Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Lun 9 Fév 2015 - 0:12

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Le soleil brouillé typique des après-midi anglais tombait par les hautes fenêtres dans l'apothicairerie de Leroy Daltirus, s'engouffrait par la porte vitrée à double-battant, inondant la boutique d'une lumière fade, grisâtre. La boutique, pourtant reluisante, avec ses peintures fraîches et ses boiseries vernies, semblait soudainement menaçante. C'était comme une brume invisible qui envahissait la pièce, longue et haute de plafond, s'enroulant autour de chacune des étagères massives qui contenaient les herbes, les racines et d'autres choses moins avouables – membres et organes séchés de diverses créatures. Les ombres semblaient prendre vie durant ces après-midis mornes, chaque recoin mal éclairé paraissait plus inquiétant, presque dangereux, soufflant de sourdes menaces, chaque grain de poussière exhalant le même poison qu'un objet ensorcelé. Même l'odeur médicinale de plantes, menthe, marjolaine, sauge, ne parvenait à dissiper la lourdeur ambiante.

Assis au centre de son royaume dans un fauteuil massif, feuilletant un épais grimoire recouvert de cuir vert, Leroy Daltirus semblait parfaitement imperméable à l'atmosphère inquiétante qui se dégageait de l'endroit. Au contraire, quelqu'un le connaissant depuis sa naissance aurait pu détecter dans l'absence de tension de ses épaules ou les motifs invisibles qu'il traçait distraitement avec son pouce sur le coin du parchemin une certaine forme de relaxation. Il avait enchanté un tourne-disque pour que ce dernier joue sans s'arrêter en sourdine, un mélange de cuivres et de percussions étouffées et de flûtes indiennes, une mélodie hypnotisante dont les motifs se repétaient jusqu'à la nausée. De toute évidence, cela n'affectait pas plus l'homme dans son fauteuil que le reste du décor.

Leroy appréciait les moments de creux, les vides occasionnels, pendant lesquels les clients ne se bousculaient pas. Il pouvait à loisir se concentrer sur sa passion du moment : les récits d'explorateurs. La vision qu'avait ces sorciers du monde qu'ils découvraient, l'expansion exaltée de leurs esprits à mesure qu'ils entraient en contact avec le reste des magiciens de la planète... Fascinant. Leroy n'était pas un grand voyageur. Il laissait cela à sa sœur, Princetta, d'ailleurs partie à un endroit ou un autre à ce moment même. Il n'était pas attiré par les contrées lointaines, préférait les découvrir à l'intérieur de manuscrits et de journaux de bord. Bien moins contraignants. Trois heure sonnèrent à l'antique pendule qui occupait un coin de la boutique, un drôle d'objet par ailleurs, dont les aiguilles semblaient pratiquement immobiles jusqu'au moment où elles tournaient à toute allure autour du cadran oval.
Leroy releva la tête, lentement, ce qui ressemblait très vaguement à un sourire relevant la commissure de ses lèvres.
C'était l'heure de son appointement avec Joy Jackson-Powell. Un cas curieux, vraiment. Confidentiel, bien entendu. Les gens qui venaient le voir pour autre chose qu'un réapprovisionnement d'ailes de chauve-souris attendaient de lui une discrètion complète. Merlin soit loué, il n'était pas bavard pour ces choses là. Jackson-Powell, donc. Une drôle de femme. Auror. Puis prisonnière d'Azkaban. Perte de mémoire. Sa famille espérait le voir effectuer quelques tours de passe-passe vaudou pour faire retrouver ses esprits à leur fille et sœur. Les gens étaient si crédules.

La mémoire était un mécanisme d'un infinie complexité. La moindre secousse, la moindre brutalité magique pouvait la briser, et par extension infliger des dommages considérables à l'esprit. Sans souvenirs, que sommes-nous ? Rien. Notre passé nous définit, voilà tout. Mais, si comme Joy Jackson-Powell, nous avions commis un meurtre, potentiellement effroyable, désirerions-nous vraiment être notre passé ? Leroy n'était certainement pas stupide, aider cette femme à retrouver la mémoire n'était possible que si elle le désirait, et de toute évidence ce n'était pas le cas. Alors il avait préféré passer leurs séances à parler. D'elle, bien entendu. D'Azkaban. Des Détraqueurs dont elle avait une peur bleue. Autant de sujets infiniment plus intéressants que le pauvre meurtre qu'elle avait dû commettre par erreur. Autant d'informations de source sûre sur cette prison des sorciers et ses redoutables gardiens qui augmentaient la curiosité de Leroy.

Il attendait à présent que le carillon invisible au dessus de la porte de son office s'ouvre pour satisfaire cette curiosité. Il agita sa baguette une fois, un fauteuil bondit du coin où il était pour venir se placer à un mètre environ du sien, deux fois et des chandelles s'allumèrent un peu partout, trois fois et la musique devint plus chaleureuse. Mettre mal à l'aise Joy Jackson-Powell n'entrait pas dans sa ligne de conduite.


