. Sa silhouette se découpe, devant la foule se déhanchant ; comme une statue, comme une ombre. Il s'approche de Lichuan, le frôle, d'épaule à épaule. Une main, presque timide, toujours presque, s'empare de celle de Lichuan. Sous les dehors doux, elle est ferme. Il l'attire dans la foule, comme une sirène. Son regard est ancré dans celui de Lichuan. Ne te débats pas. Pas trop. La foule les entoure bientôt, alors qu'ils se meuvent de quelques mètres. Lichuan peut fuir. Mais Sherkan veut croire qu'il ne le fera pas.

Il semble au début très malhabile. Il observe autour de lui, apprend. Puis, il saisit la hanche de Lichuan et se colle contre lui. Ondulations, flottements dangereux ; méandres d'un serpent contre un serpent. Ici, l'ombre est tapissée de corps en sueur, mais étrangement, aucun des danseurs ne semblent les toucher, toujours à quelques centimètres d'eux. Comme si ils étaient d'un autre monde, sur un autre plan. Les doigts de Sherkan malaxent la peau sous le t-shirt, dans une parodie de caresse presque malsaine. Il ne veut pas le lâcher. Son coeur martèle un rythme barbare, tempo effréné. Ses joues se colorent d'un rouge qui aurait pu passer pour innocent. Puis, sans savoir comment, le visage de Sherkan est glissé tout contre l'oreille de Lichuan. Leurs parfums, leurs odeurs se mêlent, effluves de deux monstres. Ils sont fait pour être là.
Ensemble.

« Admettons que je sois venu ici pour toi. Uniquement pour toi. Que je veuille, comme ton imagination se plaît à croire, te séduire. Te récupérer. Je connais ces autres. Ceux qui te touchent, ceux qui t'observent, qui partagent ton lit, ta vie, illusoirement, éphémèrement. Ils ne sont que des dégâts collatéraux. La preuve - n'es-tu pas toujours en quête de quelque chose ? N'es-tu pas avide de ce que tu ne trouves pas ? » Comme pour mettre plus de saveur à ses propos susurré d'une voix captivante, il frôle du bout des doigts les flancs de Lichuan. Volonté et désir se sont entremêlés. « Tu connais le sens du mot passion, Aloysius. » Comme pour se moquer du petit exposé de Lichuan, il explique. Même malgré la musique, plus forte dans cette arène de corps mouvants, Lichuan ne peut pas perdre une seule miette de ses propos. « Un mot pour contenir à la fois souffrance et amour. » Passion. Voilà un mot qui les résumait parfaitement - ils étaient deux planètes qui s'attiraient dans leur attraction indéniable, et qui pourtant manquaient à chaque fois d'exploser. Il continue de frôler Lichuan, en dansant à son tour. Il joue, il joue si fort. « Je suis ce que tu cherches chez les autres, Lichuan. Tu me veux, tu me rejettes. Tu es un enfant, qui ne sais ce qu'il désire réellement. Ouvre-les yeux ... » Son visage glisse de nouveau, joue contre joue. Leurs nez se frôlent comme deux rochers, leurs regards s'entrechoquent. Leurs lèvres.

Leurs lèvres échangent leurs souffles, à quelques millimètres les unes des autres. Pas de baiser, non. Ce serait trop facile. Elles se côtoient, sans vraiment se toucher. Frustration d'un presque, une fois encore.

Puis Sherkan est loin. Loin du visage de Lichuan. Comme si tout cela n'est qu'illusion. Il est devant lui, dansant, avec cette grâce étrange, non pas à gestes désordonnés comme ces gens se défoulant, mais d'une chorégraphie sensuelle, exsudant cette joie sadique et sincère à voir Lichuan près de lui. Il est un serpent qui ondule, cruellement beau, cruellement inhumain. « Danse, Lichuan. Dansons. » Tant que nous le pouvons. Séduction. Séducteur, passionné, oui. « Nous ne sommes encore que dans le troisième acte, Lichuan. Nous avons encore le temps, avant que le rideau ne s'abaisse. Alors, dansons. » Avidement, Sherkan dévora Lichuan de son regard. Son esprit n'était tourné que vers lui. Sherkan appréciait Lichuan, à sa façon inhumaine, monstrueuse.

Entre monstres, nous nous comprenons, Lichuan. Tu ne pourras jamais trouver tout cela chez quiconque. Et malgré ce que tu dis, regarde-nous. Si je meurs, quelque chose mourra en toi. Tu penses vouloir mon cadavre. Mais ne regretterais-tu pas nos regards, nos sourires, nos caresses ? Et chacun de ses gestes est une pantomime, frôlant Lichuan, encore et encore. A jamais. Le temps n'existe plus. Je l'ai tué il y a longtemps. Alors danse, Lichuan. Mouve-toi contre moi. Et ne me lâche pas. Ne me lâche jamais.


_________________


« i was in the wrong time with the wrong person. »
I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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ϟ FONCTION : Ancien élève de Serpentard, ancien Langue-de-Plomb, Mangemort en fuite
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 14:49

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

« Hé bien, dansons, alors. » Et puis, presque sans prévenir, il y a sa main qui se saisit avec une fausse douceur de la sienne ; son regard ancré dans le sien qui le fixe, troublant, sûr de lui ; le chant des sirènes, comme un rappel incessant de tous ces interdis qui volent en éclats par la force des choses, par une simple parole de Sherkan. « Laisse-moi, murmure Lichuan faiblement mais si la haine est forte, aussi puissante que le flot ininterrompu d'un fleuve, il lui manque la volonté de l'exprimer, de l'imposer. » Sa main qui le repousse est autant plus une invitation qu'un refus. Lâche-moi. Tiens-moi. Alors il observe sans résister la foule qui se referme autour d'eux comme un piège mortel ; ils sont face à face maintenant, et c'est quelque chose d'étrangement grisant, d'irrésistible. Il a réveillé le monstre. Son visage est familier. Enfin. Il a failli lui manquer. « La musique va te rendre sourd, dit-il dans un souffle. » C'est, à nouveau, une piètre tentative pour se défaire de son emprise. Il devrait fuir, oui, mais il regarde Sherkan danser avec une grâce naturelle qui lui inspire à la fois de la jalousie, de l'admiration et de l’écœurement. Il n'a pas le droit d'être aussi beau, c'est comme une insulte, une malédiction. Les premiers mouvements désordonnés ne sont plus qu'un souvenir tandis qu'il se rapproche de lui. Lichuan fait un pas en arrière mais le geste est à peine esquissé que Sherkan l'attrape par la hanche, autoritaire, impérieux. C'est une sensation étrange, d'être aussi près de lui, après toutes ces années. De le toucher. Il décide qu'il hait ce sentiment de manque qui l'étreint. Il se berce de la douce illusion qui lui susurre qu'il sait résister à son contrôle. C'est ce qu'il se force à penser alors qu'il sent ses doigts sur sa peau nue, glissé sous son T-shirt comme une intrusion. Il se demande pourquoi il n'a pas envie de vomir. Il devrait, pourtant.

Le monde autour a disparu ; il n'existe plus. Ou plutôt, il s'est réduit, il a pris la forme d'un corps, d'un être qui se penche à son oreille, se trouve dangereusement proche. Je danse avec le monde, songea Aloysius, pensif. Quelle idée saugrenue.
« Admettons que je sois venu ici pour toi. Uniquement pour toi. Que je veuille, comme ton imagination se plaît à croire, te séduire. Te récupérer. Je connais ces autres. Ceux qui te touchent, ceux qui t'observent, qui partagent ton lit, ta vie, illusoirement, éphémèrement. Ils ne sont que des dégâts collatéraux. La preuve - n'es-tu pas toujours en quête de quelque chose ? N'es-tu pas avide de ce que tu ne trouves pas ? » Il ne répond pas tout de suite, non, n'a pas envie de répondre. Il est trop occupé à accepter l'idée qu'ils se complètement étonnamment bien. Que des regards surpris, intrigués, parfois même choqués, soulignent le fait que, loin de correspondre à l'image d'un couple, ils sont au-delà des étiquettes. Ces regards le troublent ; les doigts sur son flanc en font autant. Il se laisse mener. « Tu connais le sens du mot passion, Aloysius. » Passion. Du latin passio, souffrir, éprouver, endurer. Souffre-t-il, Lichuan, tandis qu'il oublie de répondre aux provocations de Shekan, alors qu'il tente d'ignorer son regard brûlant bien qu'il soit douloureusement conscient du contact de ses doigts sur sa peau ? Tais-toi, ordonne-t-il silencieusement à sa propre langue. Ne lui donne pas ce plaisir. Mais la foule agit comme un ressort, les rapproche même s'il cherche à s'éloigner ; ce qu'il ne cherche pas, assurément. « Un mot pour contenir à la fois souffrance et amour. » Mais je ne t'aime pas, je te déteste, tu te rappelles ? crache son regard, brûlant de haine pure. « Je suis ce que tu cherches chez les autres, Lichuan. Tu me veux, tu me rejettes. Tu es un enfant, qui ne sais ce qu'il désire réellement. Ouvre-les yeux ... » D'un ton étrangement neutre, comme pour mieux cacher son émotion, il rétorque : « Je les ais ouverts il y a déjà bien longtemps. Tu sais l'être que j'ai vu, tu croises son reflet chaque matin. J'ai vu un monstre qui a déguisé ses mensonges en promesses, qui détruit tout ce qu'il touche, tout ce qu'il apprécie. (C'est volontairement qu'il ne prononce pas le mot "aime".) Ce que je cherche chez les autres, c'est tout ce que tu ne peux pas m'offrir. » Il se moque, Lichuan. La rédemption n'est définitivement pas faite pour lui. Sherkan peut être fier de son oeuvre ; il a avancé si loin sur la voie qu'il a tracé pour lui ! La pureté lui écorche l'âme. Il lui faut un esprit souillé pour rivaliser avec le sien. Des mains baignées de sang pour espérer obtenir plus qu'une nuit —une relation ? Allons donc.

Lichuan n'est pas quelqu'un de sentimental.