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Jeu 12 Fév 2015 - 22:18

It's all about

finding the calm
in the chaos

    « Joy...
    Je sais. »
Le ton était d'une neutralité parfaite, la voix basse et grave, vaguement teintée d'ennui. Les yeux ancrés à sa tasse de café avec une fixité troublante, Joy Jackson-Powell n'avait même pas daigné tourner la tête vers sa sœur jumelle avant de lui répondre. Bien sûr qu'elle savait, comment pouvait-elle seulement l'ignorer ? Dans un monde en perpétuel changement, ces rendez-vous constituaient l'un de ses rares repères, une source de réconfort constant qu'elle n'était pas prête d'oublier. « C'est l'heure. » Très calme, elle se leva et, très digne, enfila son manteau noir par-dessus la robe grise qu'elle portait ce jour-là. Avec ses cheveux sombres et sa peau pâle, elle était comme une tâche monochrome échouée par hasard ou par erreur sur la photo d'un catalogue de meubles modernes ; Jessie avait décidément des goûts plus que conventionnels en matière de décoration. « J'y vais. » Méfiante, la jeune mère de famille rétorqua aussitôt : « Vraiment ? » Malgré elle, alors qu'elle s'apprêtait à transplaner, Joy ne put s'empêcher de lui adresser un sourire gentiment moqueur. « Non, bien sûr que non, évidemment. Tu sais bien que je me sers de mes appointements avec Mr Daltirus... (Leroy, lui souffla sournoisement son esprit) ... comme d'une excuse pour aller sacrifier des chatons sur le parvis des églises. » Elle ne prit pas la peine d'écouter le flot d'injures rituel de sa sœur (« JE TE JURE QUE SI JE DÉCOUVRE QUOI QUE CE SOIT À PROPOS DE CHATONS ÉVEN ») et s'évapora dans les airs avec un craquement sourd. L'instant d’après, elle avait quitté la maison familiale de Jessie Je-n'ai-strictement-aucun-sens-de-l'humour et atterrissait au fond d'une impasse crasseuse, typiquement londonienne.

Elle ne pouvait pas en vouloir à sa sœur, décida-t-elle tandis qu'elle se mêlait à la foule d'un pas tranquille. Qui aurait pu croire, après tout, qu'elle daignerait assister à ces appointements sans émettre la moindre protestation, alors qu'elle avait usé les nerfs de nombreux Médicomages au cours de ces dernières années ? Son frère et sa sœur avaient fini par penser qu'elle ne se laisserait jamais atteindre par leurs vaines promesses et assurances. Alors, de manière tout à fait prévisible, ils peinaient à s'imaginer que Leroy Daltirus pouvait réussir là où tant d'autres avaient échoué avant lui.
Heureusement, songea-t-elle avec désinvolture alors qu'elle venait d'arriver devant la porte de cette boutique à l'ambiance devenue si familière qu'elle avait appris à reconnaître au premier coup d’œil, qu'ils ignoraient tout du fait qu'elle n'acceptait de se rendre à ces rendez-vous juste pour le plaisir de converser avec un homme aussi intéressant et passionnant que pouvait l'être Leroy. Quant au reste, elle n'était pas vraiment certaine que ces discussions l'aidaient à se souvenir de quoi que ce soit mais elles étaient étonnamment agréables et Joy ne demandait rien de moins qu'un petit peu de distraction dans ce monde qui s'acharnait à lui faire se rappeler.

Elle ne voulait pas se souvenir, non ; c'était ce qu'elle pensait tandis qu'elle franchissait le palier d'un pas assuré, ayant à peine effleuré la sonnette, sachant pertinemment que des sortilèges infiniment plus sophistiqués se chargeraient de prévenir Leroy de sa présence. Elle était mue par une sorte d'instinct que beaucoup appellerait l'habitude. L'ambiance familière et apaisante de la boutique ne tarda pas à l'ensorceler et c'est d'une voix tranquille qu'elle s'exclama : « Je suis à l'heure, cette fois. » Elle craint un instant que sa déclaration soit assourdie par la musique dont elle commençait à percevoir les premières résonances mais elle se rappela que rien n'échappait à Leroy. Il n'y avait eu aucune trace d'hésitation dans son ton, non, seule ressortait l'absolue certitude qu'elle avait le droit d'être ici ; elle expérimentait jusque dans sa chair la sensation implicite qu'elle était la bienvenue malgré l'atmosphère menaçante, presque oppressante, et les innombrables questions gênantes que pouvait parfois poser son hôte. Elle avait vécu Azkaban. Sans aucun doute, elle survivrait aux ombres et aux odeurs qui hantaient les lieux, semblables à la main invisible d'un croquemitaine.

Sans attendre de réponse, elle s'avança au centre de la pièce principale et découvrit Leroy assis dans un fauteuil massif, absorbé par quelques récits mystérieux, comme il en avait l'habitude. Ce spectacle lui évoqua l'absurde image d'un roi sur son trône, calme et placide alors qu'il contemple sereinement son oeuvre. Cette idée l'amusa. Son regard embrassa ensuite un second fauteuil qui semblait attendre patiemment qu'elle daigne s'asseoir et Joy ne se fit pas prier plus longtemps. D'un pas souple, qui paraissait presque en accord avec les notes chaleureuses de la musique, elle s'y laissa tomber et fixa Leroy un long moment, l'air indéchiffrable. Puis elle sourit. Sincèrement, franchement. Tout allait bien, le feu de cheminée irradiait une douce chaleur qui ne tarda pas à agir sur ses épaules perpétuellement tendues, comme si elle continuait de porter le poids de son crime oublié, et elle s'étira tel un chat sauvage atterri par la force des choses dans le salon d'un grand aristocrate. « Alors, quels merveilleux voyages êtes-vous en train de lire au lieu de les vivre et de les savourer pleinement ? demanda-t-elle, curieuse, presque taquine. »

Parler. Comme Joy détestait parler, et encore plus se confier ! Les actes marquent plus que les mots, à ses yeux. Mais il y avait quelque chose dans l'air de cette boutique, comme une invitation implicite, et une lueur au fond des prunelles vives de Leroy qui lui donnaient envie de se poser, d'éclaircir ses pensées et de les formuler à haute voix. Plus que ses rares tentatives pour la faire se souvenir, la véritable magie de Leroy, c'était ça.