Pourtant, cela ne l'empêche pas de croire sincèrement, un instant éphémère, un instant illusoire, que Sherkan est sur le point de l'embrasser. Ses battements de cœur s'affolent, il oublie de respirer une seconde et se prépare à frapper, animal traqué qui refuse obstinément qu'on pose la main sur lui —ou à y répondre, comment savoir ? Ou il pourrait tenter les deux à la fois. Lui griffer la joue et lui mordre les lèvres. Respirer son odeur et l'étouffer. Il rirait sans doute. Se moquerait. S'amuserait de cette vague tentative. Mais le fourbe est déjà loin. Frustration à peine voilée.. Lichuan lui jette un regard agacé qu'il se dépêche d'atténuer par un sourire amusé, presque moqueur. Au fond, il n'y croyait pas ; Sherkan lui-même est une tentative avortée. « Danse, Lichuan. Dansons. » Il danse, Aloyius, il ne fait que ça. Avec ou sans fils, avec ou sans partenaire, avec ou sans Sherkan. « Nous ne sommes encore que dans le troisième acte, Lichuan. Nous avons encore le temps, avant que le rideau ne s'abaisse. Alors, dansons. » Il lui sourit, s'avance, prend l'initiative. Il sent le regard dévorant posé sur lui. En ce moment, il l'avait en son pouvoir. En ce moment, tout était possible. « On dirait un enfant impatient qui vient de retrouver son jouet préféré. Je t'ai manqué ? » Bien sûr que non. Il anticipe les réponses pour éviter de se laisser prendre au piège. « Ne te méprends pas ; ce n'est qu'un jeu, un tissu de mensonges, notre dernière danse. Profite-en. Il n'y aura pas de prochaine fois. C'est ainsi, la roue tourne. » Il le dévisage, presque nostalgique. La musique s'arrête, change, ce sont les mêmes accords pourtant. La musique moldue récente et ses mystères. Il se détache de la silhouette, s'écarte sensiblement, se soustrait à l'étreinte. Il a l'impression de s'arracher à un roc. L'embrasse sur la joue. César qui pardonne son ennemi. Au passage, il lui susurre : « Tu me retiendrais ? Un fantôme a-t-il ce pouvoir ? »

Provocation supplémentaire parmi tant d'autres. Il n'a pas envie de le lâcher, et pourtant, quand un autre homme passe à sa proximité, une question muette dans les yeux, il sourit, hoche la tête, s'il y a une chance pour que dans ses veines ne coule pas le sang d'une harpie, il en possède les facettes changeantes, l'envie de s'amuser, les colères imprévisibles.
Le voilà en chair devant lui, et déjà, il recommence à sombrer. C'est comme une drogue.
Victory va me tuer, songe-t-il. Mais il est déjà loin, sur une pente dangereuse. Autant aller jusqu'au bout, désormais.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 15:40

Calling all the monsters

I’m a get you so scared
You dare to go there



Cette situation est paradoxale. Une contradiction. Le temps s'étire, se malaxe, s'enroule et se débat. Lichuan tente de partir. Il tente de se convaincre de partir. Ses rares plaintes sont étouffées, réduites à des cendres dans sa jolies bouche. Sherkan supporte son regard, s'en amuse. Irritant, brûlant, son courroux n'est que du vent. Il est là. Il est contre lui. Ils respirent ensemble - souffles presque mêlés. Ne souhaitais-tu pas fuir, Lichuan ? Pourquoi es-tu encore là, alors ? Tu me désires. Peut-être même espères-tu, comme le font les enfants. Tu n'as toujours été qu'un gamin perdu. Un enfant perdu. « Je les ais ouverts il y a déjà bien longtemps. Tu sais l'être que j'ai vu, tu croises son reflet chaque matin. J'ai vu un monstre qui a déguisé ses mensonges en promesses, qui détruit tout ce qu'il touche, tout ce qu'il apprécie. Ce que je cherche chez les autres, c'est tout ce que tu ne peux pas m'offrir. » « Ce que je fais le mieux, c'est détruire ce que je touche, Lichuan. » Ce, ou ceux ; interprète comme tu veux, mon bel ami. « Pourtant, toi ... Tu es encore vivant. Et tu es assez futé pour savoir que ce n'est pas faute d'avoir les moyens de venir à bout de cette futilité que tu appelles ta vie. » Il sourit, s'éloigne.

La flèche a atteint quelque chose. Peut-être pas le coeur. Il a senti son souffle, contre le sien. Il a senti la soudaine panique, l'effleurement d'émotions. Croyais-tu que nous allions nous embrasser ? Est-ce ce que tu recherches ? Sentir de nouveau mes baisers ? Tu ne changes pas ; tu vis dans le passé. Tu es tiraillé entre mon ancien moi, et la vision que tu as de ce que tu penses que je suis. Pourtant, le voilà qui prend une aisance qui fait frissonner Sherkan. Moqueur, inversant les rôles. Il prend l'ascendance, dominant un instant chimérique. L'aîné frémit, palpite d'un besoin affamé. « On dirait un enfant impatient qui vient de retrouver son jouet préféré. Je t'ai manqué ? » Touché. « Ne te méprends pas ; ce n'est qu'un jeu, un tissu de mensonges, notre dernière danse. Profite-en. Il n'y aura pas de prochaine fois. C'est ainsi, la roue tourne. » Les mots se veulent cailloux aux arrêtes tranchantes. Ils pleuvent sur Sherkan, qui les accueille à bras ouverts. La dernière danse ? Dément Lichuan, absurde Lichuan. Cependant, la surprise n'est pas finir. Le voilà qui intègre le territoire d'un pas conquérant ; sa main ne touche plus que le vide ; les lèvres de Lichuan se posent sur sa joue. Fièvre enflammée, là où le contact se fait absent. Exaltation momentanée. Les narines de Sherkan s'évasent, il inspire pour se calmer. Il ne s'y attendait réellement pas, à ce geste familier, et les paroles suivent, serpentines. « Tu me retiendrais ? Un fantôme a-t-il ce pouvoir ? » Langue de vipère, langue-de-plomb, chuchote une voix musicale, dans son esprit. Peut-être ont-ils cessé de danser. Ou peut-être dansent-ils à jamais, dans un enfer réservé pour eux deux.

Faisant fi de la musique, Sherkan glisse autour de Lichuan, comme un lion autour d'une gazelle. L'intérêt dans ses yeux aussi gris et sombre que du silex n'est plus caché. Son sourire s'est fait carnassier. Ses traits ont pris la beauté du félin sur le point de foudroyer sa proie. Il est à droite, puis à gauche, laissant une impression de vide ; écho de ce besoin qu'il ressent, qui lui broie le ventre, qui brûle ses veines. Enfin, il est de nouveau près de Lichuan, le frôle, les doigts se touchent, la peau s'embrase. Ici, ils sont magie. Ils sont alchimie. Séduction faite hommes. « Excellente question, Lichuan. En ai-je ce pouvoir ? » murmure t-il, aussi voluptueux que jamais. Si le temps a marqué de son emprise les jeunes traits de Lichuan, lui offrant un charme mature plus certain, il n'a donné à Sherkan que quelques rides ici et là, discrète - mais c'est là le masque qui cache les cernes, la pâleur mortelle, les rougeurs maladives.
Le voile qui cache la mort.

Et Sherkan perd la tête. La musique, la présence ardente de cet homme qu'il a eu autrefois près de lui, sous son contrôle. Peut-être est-ce cette pensée d'avoir perdu son superbe jouet qui fait naître cette insatisfaction, cette espèce de jalousie. J'ai ce pouvoir. Aura puissante, émanations mortelles, dangereuses, comme un vide immense dans lequel on voudrait s'abîmer. Sherkan sait donner envie - il sait pousser à ce désir destructeur. Il y excelle, instigateur d'écroulements, instaurateur de ruines. « Si c'est bien notre dernière danse, même si j'en doute, tu voudras bien m'en pardonner, laisse-moi donc en profiter. Laisse-moi donc profiter de toi, une dernière fois. Avant que mon regard disparaisse de ta vie ; avant que toute trace de danger, de frisson ne s'éteigne à jamais. Il serait dommage de ne pas exploiter ces dernières minutes, cette dernière soirée, ces derniers émois. » Il est félin, il est bestial, brutal dans ses besoins. Il pivote autour de Lichuan, n'a d'yeux que pour lui. Et il réitère ses gestes, familiers ; il n'a pas besoin de pousser bien loin pour désirer toucher Lichuan. La pulpe de ses doigts s'incendie sous le contact de la peau des bras du mangemort.
Tout son corps est enfiévré d'un venin nommé Désir.
Tout son être est brûlant d'un besoin nommé Lichuan.


Rapidement, comme un coup fait pour tuer plutôt que blesser, leurs visages se heurtent en un baiser avide. Le leurre de tout à l'heure n'était que frustration. Celui là est affamé. Celui là est inassouvi. Leurs lèvres s'unissent en quelque chose de plus - plus fort, plus malsain, plus grand que tout. Ils sont au-delà de la compréhension humaine. Qui pourrait comprendre ce qu'ils ressentent ? Sherkan joue. Sherkan déteste ressentir ça. Peut-être que de contrôler de nouveau Lichuan le fera aller mieux. Il se sentirait presque humain à désirer quelqu'un aussi fort - ce n'est que temporaire. Ce ne peut être qu'éphémère. Car il n'aime pas Lichuan, non, jamais. Comment aimer ? Sherkan ne le sait pas. Mais il veut Lichuan. Et ce que veut Sherkan, Sherkan l'obtient. Par tous les moyens. Leurs souffles se séparent, le baiser se désagrège. Sensation de vide, de vertige. « Quel besoin ai-je de retenir quelqu'un qui ne s'enfuit pas, Lichuan ? » Il le titille. Il ne sait pas laisser tranquille. Il a besoin de ça - de voir ce garçon se rebeller, se soulever face à son emprise. C'est dangereux, impur, morbide. C'est aguichant, excitant. Ressens-tu ce brasier dans ton ventre ? Ou est-ce ma mort toute proche, Lichuan ? Tout cela n'est-il qu'une limbe éternelle, une pièce de théâtre moqueuse ? Tu m'obsèdes, vile créature, harpie de pacotille, rebelle manqué. Je veux te détruire, t'avoir juste pour moi. Ta haine me nourrit, ta présence m'habite, ton absence m'a tué à petit feu. J'ai ce désir si puissant de te rendre esclave, surtout à présent que tu en as conscience. « Inventes-toi tous les fantômes que tu voudras. Mais un fantôme ne réchaufferas pas ta couche. Illusionnes-toi comme il te plaira. Tu as toujours aimé te laisser bercer par les apparences. » Et il lui griffe cruellement le bras, le maintient contre lui, quitte à être frappé. Peut-être le désire t-il également. Que sa propre douleur se mêle à tout cela. Que Lichuan avoue son existence en le frappant - oui, frappe-moi, donne-moi ce plaisir. Ta langue n'est nullement blessante, au contraire, tes paroles me plaisent, Aloysius joli. Je veux sentir tes mains contre moi - ou tes poings, tes griffes, tes serres, ma petite harpie. Fais moi vivre, reconnais-moi.