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Lun 16 Fév 2015 - 10:24

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Leroy ne releva pas immédiatement la tête en entendant la voix de sa – patiente, cliente ? - visiteuse. Ses yeux étaient aimantés à sa page, les caractères magiques ayant une fâcheuse tendance à échanger de place si le lecteur ne se montrait pas suffisamment attentif, protection magique persistante à travers les siècles dans ces journaux. En aucun cas Leroy ne pouvait être qualifié de lecteur inattentif. C'est pratiquement avec la douleur du cocaïnomane professionnel qu'il s'arracha à son fix de savoir, et reposa avec précaution le manuscrit massif sur la table de merisier qui se trouvait à sa gauche. Le tout était de garder le contrôle. Leroy leva son regard sombre sur la silhouette qui marchait en rythme avec la musique de fond, légère. Un sentiment de contentement le parcouru lorsque Joy Jackson-Powell vint s'installer en face de lui, souriante et visiblement de bonne humeur.

Ce n'avait pas toujours été le cas. Leroy avait dû gagner sa confiance, petit à petit, une progression difficile, centimètre par centimètre, faisant preuve de patience et de délicatesse, muselant sa curiosité débordante qui menaçait parfois de tout briser sur son passage et de faire fuir la jeune femme. Et qui souhaiterait ça ? Leroy répondit à son sourire avec un temps de retard, un sourire feint, bien entendu. Il n'était pas expressif par nature mais les interactions sociales exigeaient de lui qu'il fasse attention à ce que son visage reflétait. En l'occurence, la décontraction. Feindre correctement lui demandait toujours un peu de temps.

« Tout est une question de point de vu, mademoiselle. Je pense savourer pleinement ces voyages tout en échappant aux désagréments qui les accompagnent. Les avantages sans les inconvénients. » Sa voix était basse, riche, avec un léger accent qui faisait parfois presque chanter les mots dans sa bouche. Sa voix mettait en confiance. « Mais je suppose que vous êtes de ceux qui préfèrent être au cœur de l'action, n'est-ce pas ? »

Ces échanges n'étaient pas désagréables pour Leroy. Objectivement, que parler avec Joy Jackson-Powell soit un plaisir ou une punition importait peu, il s'agissait d'une tâche comme une autre après tout, mais... Leurs entretients s'avéraient divertissants, détendus, dynamiques. Et diablement intéressants, par instant. Leroy observa ses ongles machinalement, ses mains étaient parfaitement manicurées, entretenues avec soin, à l'instar de chaque partie de son corps. Joy Jackson-Powell ne semblait pas particulièrement intéressée par ce genre de soin, si ses vêtements ternes étaient une indication. Joy Jackson-Powell avait été Auror autrefois, une sorte de chien de garde parfaitement aux aguêts, toujours prêt à se jeter dans la mêlée, sans doute qu'être pointilleux au sujet de son apparence n'entrait pas dans les critères de recrutement. Mais si chien bien dressé il y avait eu en elle, les traces avaient disparues, gommées probablement par sa détention. Azkaban. Un sujet qu'il n'avait pas encore véritablement pu aborder avec elle, mais ils y viendraient. Tout était question de temps.

Leroy se redressa dans son fauteuil, regardant la femme avec attention, sollicitude presque s'il fallait mettre des mots sur l'ombre imperceptible au fond de ses pupilles.

« Mais je manque à mes devoirs. Désirez-vous boire quelque chose ? Je ne pense pas pécher par orgueil en déclarant avoir de tout. » Et pourtant, Dieu seul savait à quel point le péché d'orgueil et Leroy étaient de vieux amis. Il était pourtant vrai qu'en terme de boissons l'apothicairerie n'avait pas à avoir honte. Principalement en ce qui concernait les infusions. Thés rares, tisanes exotiques, Leroy possédait ses propres mélanges, dont les effets n'étaient cependant pas forcément indiqués pour une discussion au coin du feu. Quoique... Peut-être proposerait-il un jour à Joy Jackson-Powell une décoction de quelques champignons pour l'aider à se libérer de ses démons ? Une vieille recette de la Nouvelle-Orléans qu'il avait amélioré. Efficace, évidemment. Leroy se leva, lissant par habitude le tissu de son pantalon bordeau – coton et soie – et redressant le nœud de sa cravate aux motifs orientaux. Sa sœur ne manquait pas de le plaisanter sur son élégance excessive, elle qui se contentait du pratique et du confortable. La practicité n'évoquait rien que de l'ennui chez Leroy Daltirus, il se devait d'y avoir une cohérence logique entre l'affutement de son esprit et la perfection de sa tenue, voilà tout. Une obsession du vêtements, une obsession des livres. Et dire que c'était à lui qu'on envoyait les cas déclarés désespérés par les médicomages. Une ironie délicate. Bien entendu, la plupart de ces prétendus experts n'était que des ânes sans finesse. Il n'y avait rien de désespéré chez Joy Jackson-Powell, rien qui ne puisse se recoller, d'une manière ou d'une autre. Il fallait cependant qu'elle admette et digère avoir été brisé. Encore une fois, tout était une question de temps.



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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Jeu 19 Fév 2015 - 19:37

It's all about

finding the calm
in the chaos

Il y avait presque de la douleur dans les gestes de Leroy alors qu'il arrachait lentement son regard aux pages du livre qu'il parcourrait avec une avidité concentrée. Devant le spectacle d'une telle fascination, aussi appuyée, aussi imperturbable, Joy faillit se sentir honteuse ; elle avait eu pendant une seconde fugitive l'impression de déranger l'autre homme et ce n'était définitivement pas quelque chose dont elle avait envie. Mais elle était à l'heure, comme toujours lorsqu'il s'agissait d'honorer ses engagements envers Mr Daltirus, et elle se raccrocha à cette maigre conviction pour éviter de trop culpabiliser à l'idée de perturber ses précieuses habitudes. Il faisait, après tout, partie des rares personnes qui faisait l'effort de comprendre, ou simplement de tenter de comprendre, même si ce n'était que pour satisfaire sa curiosité rarement assouvie.

« Tout est une question de point de vu, mademoiselle, l'entendit-elle vaguement dire de cette voix grave et apaisante qu'elle avait appris à reconnaître au fil de leurs rendez-vous. Je pense savourer pleinement ces voyages tout en échappant aux désagréments qui les accompagnent. Les avantages sans les inconvénients. » Elle hocha la tête, compréhensive mais décidément peu convaincue. Néanmoins, elle n'osa pas émettre la moindre remarque ; de toute façon, la question de Leroy se chargea de l'inviter à exposer son propre point de vue. « Mais je suppose que vous êtes de ceux qui préfèrent être au cœur de l'action, n'est-ce pas ? »

Pensive, elle prit la peine de réfléchir un court moment avant de répondre. Au cœur de l'action, cette expression lui évoquait tellement de souvenirs ! La plupart était teintée d'une vague amertume, comme de la nostalgie, mais elle ne voyait pas pourquoi elle s'y attarderait. La vie méritait d'être vécue pleinement, après tout, et cela signifiait aussi qu'elle ne comprenait pas l'intérêt de s'asseoir dans un fauteuil, aussi confortable soit-il, pour dévorer un épais bouquin alors qu'il suffisait d'ouvrir sa porte à l'inconnu. « Je saisis votre raisonnement, Leroy. » Avec un sourire faussement indifférent, elle ajouta : « Enfin, je pense. Peu importe à quel point votre imagination est débordante, saura-t-elle inspirer à votre esprit les innombrables sensations que peuvent apporter les voyages ? Avez-vous déjà offert à votre dos la chaleur du soleil, laissé vos pieds nu s'enfoncer dans le sable froid d'une plage en hiver ? Connaissez-vous la morsure du vent sur votre nuque baissée, l'odeur de la campagne qui ignore toutes les barrières ? » Avez-vous déjà expérimenté dans votre chair la douleur qu'amène avec elle la présence trop proche, bien trop proche d'un Détraqueur ? Savez-vous que l'on peut sentir physiquement son esprit se déchirer en petits morceaux, éclats arrachés de force même aux plus déterminés des prisonniers ? Oui, savez-vous, Leroy, que l'on souhaiterait presque mourir, pour que la torture cesse enfin ? Le visage soudain obscurci, elle détourna le regard et fixa d'un air morne les étagères encombrées de précieux bibelots. Il était impossible de ne pas noter son léger froncement de sourcils mais il fallait être bien plus observateur si on voulait espérer remarquer le vide dans ses yeux, l'abîme qui s'y créait, s'élargissait un peu plus à chaque seconde. Elle-même en avait conscience ; cependant, elle s'en souciait distraitement, comme s'il s'agissait d'une obligation barbante plutôt que de sa propre santé mentale.
Il y avait certaines choses qu'elle aurait préféré ne jamais vivre, des choses qu'on ne pouvait humainement pas consigner dans les pages d'un livre.

« Les mots ne sentent pas, Leroy, ils ne vivent pas, acheva-t-elle dans un souffle. Ce n'est que du papier, si facilement friable. »

Elle pouvait sentir son regard attentif peser sur elle, comme le rappel incessant qu'il était littéralement payé pour connaître mieux qu'elle ses pensées. Elle s'amusait à se demander ce qu'il réussissait à deviner, les informations qu'il parvenait à décortiquer, tout ce chaos qu'il fallait démêler, lorsqu'il prit la parole, manquant de la faire sursauter. « Mais je manque à mes devoirs. Désirez-vous boire quelque chose ? Je ne pense pas pécher par orgueil en déclarant avoir de tout. » Prise au dépourvu, elle se contenta de répondre d'une voix absente : « Je veux bien. Servez-moi ce que vous voulez. Le café de ma sœur est franchement dégueulasse quand on ose le comparer à vos décoctions. »

Elle le regarda distraitement se lever, arranger sa tenue avec une minutie presque ridicule aux yeux de la jeune femme. Elle ne réussit pas à retenir un rire amusé, presque moqueur, qu'elle s'efforça de rendre le plus discret possible.
Elle était bien.


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MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Dim 22 Fév 2015 - 17:48

Lay your head down on the grass

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Lire entre les lignes était un art subtil. Savoir doser avec précision la part d'interprétation et de supposition, les aligner avec les connaissances que l'on possédait. Une tâche qui s'avérait complexe. Leroy aimait comprendre les sous-entendus, les mots murmurés si bas que l'on ne pouvait les saisir qu'en se penchant près de la bouche qui les énonçait. Lui si froid, si vide de toute véritable sympathie arrivait cependant à exprimer de l'empathie. Nuance délicate. Il n'observa pas Joy Jackson-Powell pendant son petit monologue, ne posant ses yeux sur elle que pour surprendre une absence caractéristique de la part de son vis-à-vis. Un tel silence, un tel vide chez cette femme ne signifiait qu'une chose ; un moment douloureux où elle se laissait aller à ses vieux démons.

Azkaban, supposa Leroy. Peut-être était-ce la froideur caractéristique, la glace qui perforait le cœur des victimes des Détraqueurs ? Ou alors les cris qui perçaient la nuit, les prisonniers sombrant dans la folie et hurlant leur désespoir comme des bêtes prises au piège ? Leroy se rappela à l'ordre, empêchant son esprit de divaguer plus loin. Rester logique, rester calme, rester en contrôle, le mantra habituel. En fermant les yeux son imagination pouvait l'emmener très loin, il se devait de prendre garde à tenir la bride à son esprit trop fertile. Ses paupières tombèrent un peu sur ses yeux noirs, voilant son regard.