Reconnais-moi ! , hurle tout son être.

« J'ai toujours apprécié chez toi ton intelligence vive, ta beauté, ta façon de parler, ta jolie voix. » Mensonges, tromperies, ou vérité. Seul Sherkan le sait - à moins qu'il ne le sache pas, lui non plus, trop encombré de ses propres vilenies. « N'es-tu pas curieux de savoir si ces illusions que je t'offrais n'avaient pas un fond de vérité ? Ne t'es-tu jamais posé la moindre question sur le véritable Sherkan ? Peut-être ... Peut-être cela serait-il plaisant, pour toi qui croit en des fantômes morts. Cela mettrait peut-être tes croyances à genoux, Lichuan, mon beau Lichuan ... » Il était le diable, tentateur et diabolique. Il offrait une semi-vérité, il offrait des réponses sans aucune garantie de vérité. Il offrait de soulever un pan de voile, mais dehors, ce n'était que la nuit, pas le soleil. Pourtant, l'idée l'effleura - donner de réelles informations, et le voir les songer mensonges. Cela l'amuserait. Il ne voulait pas voir Lichuan partir. Pas encore. Il était trop tôt.

La pièce n'est pas encore finie, Lichuan. Restes au moins jusqu'au bout, ma chère âme soeur. Laisse-moi te révéler qui de nous mourra, laisse moi voir à tes côtés notre déchéance à tous les deux. Tombons, ensemble. C'est toujours plus agréable d'entraîner quelqu'un avec soi.


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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 17:12

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

C'était comme si rien n'avait changé ; le temps n'avait pas su abîmer leur relation, non. Bien au contraire, la distance semblait l'avoir sublimé. « Ce que je fais le mieux, c'est détruire ce que je touche, Lichuan. Pourtant, toi ... Tu es encore vivant. Et tu es assez futé pour savoir que ce n'est pas faute d'avoir les moyens de venir à bout de cette futilité que tu appelles ta vie. » En vie, oui, parce qu'il avait fui à temps, juste avant de mourir sur un ordre de Sherkan, parce qu'il avait vu la lumière dans ses mensonges, une sombre évidence soigneusement dissimulée derrière le vernis de ses paroles. Ce ne fut pas une fuite glorieuse mais elle était dangereusement vitale, presque aussi précieuse qu'avait pu l'être l'intérêt de Sherkan à une époque. Il fuyait encore. Il n'avait jamais cessé de fuir. Ces futilités qu'évoquait l'espion avec une ironie déplacée n'étaient que les conséquences inévitables de cette vie bâtie sur les cendres d'un amour malsain, de cette irrésistible fuite en avant.
À moins qu'il ne l'avait déjà eu ?

La fugitive impression de supériorité que ressent Lichuan sur Sherkan est instantanément gommée par cette pensée indésirable. Non, c'est faux ! Il sait ce qu'il ressent. Il ressent la haine irrationnelle, la peur incontrôlable, l'envie féroce de se jeter à son cou pour le serrer jusqu'à ce que son visage perde ce maudit air arrogant. Il sait. Il sent. Le baiser sur la joue, le léger recul, ce sont la preuve qu'il est capable de lui tenir tête. N'est-ce pas ? N'est-ce pas ?

La réponse implicite est violente ; l'étreinte l'est davantage. Il glisse, Sherkan, l'effleure, le provoque, l'amène à baisser sa garde, à se laisser aller. Il se tend sous les caresses. Il n'a rien à offrir, rien à donner. Il n'est plus que folie salutaire, ruines et cendres ; un bibelot de pacotille, la somme des actions d'un autre homme. Pathétique ! Mais, si c'est tout ce qu'il lui reste, alors Lichuan saura combattre avec ses propres armes. Il n'a pas encore dit son dernier mot, ne le dira jamais ou alors lui crachera au visage à l'ultime instant. La chasse est excitante, après tout. « Excellente question, Lichuan. En ai-je ce pouvoir ? » Excellente question, question rhétorique. Ils connaissent tous deux la réponse mais au moins daigne-t-il lui laisser la liberté de s'enfoncer dans ses vaines illusions. Lichuan saisit sa chance. Il a toujours été joueur, après tout : « Je ne sais pas. Teste-moi. » Non, en effet, rien n'a changé. Ni la situation ni les masques qu'ils arborent avec prestance, comédiens à l'allure dangereusement fragile.

« Si c'est bien notre dernière danse, même si j'en doute, tu voudras bien m'en pardonner, laisse-moi donc en profiter. Laisse-moi donc profiter de toi, une dernière fois. Avant que mon regard disparaisse de ta vie ; avant que toute trace de danger, de frisson ne s'éteigne à jamais. Il serait dommage de ne pas exploiter ces dernières minutes, cette dernière soirée, ces derniers émois. » Viles et tentatrices, c'est ce qu'elles sont, ces paroles. Quel mal y-a-t-il, après tout, à savourer une présence qui ne tardera pas à s'estomper dans l'ombre de la mort après leur rencontre ? Nul n'en saura rien. Lui-même finira par l'oublier, comme dans un mauvais rêve. Mais les mots le gênent profondément, comme un avertissement tacite, il lui évoque la période troublée et troublante où il laissait littéralement Sherkan faire tout ce qu'il voulait ; meurtre de l'esprit, perte des sens. Il sait qu'il le regrettera. Il sait mais. « Quelle idée saugrenue. Qui te dit que j'en ai envie moi-même ? Contente-toi des miettes, Sherkan, c'est ce que j'ai fait toutes ces années. » Amertume. Rancœur. Mensonge. C'est justement parce qu'il a eu droit qu'aux miettes qu'il est incapable de lui résister désormais. Même rassasié, il en voudrait encore.

Alors il cède. Fond et brûle. Est feu et glace à la fois. Attraction et répulsion. Magie et sciences.

Le baiser, inattendu, enfiévré, achève de faire tomber ses dernières défenses. Il s'y perd, n'en a pas assez, agrippe la nuque de Sherkan sans même s'en rendre compte. En équilibre instable sur un fil imaginaire, il se raccroche à l'unique, le constant. Il reconnaît les effluves familières, l'odeur enivrante. Il a dix-sept ans et il embrasse son premier garçon. Il a vingt-neuf ans et c'est toujours le même qui le rend fou. Douce ironie, cruelle envie. Ses propres sens le trahissent. Il ne fait même pas l'effort de s'échapper, de maintenir une façade effarouchée. Pourquoi faire ? Ils se détachent lentement. Ses premières paroles font écho aux pensées de Lichuan. « Quel besoin ai-je de retenir quelqu'un qui ne s'enfuit pas, Lichuan ? » En guise de réponse, il reste plaqué contre lui, inspire. Expire. C'est son odeur qui lui emplit les narines, le cœur. Cela commençait à faire longtemps. Tu le hais, s'assène-t-il comme une prière. S'il en a l'occasion, il te mentira, réparera les fils, fera ployer tes épaules, courber ton âme, souiller ton esprit ; et cette occasion, tu passes ta vie à la lui offrir, candidat enthousiaste au suicide. Marionnette brisée. « Inventes-toi tous les fantômes que tu voudras. Mais un fantôme ne réchaufferas pas ta couche. Illusionnes-toi comme il te plaira. Tu as toujours aimé te laisser bercer par les apparences. » La douleur l'envahit soudain, physique, succédant au plaisir flou, et il sait que cela n'est pas dû à ces paroles fielleuses. Le mal pulse dans son bras et cela achève de le réveiller, de briser la douce illusion. « LÂCHE-MOI ! il hurle tout à coup, le repoussant d'un geste désespéré. » Le cri s'accompagne d'un coup de poing violent qui propulse Sherkan sur le sol humide. La foule s'écarte, organisme inconscient au mouvement instinctif. C'est à peine si on les remarque.

Ses mains tremblent ; il ne sait pas pourquoi, le baiser bien trop plaisant ou la culpabilité qui commence à le submerger naturellement, vague réminiscence de l'époque où il était totalement sous son contrôle ? « J'ai toujours apprécié chez toi ton intelligence vive, ta beauté, ta façon de parler, ta jolie voix. » Tais-toi, tais-toi, TAIS-TOI, taistoitaistoi... Il passe distraitement sa main sur son visage, recherchant une fraîcheur illusoire, mais il ne ressent que la chaleur, chaleur du club et de la poigne ferme de Sherkan mêlés. Le fourbe a laissé son empreinte. Il a perdu dès l'instant où leurs regards se sont croisés. « N'es-tu pas curieux de savoir si ces illusions que je t'offrais n'avaient pas un fond de vérité ? Ne t'es-tu jamais posé la moindre question sur le véritable Sherkan ? Peut-être ... Peut-être cela serait-il plaisant, pour toi qui croit en des fantômes morts. Cela mettrait peut-être tes croyances à genoux, Lichuan, mon beau Lichuan ... » Il n'y a rien de sincère chez toi, aucune vérité qui vaille la peine d'être entendue, oui, bien sûr, je suis curieux, j'en meurs même d'envie mais je connais les artifices, les pièges, les illusions, pourquoi faut-il que tu me poses la question, cesse donc avec tes mots doux, tu n'as pas besoin de ça pour m'atteindre. Il le fixe, Sherkan à terre et lui debout, Sherkan avec son air supérieur et lui avec son expression troublée. Sherkan qui mène la danse et lui qui doit se contenter de suivre, pantin docile aux rébellions futiles.