Avait-il jamais senti la morsure du blizzard ou la brûlure d'une plage de sable surchauffé ? Une excellente question.

« Les mots ne sentent pas, Leroy, ils ne vivent pas. Ce n'est que du papier, si facilement friable. »

Oh, Merlin, qu'une réponse lui chatouillait la langue, il sentait les mots se former sur ses lèvres mais les garda pour lui. « Les mots vivent, très chère, aurait-il dû lui répondre. Les mots vivent et dans cent ans quand vous ne serez plus que poussière parmi poussières, un tas de cendres anonymes, les mots continueront de battre dans le cœur des livres. ». Mais quel genre d'hôte serait-il pour contrarier ainsi sa visiteuse ? La courtoisie élémentaire était ce qui distinguait les hommes des animaux, après tout.

l feignit un petit rire en entendant le commentaire de Joy Jackson-Powell. « Votre sœur m'a l'air délicieuse, quand bien même son café ne serait pas à la hauteur. » Il n'était entré en contact que peu de fois avec la fameuse jumelle, juste assez pour goûter de son esprit batailleur. Leroy fit mine de ne pas remarquer le coup d'oeil moqueur que jeta la brune à ses petites manies, après tout il n'avait pas à se sentir offensé pour si peu. Surtout par quelqu'un qui apportait le strict minimun de soin à sa tenue. L'esprit occupé, il chercha parmi les dizaines d'herbes séchées, les bocaux d'argile et de verre, jusqu'à trouver un mélange qui satisferait celle qu'il considérait comme une invitée, en définitive. « Du jasmin, de l'orange, de la cannelle et un soupçon de miel ? » Question rhétorique, bien entendu, que Leroy formula en assemblant les divers éléments pour concocter une infusion parfumée. Il mettait toujours une concentration particulière pour effectuer cette tâche, portant attention à la bouilloire qui ne mit pas longtemps à siffler.

« Votre breuvage, mademoiselle. » Apportant les tasses – porcelaine de Chine, rien de moins – il les déposa au préalable sur la table basse avant de s'asseoir à nouveau dans son fauteuil. « Sans thé, j'aurais trop de scrupules à vous savoir dans l'incapacité de dormir à cause d'une boisson que je vous aurais offerte. » Un léger sourire, celui-là presque entièrement sincère, et Leroy reposa son regard insondable sur la jeune femme, attendant qu'elle parle, naturellement, sans désir de la forcer. L'atmosphère confortable, les senteurs et la musique, tout cela se combinait à la perfection, faisant pratiquement oublier à Leroy que ce n'était qu'une vitrine pour sa cliente.




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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Mar 24 Fév 2015 - 18:44

It's all about

finding the calm
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Il était si difficile de cerner l'attitude de Leroy Daltirus. Ses rares commentaires, empreints de la courtoisie la plus élémentaire et, en même temps, la plus extrême, lui évoquait l'image incongrue d'un chat sauvage qui refuse de se laisser caresser ; un chat sauvage à l'arrogance démesurée et au sourire faussement indifférent, toujours poli, à peine expressif. Comme s'il vous narguait en permanence mais que vous étiez incapable de le prouver. Avec un léger sourire, amusée par ses propres pensées, Joy se cala confortablement au fond de son fauteuil. Elle laissa la musique submerger son esprit de ses accords ensorcelants tout en n'écoutant que d'une oreille distraite la vague remarque qu'émit Leroy à propos de Jessie, sa sœur jumelle : « Elle vous trouve louche, juste comme ça, souffla-t-elle sans même être sûr que l'homme l'avait entendu. Elle a peut-être raison, songea soudain Joy. Cette pensée lui arracha une grimace dépitée.

Moi aussi, elle me trouve louche, ces derniers temps, de toute façon.

À sa demande émise du même ton habituellement poli, presque trop poli pour être honnête, Joy se contenta de répondre : « Comme vous voulez, je vous fais confiance. » Elle contempla avec un intérêt sincère les gestes concentrés de son hôte, le reflet de ses traits sobres dans la bouilloire parfaitement lustrée, le sifflement aigu et familier. Pendant ce court laps de temps, elle pensa à ce qu'elle pourrait bien lui raconter tout en veillant à ne pas trop se dévoiler ; elle aborderait sans doute des sujets insignifiants, qui satisferait un peu la curiosité de Leroy mais le maintiendrait à l'écart des ces ombres menaçantes qui peuplaient ses nuits —lorsqu'elle réussissait à dormir ! Ces choses-là étaient intimes, elle n'oserait pas les lui relater, même sur le ton de la confidence, non, pas quand il se contentait d'afficher ce sourire où jamais ne venait s'égarer une étincelle, la plus brève des émotions— sans doute, non, bien sûr qu'elle n'avait pas le « décodeur », comme on pourrait l'appeler, mais si elle ne l'avait, alors...
Leroy n'y aurait pas droit non plus.

Les tasses furent doucement posées sur la table basse qui trônait en face d'elle et Joy jeta un regard dubitatif à la vaisselle. Cela ressemblait à quelque chose de précieux. S'il pensait l'impressionner, et bien, c'était réussi. Joy tendit une main faussement nonchalante vers son breuvage, tâchant de paraître à l'aise alors qu'elle craignait de briser sa tasse. Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de gobelets en plastique, bon sang ? « Merci, trouva-t-elle le moyen d'articuler en se tendant nerveusement, aussi raide qu'un piquet, sa boisson entre les mains. » Merlin, si tu as jamais existé, donne-moi la force de ne pas casser cette vaisselle —je n'ai même pas encore fini de rembourser mon prêt pour l'achat de mon appartement, je ne voudrais pas me sentir obligé racheter un service à thé à Leroy, surtout que ce dernier a visiblement des goûts de luxe.