« Vas-y, surprends-moi, tente-t-il, bravache, presque inconscient. Offre-moi autre chose que tes mensonges, cela me changera pour une fois. » Il se livre au fauve, baisse sa garde, attend. Peut-être cela en vaut-il la peine, peut-être— mais c'est l'espoir qui l'étreint et il a cessé depuis longtemps de faire confiance à cette émotion. La déception, c'est ce qu'elle amène, et il ne veut pas être déçu, non, pas avec lui. « Qu'est-ce qui te fait croire que cela me fera céder ? Qu'est-ce qui te fais croire que tu as encore une chance ? » Un certain baiser, peut-être ? Mais il chasse immédiatement cette pensée sournoise. Le baiser est un leurre, comme tout le reste. « Je suis immunisé face à tes sortilèges. »

Une telle hypocrisie... ça te plaît, Sherkan ? Ça te plaît de voir ta marionnette te rendre les fils qu'elle a elle-même arraché ? Qui sait, ce n'est sans doute qu'un mauvais tour. Tends la main et elle s'enfuira dans la nuit avec un rire mauvais, fière de t'avoir fait espérer. C'est le jeu, après tout. Je me suis fait une promesse. Pas une seconde fois.
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ϟ FONCTION : Ancien espion pour la cellule SEPOM et les mangemorts. Assassin à son propre compte. (Mangemort non-connu des autorités, en fuite)(Moitié vélane)
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ϟ LIENS : Power and decadence are blood in my veins. I will be a ruin before soon

Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 18:06

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You dare to go there



Les règles n'ont jamais eu de sens pour Sherkan. Si il s'est souvent plié aux moeurs sociales, ce fut plus pour ne pas attirer l'attention ou par intérêt que par réelle compréhension de ces dernières. Ils se hasardent à délimiter où ils en sont, à découvrir leurs limites. Elles semblent déchirées, depuis la fuite de Lichuan, comme un vêtement arraché. Impossible à réparer, mais capable d'être encore porté. Sherkan engloutit sous son regard d'encre les moindres traits, les moindres gestes de son collègue. « Quelle idée saugrenue. Qui te dit que j'en ai envie moi-même ? Contente-toi des miettes, Sherkan, c'est ce que j'ai fait toutes ces années. » L'aigreur est là, comme une pointe acidulée sur le bout de la langue de Sherkan. Il y goûte un relent de victoire. Tu le veux, Lichuan, comme nous nous désirons. Tu veux te voiler la face, mais tu ne prends même pas garde à faire cela bien.

Leur étreinte est en dehors de tout - espace, temps, émotions. Seul ce simple contact existe encore, les élevant, les faisant chuter dans des méandres oubliés de leur mémoire collective. Comme une blague, une mauvaise plaisanterie, rappelant cet amour factice d'autrefois. Mais cette fois, Sherkan en fait trop. Il ne sait se retenir. Et il paie le poids de ses actes, plus que de ses paroles. Le coup de poing le fait tomber. La douleur tranche, et il lève effrontément les yeux, un sourire aux lèvres, alors qu'il essuie la commissure de celles-ci. Un peu de sang parsème le dos de sa main, qui élégamment essuie la trace vitale de ce sang traître. Il observe Lichuan, comme si ce geste violent avait été prémédité. Il se sent victorieux, oui, d'autant plus que le cri du jeune homme, « LÂCHE-MOI ! » tonne à ses oreilles comme un appel. Fou, ils le sont tous les deux. Il ne bouge pas, reste étendu au sol ; même ainsi, même plus bas que le grand Lichuan, le beau Lichuan, il ne perd pas ce visage infernal et triomphant. Il débite des paroles plus vipérines que jamais, tentateur. Puis se relève, avec une grâce toute féline, animale. Comme si il n'avait rien à faire dans l'épopée humaine. Tel un héros de ces anciens contes - trop beau, trop distant, et pourtant présent. La douleur dans sa joue et sa mâchoires auraient pu le faire grimacer, mais il se contente de rire, tout bas. J'existe. Tant que l'on a mal, c'est que l'on vit.

« Vas-y, surprends-moi » les sourcils de Sherkan se haussent ; quand ne t'ai-je pas surpris, Lichuan ? Quand ai-je été prévisible ? « Offre-moi autre chose que tes mensonges, cela me changera pour une fois. » Moqueur, il forme une espèce de révérence, comme si il se pliait aux ordres de Lichuan. Aussitôt, le jeu monte d'un cran - danger. Cette fois, Lichuan entre dans la cour des grands. Il ne sait où il pose ses pieds - terrain piégé, terre minée d'obus. Sherkan offre les informations qu'il récupère, mais rares sont ceux qui savent quoi que ce soit de son passé, de ses origines. Mais, ce soir, Sherkan se sent de bonne humeur, les lèvres encore pleine du goût de celles de Aloysius, son corps vibrant encore sous son coup de poing. « Qu'est-ce qui te fait croire que cela me fera céder ? Qu'est-ce qui te fais croire que tu as encore une chance ? » Léger rire, qui se transforme en véritable son cristallin d'amusement, quand Lichuan achève ses mensonges de cette phrase, « Je suis immunisé face à tes sortilèges. » Sherkan penche la tête sur le côté. Puis, il hausse une épaule. Il esquive habilement un corps qui danse, et mange de deux pas la distante qui avait été mise entre lui et l'asiatique. « Tu es beau, quand tu te fourvoies, Aloysius. » Sherkan fronce le nez, l'air mauvais, puis, comme si ils n'étaient absolument pas sur une piste de danse, il remonte négligemment les manches de sa chemise, tout en parlant. Sur son bras gauche, la marque est cachée, habilement. Juste sa peau, le duvet de ses bras, ses muscles puissants. Pourtant, ce serait plutôt la vision de ceux de Lichuan qui font résonner des carillons dans son ventre. « Très bien, commençons le jeu. Mais sache que l'issue sera forcément fatale. N'es-tu pas fier à l'idée que je dévoile certains de mes secrets ? N'es-tu pas fébrile à l'idée de découvrir enfin ce que tu pensais avoir entr'aperçu, mon beau, mon doux Lichuan ? » Voix de velours, grave et veloutée. Caressante, comme la brise d'un vent pourtant absent dans ce bar où la musique résonne toujours, rythme pulsé de sons sans forme.

« J'aurai bientôt quarante ans, mon petit Aloysius. » Léger rire - qui pourrait y croire, en le voyant ? On ne lui donnerait que la trentaine. Mais le jeu a commencé. A Lichuan de déterminer ce qu'est vérité et ce qu'est mensonge. Sherkan s'amuse - disséminant les uns et les autres au gré de ses envies, dans ses propos. Il se penche alors, écho de leur baiser, écho de leurs étreintes, mais il s'arrête à quelques centimètres du visage de Lichuan. Comme pour lui confier un secret. « Je suis français » annonce t-il, dans la langue de Molière, avant de reprendre en anglais « Je suis français et anglais, né à paris. Un frère, une soeur. » Ou peut-être pas. Qui sait ? Qui peut voir ce qui réel de ce qui vient du fin fond de son imagination fertile et cruelle ? Pourtant, volontairement, il a repris un léger accent français, traînant. Des miettes, Lichuan, et tu me manges pourtant dans ma main, affamé. Des miettes de moi, que je te sers sur un plateau, entremêlées de cyanure. « Mes parents sont morts, grand bien leur fasse. Qui sait ce qui les a tué ? » La folie, l'ambition flamboyante ? Pour sa génitrice, c'est sûrement tout cela, agrémenté de sa haine profonde. Durant une seconde, l'air de Sherkan s'assombrit, le faisant ressembler à un monstre. Un véritable monstre.
Non, maman, sors-moi de là. Maman ! Tu ne peux pas m'enfermer, pas encore ! Les sanglots déchirent le corps de l'enfant. Ses doigts grattent la porte du placard, mêlant un sang neuf à celui imprégné dans le bois.

Garce, songe t-il. Il reprend leur jeu, une seconde seulement s'étant passé, alors qu'il se penchait sur le meurtre de sa mère. La seule chose qu'ils avaient en commune, c'étaient les gènes vélane qu'ils partageaient. Quant à son père, il n'avait plus de nouvelles de cet homme faible et sans aspirations. Il se fichait de lui comme d'une guigne. « Je t'ai choisi, ce jour-là, où je devais prendre un élève ... » Boniment de charlatan, ou rédemptions véridiques d'un homme acculé par la mort ? « Tu as de l'importance pour moi. » Il enchaîne ces phrases avec soin, d'un ton calme, patient. Il veut voir Lichuan tenter de démêler tout cela. Il veut le voir s'empêtrer dans le passé. Il veut le voir tomber. A genoux, à ses pieds. Il semble monter dans l'importance des secrets. Il semble choisir doucement chacun de ses mots, chacune de ces perles qu'il montre. De nacre et de plastique, toutes rutilantes, toutes brillantes. « Je ne suis pas condamné. » Il aimerait que ce soit vrai, cela. Il y croit encore, espoir tenace, ténu, têtu. Je ne mourrais pas. « Veux-tu que l'on continue, Lichuan ? Tu ne crois aucun des mots que je dis. Pourtant, ce n'est pas parce que l'on ment toujours que la vérité ne se cache nulle part. On ne peut jamais l'éradiquer totalement. »

Tant de choses pourraient être dites. Ma mère m'a voulu si parfait qu'elle m'a fait le monstre que je suis. Remercie-la donc, Lichuan. Et puis, sa place au ministère. Ses ambitions. Ses rêves ternis de mort. Pourtant, il veux rester léger. Il veut embobiner Lichuan. Si il révèle qui il est, jamais plus Lichuan ne l'admirera. Si il voit la créature faible qui se cache sous ses apparats royaux, qui pourrait rêver de Sherkan Rougemont ? « Mon deuxième prénom est Zelda. » Il se laisse aller, Sherkan. Le beau visage de Lichuan fait tonner son coeur, sa tête. Ses paroles acerbes, sa rébellion. Tout cela a envoyé en l'air sa belle façade, mais surtout, lui a donné envie de donner une chance au mangemort. Une chance de racheter sa liberté. Vas-y, surprends-moi à ton tour Lichuan, et je te laisserai partir.
Ou peut-être cela est-il aussi un mensonge.

« Et toi, Lichuan, veux-tu mettre des choses à plat ? Me cacherais-tu des choses ? As-tu des secrets à avouer ? » Petit sourire. Mais tu ne sais pas tout, Sherkan. Arrogant petit monstre.
Si quelqu'un est capable de le surprendre, c'est Lichuan.

Je t'ai aimé à ma façon.
A ma façon monstrueuse, vêtue de haine et de douleur. Je tue, je détruit tout ce que je touche, Aloysius. Et pourtant, je ne veux pas que toi, tu sois détruit. Je vis dans ton regard. Je vis dans ton sang. Pourquoi voudrais-je ta perte ? Je te veux. Je ne désire pas ta mort.
Mais Sherkan n'hésitera pas. Si il le doit, il tuera le seul être digne de son intérêt. De sang-froid. C'est peut-être ça qui le terrifie, le plus. Devoir tuer Lichuan. A moins que ce ne soit plus facile qu'il ne le pense. Et il ne veut pas y penser. Pas alors qu'il regarder les traits du jeune homme, qu'il sent sa présence, sa chaleur. « Surprends-moi, Lichuan » fait-il, en mimant dans un écho terrible les paroles du jeune homme, il y a peu. Il est implacable, Sherkan. Comme le temps, qui s'égrène dans chacune de ses cellules. Surprend-moi, avant que l'un de nous ne tombe à jamais.


_________________


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I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 19:25

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

À nouveau, il est face à lui, aussi inaccessible qu'une tour d'ivoire, aussi impitoyable qu'un bourreau ; seule la douleur lancinante qui pulse dans sa main coupable et le sang sur le visage douloureusement familier de Sherkan maintiennent éveillé le souvenir du coup de poing. Qu'il s'en rappelle. Jusque dans sa chair, qu'il s'en rappelle. Je ne suis désarmé.« Tu es beau, quand tu te fourvoies, Aloysius. » Il tressaille, le prénom, encore. Plus frappant que l'insulte implicite. Il n'ose pas lui dire de se taire ; une telle tentative serait vouée à l'échec de toute façon, n'est-ce pas ? Alors il se contente de baisser les yeux vers le bras nu. Le geste lui évoque inconsciemment les premiers artifices qui ont mené à son recrutement. Il reconnaît la peau pâle, les muscles puissants, les nerfs acérés. D'un regard presque timide, il cherche la Marque, continue de guetter son apparition même en sachant pertinemment qu'il ne prendra pas le risque de la dévoiler. Pas ici, au milieu de tous ces Moldus que leur rang leur impose de haïr. Et pourtant, c'est avec brio qu'ils se fondent dans la masse. Ils sont la honte des Mangemorts. « Très bien, commençons le jeu. Mais sache que l'issue sera forcément fatale. N'es-tu pas fier à l'idée que je dévoile certains de mes secrets ? N'es-tu pas fébrile à l'idée de découvrir enfin ce que tu pensais avoir entr'aperçu, mon beau, mon doux Lichuan ? » S'il savait à quel point il pouvait l'être. Mais le jeu étant le jeu, Sherkan ne doit ignorer pas le fait évident que Lichuan ne peut pas se permettre de le montrer. « Il a commencé depuis longtemps, et tu le sais très bien, constituera donc sa seule et unique réponse, sentence ferme, presque assurée, qui contraste avec la voix de velours de Sherkan. » Lichuan oublie de mettre ses gants, adopte un ton cassant. Après tout, l'autre homme est bien assez subtil pour deux, lui semblait-il.

« J'aurai bientôt quarante ans, mon petit Aloysius. » Tu ne les fais pas. Tu es, après tout, un monstre de cauchemar figé dans le temps. Un mensonge ambulant. Même son âge, Lichuan n'est pas sûr de le connaître, de vouloir le connaître. L'esquisse d'un baiser les rapproche et le reste de sa phrase se perd dans un murmure à son oreille attentive, plus attentive que jamais. « Je suis français. Je suis français et anglais, né à Paris. Un frère, une sœur. » Détails insignifiants. L'accent français a le don de le mettre en appétit. Détruire la façade petit à petit est un exercice qui semble lui demander peu d'efforts. Lichuan serait presque jaloux, s'il n'était pas autant fasciné. « Mes parents sont morts, grand bien leur fasse. Qui sait ce qui les a tué ? » Il frémit, aimerait en savoir davantage. C'est le jeu, après tout, mais Sherkan n'a rien promis. Rien assuré. « Qui sait, en effet ? souffle-t-il d'une voix un peu cassée. » Il devine ; déchiffre l'étincelle qui brille dans les yeux de Sherkan. Son visage s'assombrit soudainement mais il a eu le temps de la voir. Cette lueur de haine.
Ainsi, toi aussi tu es prisonnier d'une haine dévorante, Sherkan ? Quelle heureuse surprise !

« Je t'ai choisi, ce jour-là, où je devais prendre un élève ... Tu as de l'importance pour moi. » Menteur ! C'est la première pensée qui vient à l'esprit de Lichuan. C'est du rêve qu'il lui vend, en petits morceaux, fragments étoilés de moments à jamais perdus. Il se souvient de tout ; des premiers regards aux paroles tentatrices, des liens qu'ils déchirent pour mieux l'attirer dans ses filets et de l'isolement qu'il a créé. Il a renié sa famille, Aloysius, pour lui plaire, s'est brouillé avec ses rares amis, parce qu'il n'avait plus que lui au monde, croyait-il. Alors, le fait qu'il ait de l'importance aux yeux de Sherkan— « Cela me paraît être la moindre des choses. » Il sourit, presque amusé par sa propre réplique... « Je ne suis pas condamné. » ...mais celui-ci se fane aussitôt. C'est faux, il n'a pas le droit de lui retirer ce maigre espoir. Il n'a pas le droit de lui faire croire en sa mort prochaine et de briser ses vœux. Pas après tout ce qu'il a subi à cause de lui. « Veux-tu que l'on continue, Lichuan ? Tu ne crois aucun des mots que je dis. Pourtant, ce n'est pas parce que l'on ment toujours que la vérité ne se cache nulle part. On ne peut jamais l'éradiquer totalement. »

L'air faussement indifférent, Lichuan le fixe. Il se croit au sommet d'un piédestal doré, s'imagine le toisant avec toute la majesté qu'incombe à un roi. Mais il finit par craquer, il craque toujours. « Mon deuxième prénom est Zelda. » Cette fois, c'est le coup de grâce. Il l'observe, absorbé. Joue avec les traits de son visage pour paraître fasciné. S'essaie à la séduction, lui aussi. Il n'ignore pas ce triste pouvoir qu'il possède, cette tendance malsaine à attirer sur lui l'attention de Sherkan. Alors il en profite. Il en abuse. Se mord les lèvres, le fixe, semble vouloir dire quelque chose... Referme les lèvres. L'impatience le consume et il déclare enfin d'un ton ridiculement solennel : « Tu savais que tes deux prénoms sont respectivement ceux d'un foutu tigre dans un bouquin et d'un personnage populaire chez les Moldus ? » Devant la réaction de Sherkan, il éclate de rire. C'est un rire enfantin, joueur, celui d'un enfant ravi de découvrir qu'il en sait plus que son professeur. Son hilarité le fait paraître plus jeune qu'il ne l'est réellement.
Prends ça, Sherkan, si tu attendais de moi des cris surpris ou des bafouillages confus, tu t'es trompé de personne. Si elles me pèsent, tes confidences, tu ne le sauras jamais. Je te prive de ce droit légitime.

C'est avec adresse qu'il tente de se soustraire à l'influence du Mangemort, se fond dans la foule, s'échappe à son contact. Il continue d'afficher un sourire hilare, moqueur, amusé par sa propre réplique. Il est fou. Fou, ivre et heureux. La question de Sherkan ne suffit pas à le faire redescendre de son petit nuage. « Et toi, Lichuan, veux-tu mettre des choses à plat ? Me cacherais-tu des choses ? As-tu des secrets à avouer ? » Il secoue la tête, fait mmmmh d'un air pensif. Penche la tête sur le côté. « Surprends-moi, Lichuan. » Son sourire s'étire davantage. Il veut être surpris, désarçonné ? Très bien.
Il va être servi.

« Sherkan, je crois que je t'aime. » Le ton est moqueur. Mensonge ou vérité ? Comment savoir ? Il danse, Aloysius. Il ne quitte pas des yeux l'autre homme. D'une certain façon, il le nargue, répète les paroles qu'il susurrait inlassablement à dix-sept ans mais y enlève le sérieux solennel pour y insuffler l'ironie et la rancœur de ses vingt-neuf ans. C'est étrange, de le voir prononcer ses serments ainsi, le visage vieilli mais le même ton mutin. On dirait une fausse copie, une parodie burlesque, un vulgaire plagiat. « Mais tu n'es qu'un fantôme. C'est plus facile d'aimer un fantôme. Ils ne s'évanouissent jamais dans la nature, restent toujours tapis au pied du lit. » Voilà, comme ça. Il avait oublié comment contourner les règles mais c'est terminé maintenant. Il est de nouveau en piste.
C'est de cette manière qu'il a toujours su l'avoir.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 20:12

Calling all the monsters

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Les règles changent, les dés tombent. Lichuan a toujours aimé ça, jouer. C'était ce qui en faisait un compagnon parfait, un esclave agréable, une marionnette amusante. Pourtant, alors qu'il énonce ce qui devrait le mettre dans un état plus puissant encore, Sherkan sent que quelque chose lui échappe. Il ne semble pas aussi fasciné que voulu. Les règles changent. Tu as évolué, Lichuan. C'est encore mieux que ce que j'avais espéré. Pourtant, une étincelle mauvaise nait un lui - une seconde, une simple pulsion de panique. Et si il était réellement capable de se soulever face à ses artifices ? Il aurait dû trembler, chercher à démêler le vrai du faux. Le voilà qui reste debout, allant même jusqu'à se moquer de lui. Il aurait dû se faire dévorer par son attraction ! Il aurait dû ! Ces pensées papillonnent comme des insectes pris de panique, dans son crâne. Quelque cloche. La situation file entre ses doigts gourds, malhabiles. Et il n'aime pas ça. « Tu savais que tes deux prénoms sont respectivement ceux d'un foutu tigre dans un bouquin et d'un personnage populaire chez les Moldus ? » Sherkan est médusé. Le rire s'enfonce dans sa chair comme des griffes acérées. La moquerie le touche plus que de raison. Pourquoi, pourquoi ne me vénères-tu pas ? Pourquoi ne te jettes-tu pas à mes pieds ? Lichuan, Lichuan, pourquoi ? L'incompréhension gonfle en lui, comme les voiles d'un navire en pleine tempête. Mais il continue, presque bravement. Quelle ironie.