« Je ne dors déjà plus, de toute manière, lâcha-t-elle spontanément en guise de réponse. » Il y eut un court silence embarrassé qu'elle se dépêcha de briser en ajoutant d'une voix bien trop précipitée pour être honnête : « Je veux dire, j'ai trouvé un nouveau travail en tant que videuse dans une boîte de nuit —au passage, je suis d'ailleurs sûre que vous détesterez— et je n'ai plus vraiment le temps de me reposer. Je hais dormir le jour. » C'est ça. Nie les cauchemars. Nie les ombres qui rampent au pied du lit, nie le fossé qui se creuse chaque jour un peu plus dans ton âme. Trouve des excuses insignifiantes.
Repousse cette idée jusqu'à l'ultime instant.


Le silence de Leroy est une invitation que Joy saisit presque instinctivement, avec un naturel que seul confère l'habitude : « Tout va bien, assène-t-elle fortement comme pour se convaincre elle-même. J'ai trouvé un nouveau boulot, ma petite sœur vit avec moi, j'ai peut-être rencontré quelqu'un... » Elle énumère ces évidences avec distraction, sans oser regarder Leroy dans les yeux. Sa voix s'éteint rapidement. Lorsqu'elle redresse la tête, elle tente une triste parade afin de ne pas avoir à répondre à ses questions muettes. Une parade d'une banalité presque affligeante. Une parade qu'elle n'a jamais essayé auparavant.

« Et vous ? »


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Dim 8 Mar 2015 - 16:23

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Leroy n'était pas musicien, ne l'avait jamais été, ne le serait probablement jamais. Mais il était d'une sensibilité extrême aux harmonies d'une voix et aux silences. Faire chanter les silences, la partie la plus compliquée de l'art divin de la musique d'après tout ce qu'il avait lu, d'après tous les opéras moldus auxquels il avait assisté. Sa fascination pour le personnage qu'était Joy Jackson-Powell – un personnage oui, une esquisse, une silhouette, mettre de la distance, ne pas voir la personne seulement les traits – tenait aussi à sa voix.

Elle avait cette façon de s'exprimer si changeante, mêlant des accents et des descentes subites aux phrases les plus banales, Leroy pouvait pratiquement voir son esprit tourbillonner lorsque son débit s'accélérait soudainement pour finir par laisser pendre dans le vide la fin de sa phrase. Il était revenu s'asseoir face à elle, se prélassant dans ses suppositions et ses hypothèses, persuadé d'avoir cerné, d'avoir compris le code, retenant un sourire condescendant, crocodile immobile face à une souris blanche de laboratoire.

« Et vous ? »

Sa respiration se bloqua quelque part dans sa poitrine, brisant sa belle concentration, un choc imperceptible, microscopique, dont l'onde envoyait pourtant valser les pensées de Leroy. C'était dans ce genre de situations qu'il comprenait pourquoi il avait un besoin vital de sa sœur, pour ne pas le laisser s'enfuir dans sa forteresse de glace, pour le maintenir ancré près du sol, pour lui rappeler qu'il était un homme, un humain, ni dieu ni être supérieur, non. L'équilibre lui manquait sans sa sœur, et sans l'équilibre il n'était qu'un poseur comme elle ne manquait pas de lui dire. Joy Jackson-Powell ne méritait pas sa condescendance, leurs rapports se devaient d'être égaux, c'était un point fondamental et il s'était laissé aller à l'oublier.

Pratiquement mortifié, Leroy ferma les yeux et inspira lentement, ayant pour son observatrice simplement l'air de réfléchir.

« Et moi ? » Ne pas ignorer la question, ne pas la détourner, non, c'était la punition qu'il s'infligeait, faire une brèche dans le mur de sa forteresse pour laisser Joy apercevoir l'intérieur. « Et bien, j'ai toujours le même travail mais je dois dire que je suis satisfait de la façon dont vont les affaires. Ma petite sœur devrait venir vivre avec moi mais elle est encore tristement accrochée aux jupes de ma pauvre mère. Et, je n'ai pas exactement rencontré quelqu'un, je suis de ceux qui préfèrent se perdre dans les fantômes du passé. » Un sourire fit frémir le coin de ses lèvres, spectateur amusé de son absence d'intérêt. « Puis-je vous demander qui vous pensez avoir rencontré sans que cela ne soit indiscret ? Ou peut-être préférez-vous aborder le sujet de cette insomnie... » Il haussa un sourcil, presque taquin devant le choix qu'il imposait à son interlocutrice.

Il porta la tasse de porcelaine délicate à ses lèvres, lentement, presque surpris par la facilité qu'il avait eu à parler de lui, même par bribes aussi fragmentées. Lors des premières visites il avait été d'une politesse et d'une correction irréprochables, expliquant clairement à Joy Jackson-Powell qu'elle n'aurait jamais à s'inquiéter de ses souvenirs perdus tant qu'elle serait dans sa boutique. Mais alors, son intérêt pour elle n'avait eu qu'une cible : son expérience en tant que prisonnière d'Azkaban. Il avait établi des limites, posé des barrières, avec l'air de ne pas se rendre compte de la distance. Il avait fait ça auparavant, avec d'autres « patients », moins intéressants, moins...
Mais Joy Jackson-Powell lui rappelait sa sœur par instant, et c'était sans doute ça qui finirait par achever de faire fondre ses défenses, un jour. En attendant, pouvait-il se reprocher de lui opposer quelques obstacles ? Merlin, la sœur de cette dernière avait bien raison de le trouver louche, si lui même se rendait compte de ses paradoxes et de ses réticences avec stupeur. Sentir par avance qu'une personne pourrait vous atteindre et par appréhension, la rejeter et décider qu'elle n'est qu'un objet de curiosité intellectuelle, voilà la posture qui le mettait en défaut par rapport à son travail, à sa philosophie de vie. Merlin,le combat entre son orgueil et sa raison s'annonçait rude.