La suite le fige, comme prit dans la glace. Les mots résonnent dans son crâne. « Sherkan, je crois que je t'aime. » C'est faux, c'est faux. Tu me ries au nez, Lichuan. C'est faux. Sherkan le suit, dans sa danse, un pas pour un pas. Il ne veut pas se faire distancer. Sherkan ne veut rien montrer, mais sa belle assurance toujours en place semble vaciller. Comme une flamme qu'on mouche. Lichuan semble vieux, vieilli, comme une pièce d'or dans la lumière tamisée. Mais cela n'enlève rien à sa beauté. Est-ce le fait qu'il lui échappe qui le rend plus précieux encore ? Sherkan se sent mal - Lichuan était sensé courir après lui. Le voilà obligé de continuer ce petit jeu commencé, alors qu'il avait cru rapidement mener la barque. C'est une vilaine surprise que tu avais là, Lichuan. Il se reprend, son visage perd de son air perdu, et il retrouve sa beauté diaphane. Sa distance. Ce jeu ne l'amuse plus. « Mais tu n'es qu'un fantôme. C'est plus facile d'aimer un fantôme. Ils ne s'évanouissent jamais dans la nature, restent toujours tapis au pied du lit. »

Sherkan semble soudain comme une ombre. Rien ne transparaît sur son visage. Et c'est cela le plus effrayant - il avait, tour à tour, paru beau, distant, lointain, séducteur, charmeur, amusé. Mais en cet instant, ses traits étaient figés dans un air neutre, de cette neutralité effrayante, comme une statue d'un musée. Il avance d'un pas, calculateur. Encore, et encore. Lichuan s'échappe à ses mains, mais le voilà soudainement coincé, entre la foule et un mur. Entre un pan de bâtiment, et la bête qu'est devenue Sherkan. Le monstre s'est totalement réveillé. Et il a faim. « Assez joué. » Sa voix est un murmure vibrant, non pas de passion, mais d'un sang-froid terrible. « Tes moqueries idiotes m'ont fait réaliser une chose. Tu n'es qu'un enfant. » Tu m'obsèdes. Tu me fascines, alors que tu ne devrais pas. Pourquoi m'échappes-tu, où trouves-tu cette force ? disent ses yeux, mais il a déjà détourné le regard, avant que Lichuan ne puisse y lire ces mots silencieux. Il reprend, entre les dents, comme un fauve, ses lèvres retroussées en un air sauvage et carnassier. « Je ferais une mauvaise descente de lit. » La voix est mauvaise, comme si il ne goûtait pas la plaisanterie, qu'il rebondissait dessus par pure vengeance. Comme si il insinuait que Lichuan en ferait une parfaite, cependant. Une menace non-voilée.

De ses deux bras, il tient Lichuan prisonnier. Il l'a déjà frappé, n'hésiterait pas à recommencer. Mais si, tout à l'heure, cela l'amusait, à présent Sherkan est prêt à riposter. Et il n'aura pas peur de faire réellement mal. Il le désire, ardemment - peut-être est-ce la seule manière de faire entendre raison à Lichuan ? Dois-je te briser un os ou deux, Lichuan, pour te montrer quelle voie suivre ? Dois-je faire couler ton si joli sang, ton sang au goût métallique ? Doit-on vraiment en arriver à ce point-là, mon doux, mon tendre ? La foule danse, inconsciente du drame qui se joue, du divertissement mortel qui s'épanouit près d'eux. Chacun de ces êtres, de ces singes sans magie, pourrait être tué si facilement. Sherkan les a toujours haï, ces idiots d'ignorants. Il haït la bêtise, Sherkan, comme il déteste qu'on échappe à ses plans, comme il déteste qu'une situation lui échappe. Pourtant, cet instant de frustration intense l'excite, d'une certaine façon. Mais d'une manière aussi quelque peu désagréable. Comme un rire jaune, non pas musical, mais décalé, avec une fausse note.

Sherkan, je crois que je t'aime. Les mots résonnent. Si seulement c'était vrai - avec un homme amoureux, il pourrait faire ce qu'il veut. Avec un homme amoureux, son obsession prendrait fin, en même temps que cette rébellion ridicule. « L'insolence te va bien, Lichuan. Mais tu devrais faire attention à qui tu te mets à dos. Tu m'amuses. Mais viendras un jour où j'en aurais assez. » Il souffle par le nez, comme si cette idée l'embêtait. Mais il est un monstre. Tout est factice - tout est faux, d'une imitation presque douloureuse. Pour qui, Lichuan ou lui ? « Tu ne comprends donc pas que je t'aime ? Que je fais tout cela pour te mettre sous ma protection ? Tout cela n'est qu'une immense méprise ... » Les accents d'autrefois. Il se moque, de l'amour qu'a pu avoir Lichuan pour lui. Il l'invoque, le piétine du pied. Il sourit. Rien n'est vrai. Tout est vrai. Où est la vérité, où est le mensonge ? Les voilà entremêlés dans cet écheveau dont ils ne peuvent s'extirper. « Mais ce n'est plus avec de tels mots que je peux manipuler le Lichuan de presque trente ans. Tu n'as plus dix sept ans. Tu n'es plus cet ignorant petit élève, qui a tourné le dos à tous pour moi ... Aucune nouvelle de ton père ? » Un joker, montré de façon grossière. Il fronce le nez. Et, enfin, poussant plus violemment Lichuan contre le mur, lui vole un baiser presque mordant, lui faisant profiter du goût du sang dans sa bouche.

Puis il n'est plus là. Il laisse Lichuan se libérer, comme il a cru se libérer de son emprise. « Tu m'as dans la peau - j'ai marqué ton corps, et ton âme, Lichuan. Tu ne peux pas vivre sans moi. Tu ne peux pas vivre sans mon image, sans mon fantôme. Si je te faisais miroiter ne serait-ce qu'un seul instant ce que tu désires, tu me suivrais. Tu râlerais, tu pesterais. Mais tu me veux. Tu me désires, brutalement. » Ou est-ce l'inverse ? « Si je te proposais de finir chez moi, de te révéler tout, ou rien, de te mener entre mes draps, de t'offrir ce qu'autrefois tu réclamais à coup de baisers et de sourires, si je t'offrais cette opportunité ... Peut-être dirais-tu non. Mais tu y songerais. Tu serais tenté. Quel dommage que tu sois si attaché à ton rôle de dissident. J'ai tant et plus encore à t'offrir. » Son air mauvais s'accentue. La douceur ne marche pas. La violence, peut-être. Il voudrait le rouer de coup. Mais pas ici, pas maintenant. « Le temps presse peut-être, qui sait ? » Lichuan ne voudra sûrement pas croire en sa cure de maladie. Mais Sherkan est bien défini à trouver de quoi se soigner.

Jamais il ne laissera cette victoire à Lichuan. Jamais il n'abandonnera cet être qui possède cette force d'attraction. Ils finiront sûrement par se détruire tous deux. Sherkan est bien décidé à ne pas mourir le premier. Plutôt crever. Quelle ironie.


_________________


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I'm gonna make you bend and break, It sends you to me without wait. And I want these words to make things right, But it's the wrongs that make the words come to life, "Who does he think he is?" If that's the worst you got, Better you have lost your heart.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 22:20

Calling all the monsters

Only one of them
Is a beautiful bastard

« Assez joué. »

C'est comme un signal ; le bruit éclatant de la victoire. Il peut presque entendre les trompettes et les carillons résonner sous son crâne en un tintamarre affolant —à moins qu'il ne s'agisse que de la musique ? Lichuan ne sait pas, il ne sait plus. Il y a sa danse innocente d'enfant capricieux que Sherkan a imité, proche de la panique, et le voilà contre le mur du club, souriant avec démence, se repaissant de l'expression curieusement indéchiffrable de Sherkan. Il l'a poussé au-delà de ses limites, au-delà de la séduction et du désir. Mission accomplie, songe-t-il avec une malice d'adolescent. Il est cerné, à la merci d'un être étrange qui tient plus de la bête que de l'homme mais il y a quelque chose de profondément excitant qui continue de l'animer, imperturbable. Sous ce visage lisse, inexpressif, il devine la colère subite. « Tes moqueries idiotes m'ont fait réaliser une chose. Tu n'es qu'un enfant. » Oh, comme tu as raison, un enfant blessé, aux genoux écorchés, qui te contemple avec convoitise. Je ris, je m'amuse, je me moque, je me débats, cède finalement, feint l'amoureux pour mieux te cerner. Et tu sais quel est le pire, Sherkan ? C'est que ça marche. C'est comme un piège un peu trop efficace pour notre bien à tous les deux. « Je ferais une mauvaise descente de lit. » La tentative à peine voilée lui arrache un sourire indulgent. « En effet, je doute que tu sois très confortable, murmure-t-il, ironique. » La menace ne lui échappe pas mais il choisit sciemment de l'ignorer. Le jeu n'en est que plus passionnant, après tout. Il a toujours aimé brûler ses atouts avant de se lancer dans la partie, Lichuan. Surtout avec lui, Sherkan. « L'insolence te va bien, Lichuan. Mais tu devrais faire attention à qui tu te mets à dos. Tu m'amuses. Mais viendras un jour où j'en aurais assez. » Malgré lui, malgré tous ses efforts pour demeurer le plus sérieux possible, Lichuan ne peut pas s'empêcher de hausser un sourcil inquisiteur. Allons donc, il me reste encore de la marge ? Quel horrible ancienne marionnette je fais. « Tu ne comprends donc pas que je t'aime ? Que je fais tout cela pour te mettre sous ma protection ? Tout cela n'est qu'une immense méprise ... » Lichuan se fige soudain. Ces mots, il les a déjà prononcés, il y a bien longtemps. Il reconnaît l'accent traître, les modulations irrésistibles de la voix. Emporté dans le jeu, Lichuan réplique comme s'il avait dix-sept. Seul son air terriblement narquois trahit ses véritables intentions. « Pardonne-moi, Sherkan. Je ne réalisais pas... » Il a même l'audace de lui accorder un sourire trop mièvre pour ne pas être simulé. Et puis, juste avant que Sherkan ne reprenne sa belle envolée lyrique, il fait semblant de vomir. Ris. Il devient fou, Lichuan. Mais qu'est-ce qu'il s'amuse.

« Mais ce n'est plus avec de tels mots que je peux manipuler le Lichuan de presque trente ans. Tu n'as plus dix sept ans. Tu n'es plus cet ignorant petit élève, qui a tourné le dos à tous pour moi ... Aucune nouvelle de ton père ? » Il secoue la tête distraitement. Il a dix-sept ans et son père est toujours vivant, après tout. Quelles chimères lui dicte-t-il donc ? Est-ce encore une invention de son esprit malade ? Néamnoins, il se force à recouvrer ses esprits et à répondre le plus posément possible : « Oh, voyons Sherkan ! Un coup aussi bas n'est pas digne de toi. Sache qu'il est toujours m-mort. (Sans qu'il puisse la contrôler, sa voix bute sur le mot, malédiction, trahison. Il se rattrape par la provocation.) Comme toi, bientôt. Cela a tendance à être un état définitif, tu verras. Je suis persuadé que tu aimeras. L'éternité à végéter. »

Ses lèvres qui se plantent sur les siennes ; ce n'est pas un baiser, non, c'est bien plus désespéré et sauvage que ça. Il a un goût de sang dans sa bouche. Presque instinctivement, il se tend pour le frapper, encore, mais sa main ne rencontre que le vide. À regret, elle retombe le long de son corps. « Tu m'as dans la peau - j'ai marqué ton corps, et ton âme, Lichuan. Tu ne peux pas vivre sans moi. Tu ne peux pas vivre sans mon image, sans mon fantôme. Si je te faisais miroiter ne serait-ce qu'un seul instant ce que tu désires, tu me suivrais. Tu râlerais, tu pesterais. Mais tu me veux. Tu me désires, brutalement. Si je te proposais de finir chez moi, de te révéler tout, ou rien, de te mener entre mes draps, de t'offrir ce qu'autrefois tu réclamais à coup de baisers et de sourires, si je t'offrais cette opportunité ... Peut-être dirais-tu non. Mais tu y songerais. Tu serais tenté. Quel dommage que tu sois si attaché à ton rôle de dissident. J'ai tant et plus encore à t'offrir. » Démasqué. Touché. Mais il n'a jamais cherché à le cacher. Il laisse un silence inconfortable planer, jusqu'à la prochaine réplique : « Le temps presse peut-être, qui sait ? » C'est avec une fixité troublante qu'il le regarde. Puis ses lèvres s'étirent en une parodie de sourire. « Tu ne sais pas ce que je désire, Sherkan. Tu ne l'as jamais su. C'est la raison pour laquelle je t'ai échappé si facilement —la seule marque qui orne mon corps, c'est celle des Ténèbres que tu m'as poussé à arborer. Je l'ai fait, parce que ça me plaisait, et elle n'est définitivement pas le symbole de mon allégeance envers toi. Non, définitivement pas. Je parie que tes draps sont aussi froids que ton cœur. Tu ne t'amuserais pas à me chasser comme tu le fais si tu avais une autre proie, je le sais. Mais je n'ai aucun intérêt à les réchauffer. Alors oui, sans doute, je pesterais. Parce que c'est ce que tu m'as appris, ce sont des mécanismes bien enfouis, je ne le nie pas. Mais je ne suis pas aveugle ; plus jamais, Sherkan, tu m'entends ? (Son ton se radoucit d'un coup.) Il y a une personne qui m'en voudrait énormément si je cédais une nouvelle fois à tes avances et il s'avère qu'elle m'effraie plus que toi. » Simple prétexte de collégien, évidemment. « Le temps passe, et les hommes trépassent. Bientôt viendra ton tour, et le mien. Mais nous ne serons pas là pour nous assister mutuellement. » Au contraire, je veux être celui qui creusera ta tombe.

Il profite de sa nouvelle liberté pour s'éloigner, lui offrir son dos comme une nouvelle cible. Il a à peine peur des conséquences. « Je ne terminerais pas la soirée avec toi. » Plus qu'un avertissement, c'est une promesse. Alors il s'engouffre dans la foule, saisit une main au hasard et embrasse un total inconnu. L'autre ne se débat pas, au contraire, c'est parfait. Il espère que Sherkan le regarde.
Il espère qu'il souffre et, s'il a bien su interpréter la lueur maladive au fond de son regard, son état doit s'en rapprocher.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Dim 15 Fév 2015 - 23:23

Calling all the monsters

I’m a get you so scared
You dare to go there



Le divertissement dont ils sont les pantins est un véritable délire fantasmagorique, où se mêlent leurs émotions et leurs désirs, leurs contradictoires pensées et leurs langues acides. Leurs paroles s'entrechoquent dans un boucan musical qui aurait rendu sourd les compositeurs de musique classique qu'affectionne tant le mangemort. Les accents de la jeunesse résonnent, avec une atrocité toute relative.« Pardonne-moi, Sherkan. Je ne réalisais pas... » Comme si les années n'avaient pas passé. Pourtant, Lichuan a vieilli. Il a grandi, aussi, est plus musclé. Plus beau, plus vivant. Plus à lui. Ils s'envoient des couteaux tirés, ils montrent leurs lames métalliques sous couvert de mots pas si inoffensifs que ça. « Oh, voyons Sherkan ! Un coup aussi bas n'est pas digne de toi. Sache qu'il est toujours m-mort. » Il note le bégaiement infime. Il le note, le grave - je peux encore te faire mal, moi aussi. Je sais encore comment m'y prendre. Cette consécration infime lui rend sa fierté, lui redonne le contrôle. « Comme toi, bientôt. Cela a tendance à être un état définitif, tu verras. Je suis persuadé que tu aimeras. L'éternité à végéter. » Il le fait taire, d'un baiser violent. Cruellement, farouchement. Tais-toi, avec tes mots idiots. Avec tes paroles vaines. Je ne suis pas mort, aussi fort que tu l'espères. Il frappe le vide, là où il se tenait deux secondes auparavant. L'ombre nommée tigre sourit. Vainqueur conquérant. Habile animal, chimère dansante, et pourtant immobile. Ils s'observent comme deux bêtes aux aguets. Car, en cet instant précis, Sherkan doute - qui est la proie, ici ? Lichuan lui échappe. C'est réel. Cela se passe. Il n'ose y croire, mais c'est ainsi. Il doit faire avec, aussi difficile soit-il.

« Tu ne sais pas ce que je désire, Sherkan. Tu ne l'as jamais su. C'est la raison pour laquelle je t'ai échappé si facilement —la seule marque qui orne mon corps, c'est celle des Ténèbres que tu m'as poussé à arborer. Je l'ai fait, parce que ça me plaisait, et elle n'est définitivement pas le symbole de mon allégeance envers toi. Non, définitivement pas. Je parie que tes draps sont aussi froids que ton cœur. Tu ne t'amuserais pas à me chasser comme tu le fais si tu avais une autre proie, je le sais. Mais je n'ai aucun intérêt à les réchauffer. Alors oui, sans doute, je pesterais. Parce que c'est ce que tu m'as appris, ce sont des mécanismes bien enfouis, je ne le nie pas. Mais je ne suis pas aveugle ; plus jamais, Sherkan, tu m'entends ? Il y a une personne qui m'en voudrait énormément si je cédais une nouvelle fois à tes avances et il s'avère qu'elle m'effraie plus que toi. » Le ton doux. Cela l'écoeure. Il ne montre rien, mais quelque chose en lui vibre. Convoitise. Cette personne, il saura qui elle est. Lichuan lui appartient. A jamais. Mais il semble s'être fait aux propos du jeune homme, car ils ne l'atteignent plus. La surprise est passé, et cela s'apparente à des excuses d'adolescent. « Le temps passe, et les hommes trépassent. Bientôt viendra ton tour, et le mien. Mais nous ne serons pas là pour nous assister mutuellement. » Sherkan ne bouge pas, immobile. Son faciès est pétrifié en une mimique indifférente. Pourtant, Lichuan pousse encore sa patience à bout. Il lui tourne le dos - ne me tourne pas le dos, tu n'as pas le droit, jamais, comment oses-tu me prendre pour menu fretin, Lichuan, comment oses-tu ne pas prendre garde, alors que je suis là, derrière toi ? - et lance, comme négligemment « Je ne terminerais pas la soirée avec toi. »

L'air se condense. La foule se coagule, comme le temps qui s'enraye. Lichuan a saisi une personne et l'embrasse - non, non, nonnonnonnon. Les mains du mangemort se serrent en deux poings rageurs. Non. Je ne te donnerai pas ce plaisir. Pourtant, la jalousie le consume. Sherkan est dévoré par ce passé qu'il condamne chez Lichuan. Il ne veut pas le laisser s'échapper. Il inspire, une fois, deux fois. Laisse le temps au rythme de passer, une ère, une époque, un cycle infini. Une poignée de secondes, ou trois siècles peut-être. Puis, son sourire charmeur sur le visage, il avance dans la foule. Il la fend, comme un écho de Lichuan. Son regard seul est l'entrée sur son âme agitée. La lueur de jalousie est étouffée, mais elle persiste. Pourtant, c'est avec un contrôle datant de plusieurs décennies qu'il se glisse près du nouveau couple. Puis, désirant à son tour jouer, il avise le moldu accompagnant Lichuan. Comme un serpent, il lui suffit d'un regard pour captiver. C'est qu'il y met tout son pouvoir. Durant une minute entière, Sherkan est un dieu pour ce pauvre hère. Fou. Ce n'est qu'une façade, cachant des ruines bien pire encore. A son tour, il échange un baiser avec le vermisseau qui ne sait rien. Dégât collatéral. Si Sherkan n'était pas à ce point attaché au fait de ne pas s'énerver, il l'aurait tué. Sa main effleure la joue, la gorge. Ici, juste là. Le centre de la vie, jugulaire qui charrie le sang. Il lui suffirait d'un geste, un simple mouvement ample. Un crac inaudible, dans ce boucan. Mais elle continue de descendre. Sherkan soumet ses yeux à Lichuan, et le moldu observe les deux sorciers, médusés. Il est fasciné par eux. La voix de Sherkan se module, haut et suave, menaçante et pourtant amicale. « Tu ne finiras pas la soirée seul. Mais avec qui ? Avec lui, peut-être ? » Moquerie. Ce moldu, sans magie ni feu ? Non, Lichuan, non. Il ne t'arrive même pas à la cheville, et en cinq siècles, il ne serait que l'ombre de ton reflet. « Dis-moi, il est beau, n'est-ce pas ?» Sherkan indique d'un geste de la tête impérieux Lichuan au moldu. Il hoche la tête, le souffle court. Singe trop rapidement hypnotisé. Aucune chasse, aucune course. Aucun plaisir. Mais en a t-il jamais ressenti, Sherkan, un vrai plaisir simple et pur ? « Oui, il est beau. Comme il est à moi. » Le dernier mot contient tant de puissance non-dite que le moldu recule. Sherkan sourit. Derrière ce sourire doux et amical, il y a la promesse d'une mort radicale, de plaintes déchirantes ; il y a le serment que quiconque touchera Lichuan souffrira. Il tourne le dos et s'en va. Sherkan ne l'observe déjà plus. Il a tourné ses traits vers Lichuan. Assez joué.