Le jasmin et l'orange s'épanouissaient sur sa langue, le breuvage chaud et parfumé était un de ses préférés, il avait ajouté le miel pour Joy, d'après son expérience les femmes aimaient la douceur du sucre.

« Aimez-vous l'infusion ? »

Mais dorénavant il aurait sans nul doute intérêt à abandonner l'idée de tout savoir par avance s'il ne voulait pas finir en fâcheuse posture.


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Dim 22 Mar 2015 - 12:07

It's all about

finding the calm
in the chaos

Sa question, d'une banalité pourtant affligeante, sembla plonger Leroy dans des abîmes de réflexion insondables pour elle, simple néophyte qui était plus occupée à nier l'emprise qu'exerçaient certains anciens tourments sur son esprit qu'à l'analyser afin de mieux les combattre. Une rare indulgence la força à demeurer silencieuse alors que l'autre homme se débattait silencieusement, aussi immobile qu'une statue de marbre, avec ses pensées. Si elle avait perçu l'infime changement dans sa manière de la considérer, si elle avait vu son sourire osciller entre la condescendance et la sobre politesse, nul n'aurait su le dire, pas même Joy elle-même. Elle aurait été parfaitement incapable de faire la différence entre ce que Leroy daignait laisser apparaître de sa personne, les minuscules indices qu'elle réussissait miraculeusement à percevoir et la réalité, la seule, la véritable. Aussi se contenta-t-elle naturellement d'observer, l'air pensif, tandis qu'il inspirait profondément face à elle, comme pour se donner du courage. Malgré elle, malgré tous ses efforts désespérés pour rester à l'écart de ce cheminement mental, pour ne pas l'interrompre ou pire que ça même, le brusquer, Joy ne put s'empêcher de sourire doucement tandis qu'elle songeait que le visage de Leroy, décidément, avait le don de demeurer terriblement lisse, figé dans une sorte de neutralité impeccable, alors qu'il était pourtant évident que son cerveau bouillonnait.

Enfin, il répondit ; il eut même avec cela la délicatesse de ne pas esquiver sa question. Étonnée de se sentir aussi soulagée, presque flattée, la jeune femme l'écouta avec une concentration inhabituelle chez elle et une attention infinie. Elle se doutait que l'homme connaissait à son sujet bien des choses qu'elle avait malheureusement laissé échapper, qu'elle aurait préféré garder secrètes parfois, tandis qu'elle ignorait tout de lui, ou alors seulement des bribes. Leur relation lui inspirait de temps à autre un sentiment d'inachevé, qu'elle se surpris soudain à vouloir combler. Mais elle devinait aussi les trésors d'ingéniosité, de patience et d'imagination qu'elle serait forcée de déployer afin d'y parvenir. Cette perspective l'abattit un court instant mais elle l'écarta aussitôt, préférant se focaliser sur l'instant présent.
Elle verrait plus tard, elle avait toute la vie pour cela. Elle ne prévoyait plus aucune surprise, plus aucun désagrément. Elle serait un modèle de stabilité. Jessie n'en reviendrait sans doute pas. Sa sœur jumelle, sa Poufsouffle, idéaliste et révolutionnaire de sœur jumelle, avait toujours été, après tout, si...
Explosive.

En attendant, elle était bêtement fière d'apprendre ce genre de petits détails insignifiants sur la vie de Leroy et appliqua à le faire comprendre par un sourire sincèrement intéressé, imitation bien plus éclatante de celui qui avait fait trembler les lèvres de son hôte pendant un moment aussi fugitif que surprenant, si bien que Joy ne put s'empêcher de se demander si elle ne l'avait pas rêvé. Néanmoins, elle se dépêcha de répondre, tant que la portée des paroles de Leroy, leur impact et leur signification, demeuraient présentes entre eux, comme une sorte de fil tendu qu'elle s'amusait à suivre du bout des doigts, prudente, comme un enfant se rend compte qu'un jouet est bien trop précieux pour qu'il ose jouer avec. « Peut-être que vous ne devriez pas trop me parler de vos affaires. J'avais l'habitude d'être un chien de garde de la justice, auparavant, prit-elle le risque de le taquiner d'un ton qui ne possédait rien de sérieux ou de menaçant, ni les inflexions, ni les timbres, oubliant qu'il y avait une chance sur deux pour qu'elle s'expose aux réparties les plus sèches. Mais je suis contente si tout va bien pour vous. » Le pire était sans doute qu'elle était sincère.

« Vous semblez beaucoup tenir à votre petite sœur, ajouta-t-elle d'un ton faussement distrait. » Ce n'était pas une question. Mais, déjà, Joy enchaînait : « C'est le fardeau des aînés. C'est pourquoi ils naissent en premier : pour protéger les plus jeunes. » Un sourire nostalgique étirait ses lèvres. Elle n'était pas l'aînée, pas tout à fait ; Trévor l'était. Mais Trévor n'était intéressé que par le pouvoir qu'il pouvait exercer sur sa propre famille. Il ne les avait jamais protégé. C'était la seule raison pour laquelle elle s'affublait de ce titre presque ridicule d'aînée à sa place, privant son frère de cet ultime privilège, celui de remplacer son père en tant que pilier de leur fratrie éclatée. « Et je suis de celles qui, par nécessité, se voient obligées de se tourner vers l'avenir, conclut-elle finalement avec un sourire aussi léger que le poids sur son cœur était lourd. Je crains que nous ne puissions être plus opposés. »

« Puis-je vous demander qui vous pensez avoir rencontré sans que cela ne soit indiscret ? Ou peut-être préférez-vous aborder le sujet de cette insomnie... » Ce choix, qui n'en était définitivement, arracha une grimace amère à Joy. « Ai-je droit à un joker ? fit-elle afin d'éviter maladroitement la question. » Lorsqu'elle vit Leroy porter la tasse à ses lèvres, elle l'imita avec une seconde de retard. Les saveurs explosèrent dans sa bouche et si la légère note sucrée ne la dégoûta, elle aurait préféré un breuvage moins adoucie, à l'image de son quotidien.