Pourtant, il ne décide rien. Et il doute. Ca le ronge, comme ce fichu cancer. Ca le tue. Ca le tue, de douter, de ne pas savoir soudain comment s'y prendre. Il hésite, son être vacille. Lichuan l'a eu. Idiot ! hurle t-il mentalement, idiot que je suis. C'était ce qu'il cherchait. Mais Sherkan ne peut plus revenir en arrière. Il ne changerait rien de toute façon. Lichuan est à lui - et si il désirait savoir si il était prêt à le suivre, le voilà fixé. Il lui a laissé assez de liberté ces dernières années. Ce soir, il veut ressentir la puissance de l'avoir sous sa coupe. « Tiens-tu vraiment à m'épuiser à te suivre, Lichuan ? Tu es à moi. Tu n'as nul besoin de chercher une vaine jalousie pour le savoir. Ce n'est que de la possession. Tu es à moi. » Si Lichuan est l'enfant, ces paroles ressemblent pourtant à la plainte d'un garçonnet. Sherkan se tait, puis soupire. Il lance un regard amusé au mangemort, et masse son cou, à grand coups de gestes sensuels. Comme pour indiquer au jeune homme regarde, ce pourrait être toi, qui porte la main sur ce cou, sur cette épaule. Sherkan se décide. Il inspire, un sourire aux lèvres. Mais il n'est pas si sûr de sa victoire qu'il le voudrait. Il laisse émaner de lui ce charme particulier aux vélanes. C'est moins brusque que pour le moldu, c'est comme si une lumière douce éclairait ses traits. Comme si les silex de ses yeux s'allumait de mille feux, et que ses traits se soulignaient d'albâtre, d'or et de rose. Il semble vivant, plus vivant que n'importe qui ici.
Quelle ironie.

C'est sa dernière botte. Sa dernière tentative. Il sent qu'il n'aura pas le courage de continuer encore, ce soir. Il le revoit, embrasser cet inconnu, juste pour le narguer, juste pour le voir accourir pour marquer son territoire. l s'est joué de lui. Mais il veut gagner la grande bataille. Alors il tend la main. Les longs doigts se tendent, amicaux - sincères ? Les néons dansent, comme les corps en sueur. Sherkan sent leur odeur, comme un fauve - il sent la transpiration, les effluves d'alcool, et toutes ces senteurs terriblement humaine. Parmi elle, celle de Lichuan. Familière, mais si différente. « Viens avec moi. » Il aurait voulu que cela sonne comme un ordre, mais ça a été plus doux que ça. Bien malgré lui. Plus une invite qu'une convocation. Hélas, le problème d'une invitation, c'est qu'on peut lui dire non. Voilà ce qui le fige - que Lichuan dise non. C'est ce qui l'a fait hésiter, avant qu'il ne pose cette question. Il ne rajoute rien, comme si le silence pouvait aider Lichuan à le rejoindre.

C'est comme autrefois. Il lui tend la main. Lichuan n'a qu'à la prendre. Le bras ne frémit pas, immobile, dans le vide. Son regard chercher Lichuan. Plus aucune émotion ne peut s'y lire, et son visage a perdu de cette froideur qui l'avait habité. Ne reste plus que Sherkan. Nulle folie meurtrière, ni amusement mesquin. Juste Sherkan, face à Lichuan.


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Calling all the monsters ◮ Lichuan
MessageSujet : Re: Calling all the monsters ◮ Lichuan Lun 16 Fév 2015 - 19:32

Calling all the monsters

Only one of them
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Loin de Sherkan, Lichuan ne le reste pas longtemps. Mais il s'y attendait, sinon, il n'aurait pas embrassé cet illustre anonyme juste sous ses yeux. Pire que ça même, il semble le réclamer, le défier. Exige et prend ce qu'on daigne lui offrir. Il contemple la distance qui se comble au fur et à mesure de l'avancée déterminée de Sherkan. Il fait semblant de ne pas le voir, n'essaie pas de fuir. Qu'il vienne. Qu'il voit. Mais c'est lui qui observe, avide du moindre détail, affamé de cette expression curieusement indéchiffrable. En un instant, il est près d'eux, prédateur aux crocs luisants, statue d'albâtre, démon évadé de sa prison de cristal. Lichuan ne fait pas mine de broncher tandis qu'il ressent l'infime changement, le pouvoir qui pulse hors de ses veines, alourdit l'air. Il n'en est pas la cible mais cela n'empêche pas de le sentir vibrer dans tout l'être de l'espion, comme un irrésistible appel. Vélane. Le mot résonne comme une malédiction. Lichuan plaint le malheureux Moldu, victime collatérale de leur jeu. Il sait l'effet que peut avoir Sherkan sur les gens, il est en lui-même victime. Sans pouvoir réagir, sans oser réagir, il le regarde se pencher et voler un baiser à l'ensorcelé, au subjugué. Trop facile, songe Lichuan avec amertume. Bien trop facile pour quelqu'un comme toi, regarde-le, tu pourrais lui dire de sauter d'un immeuble, il le ferait sans hésiter. Qui espère-tu impressionner ? Moi, peut-être ? Ridicule.
Tellement ridicule
, s'assène-t-il encore sans conviction.

Il reconnaît les gestes du tueur déguisés en caresses. Le doigt qui glisse sur la jugulaire. Devine l'envie difficilement contenue dans les yeux de Sherkan. Soudain, son regard revient vers lui et Lichuan tressaille, c'est un mouvement infime mais qui suffit à le trahir. Comédien de pacotille, aimerait-il bien penser, mais la seule idée qui lui vient à l'esprit, c'est : Merlin qu'il est beau. Il se déteste aussitôt pour cela. Il n'est pas beau, Sherkan, non, il possède la traîtrise des songes, des rêves d'enfant que seuls les parents savent irréalisables mais qui, indulgents, se taisent. Il aurait pourtant aimé qu'on le prévienne, qu'on lui assène cette vérité tranchante mais vitale, ce fait évident que Sherkan est un joueur, un menteur. Mais on l'avait prévenu, n'est-ce pas ?
On l'avait prévenu et il avait sauté dans le piège avec un enthousiasme non-feint.

« Tu ne finiras pas la soirée seul. Mais avec qui ? Avec lui, peut-être ? » Il relève la tête, fièrement, scrutateur, interrogateur. La voix agit sur lui à la fois comme un aimant irrésistible et une gifle monumentale. Elle est truquée, fausse, et pourtant si vraie, si familière. « Avec qui d'autre ? Toi, peut-être ? » Pourquoi pas, après tout ? Mais il secoue la tête, joint à son piètre refus un sourire cassé, écorché. Il s'apprête à appuyer plus fortement ses propos mais Sherkan l'interrompt. Ce n'est pas à lui qu'il parle, pas sur lui qu'il porte son attention et Lichuan, Lichuan qui s'est amusé toute la soirée à taquiner ses nerfs, réalise douloureusement que Sherkan en est capable lui aussi, de torturer ses semblables, de leur nier le droit à un simple regard. « Dis-moi, il est beau, n'est-ce pas ? » Hochement de tête, respiration rapide. La réponse du Moldu est forcée, évidemment, forcée par le pouvoir que déploie Sherkan pour l'attirer dans ses filets, forcée par l'autorité qu'il insuffle ingénieusement à son timbre. Le compliment indirect ne l'atteint pas. Sherkan passe son temps à répéter qu'il est doux, qu'il grand, qu'il est beau, qu'il est sien. Ce ne sont pas des compliments, non, mais les noms qu'il donne à ses ficelles. « Oui, il est beau. Comme il est à moi. » Oh non, pense Lichuan avec véhémence. Oh non, oh non, oh non... La dernière phrase le frappe comme un coup de poing dans le ventre, un effleurement léger sur les lèvres. Non. Plus maintenant, plus jamais. Il a les mots au bord des lèvres mais le chaos refuse d'être formulé à voix haute ; il doit se contenter de secouer la tête doucement. Non, non, je refuse. Je n'appartiens qu'à moi-même. J'ai coupé les fils. Tous les fils. Il n'en reste aucun. Que des filaments qui pendouillent misérablement, vestiges passées, détritus insignifiants. Il suffirait, pour le prouver, d'ignorer ostensiblement Sherkan et de s'éloigner avec ce Moldu qui n'a pas besoin d'être ensorcelé pour se faire apprécier de lui.

« « Tiens-tu vraiment à m'épuiser à te suivre, Lichuan ? Tu es à moi. Tu n'as nul besoin de chercher une vaine jalousie pour le savoir. Ce n'est que de la possession. Tu es à moi. » » Lichuan ne répond pas tout de suite, le souffle coupé. Encore cette affirmation assurée. Encore ces mots. Encore ce tremblement qui agite ses mains, cette émotion qui étreint son âme. Vague souvenir d'une époque qu'il aurait aimé oublier. Mais c'est Sherkan, le vrai, celui qu'il aurait cru ne jamais revoir, qui lui fait face et il y a ces gestes comme une promesse, une lueur au fond de son regard, le pouvoir diffus qu'il contient, la vie...
Merlin, il y a de la vie chez cet homme, là où seules la mort et les cendres devraient être présentes, et c'est bien plus effrayant que toutes les menaces sous-entendues par les paroles susurrantes de Sherkan. « Tu te trompes, murmure Lichuan. » Il dit qu'il se trompe mais lui aussi a tout faux. Depuis le début. Il dit qu'il se trompe mais c'est à ses mensonges qu'il succombe, par ses sirènes qu'il se laisse charmer. Comme toujours. Il aimerait bien pouvoir dire, Si je suis à toi, tu es à moi, mais l’orgueil l'en empêche au dernier instant. Il n'a pas besoin d'un homme comme lui dans sa vie, non.
N'est-ce pas ?

« Viens avec moi. » La main tendue comme une invitation, mais c'est une invitation. Lichuan la fixe d'un air pensif. Y'a-t-il de l'appréhension dans la voix de Sherkan ? Non, sa douceur sert seulement à masquer son envie impérieuse, sans doute. Sherkan est toujours si assuré. Et il est doué pour camoufler ses ordres derrière des murmures séducteurs. Alors, NON, hurle le peu de logique qu'il lui reste. Tu n'as pas frôlé la folie, joué avec ta vie, parier sur ton équilibre mental pour tout perdre maintenant ? Tu ne l'as pas mené en bateau jusqu'ici pour céder au dernier instant, pas vrai ? PAS VRAI ? Lichuan sourit. « Pardon, souffle-t-il. » Mais pas à Sherkan, non ; sa main est déjà dans la sienne, après tout. Pardon, je sombre à nouveau, pardon, pardonpardonpardon... Mais regarde-le, sans ce masque mesquin, ce sourire cruel, n'est-il pas irrésistible ? Il est fidèle à lui-même, droit et fier. Pardon. Je ne devrais pas avoir de telles pensées. Mais ce sera sans conséquences, je te jure, il mourra demain, certainement.
Et si ce n'est pas demain...
Après-demain...


« Je viens. »
Et ce n'est pas une provocation cette fois.
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Calling all the monsters ◮ Lichuan
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