« C'est délicieux, fit-elle en guise de réponse à sa question. Un peu trop sucré mais délicieux. » Franche, Joy l'était. Mais Leroy serait forcé de reconnaître qu'elle faisait au moins l'effort d'y mettre les formes comme pour ne pas le vexer.


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Sam 28 Mar 2015 - 17:03

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Leroy aime penser que les tourments, les hésitations, les dilemmes sont la croix des grands esprits. Ne jamais douter, ne jamais avoir à peser le pour et le contre d'une situation, ne jamais avoir l'impression que ses synapses surchauffés sont sur le point de fondre. Une vie d'idiot bienheureux. Mais peut-être sa complexité mentale – ou sa « passion pour se prendre la tête » selon sa sœur – n'est que le fruit de ses choix. Ne pas être totalement sombre ni totalement blanc, voilà ce qu'a décidé Leroy Daltirus dès lors que le monde a semblé vouloir plonger dans la folie.

Se tenir à la frontière entre l'ombre et la lumière demande de la résistance, une volonté d'équilibriste que Leroy doute avoir parfois. Le sourire de Joy Jackson-Powell perturbe son monologue intérieur, cette femme a la capacité de provoquer en lui des micro séismes, et ça l'étonne. Leroy a développé une sensibilité particulière envers ce qui l'intéresse. Le reste du monde n'est que fantômes, gris et sans relief tant que son attention ne se fixe pas sur quelque chose, quelqu'un. Jackson-Powell en fait partie à présent, ce ce club très privé des êtres qui ont retenu l'intérêt du grand Leroy.

La commissure de ses lèvres frémit, un chien de garde, oui l'image lui avait semblé adéquate quelques minutes plus tôt. Il y a chez Joy Jackson-Powell cette énergie rentrée qui menace à chaque instant de déborder, chaotique, résidu de son ancienne vie, peut-être. « Et pour votre intimité autant que la mienne je suis reconnaissant que cette phrase soit au passé. » Il hausse un sourcil, un millimètre vers le haut, manifestation de son amusement spontané. Joy Jackson-Powell ne doit pas ignorer que ce qui se passe dans l'arrière boutique de l'apothicairerie n'est pas entièrement légale. Oh rien d'aussi méchant qu'on le suppose, pas de meurtres, pas de magie du sang, pas de torture, non. Mais des denrées trop rares pour être commercialisées en dehors de la surveillance du Ministère, ça oui. Si des chiens de garde n'ont pas encore débarqués en aboyant et en mettant tout sans dessus-dessous, c'est uniquement grâce aux relations que la famille Daltirus entretient, en tant que sangs purs respectables, avec des personnages hauts placés.

« Elle est très importante pour moi, oui. Essentielle. Mais je crains que nos visions ne divergent également quelque peu sur le sujet des aînés, il s'agirait plus d'endurcir que de protéger. » Après tout, Cetta et lui étaient les deux derniers d'une fratrie de sept, et les coups et les moqueries étaient aussi fréquents que l'ignorance pure et simple des plus jeunes.
« Et bien, il semblerait que nous sommes opposés en tout point, mademoiselle. Cela rend les choses plus stimulantes, je ne crois pas aux vertus d'une conversation où les deux participants sont d'accord sur chaque sujet. » Leroy repose sa tasse sur la table basse, pour une fois parfaitement honnête. Il hésita une seconde à poursuivre son interrogatoire, après tout si Joy Jackson-Powell avait fait une rencontre il serait bon de savoir si elle était, disons, appropriée ou non. D'un autre côté, il n'était pas sûr de vouloir jouer le rôle de sa mère, à harceler les innocents sur leurs relations amoureuses - ou leur absence de relation en ce qui concernait Leroy. Il laissa donc retomber dans le vide la demande de Jackson-Powell avec un geste de la main, comme pour accorder ce joker.

« Oh, mes excuses, je veillerai à ne pas refaire cette erreur. »

Il jeta un coup d'oeil surpris à sa tasse qui reposait sur la table à ses côtés, comme étonné que quelque chose qu'il a pu produire ne soit pas absolument parfait.

« Enfin, si je puis me permettre, avez-vous quelque chose dont vous désirez parler ici ? Puisque ni vos insomnies ni vos relations ne sont sujets à discussion. » La voix douce et parfaitement teintée de moquerie de Leroy atténuait quelque peu la dureté de ses mots.



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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Sam 11 Avr 2015 - 19:40

It's all about

finding the calm
in the chaos

C'est avec la plus grande hésitation que Joy choisit maladroitement d'interpréter le minuscule haussement de sourcil de Leroy comme la preuve évidente de son amusement ; une aubaine rare qu'elle décida d'honorer par un sourire entendu. Sans doute, non, bien sûr qu'elle ne savait pas tout ce qui se tramait à l'arrière de cette boutique qui prenait pour elle des allures chaleureuses mais qu'elle imaginait facilement se transformer en cabinet des horreurs aux yeux de clients moins privilégiés qu'elle. Néanmoins, elle pouvait aisément, presque trop aisément, deviner le genre de trafics auquel se livrait son hôte. Elle aurait aimé lui dire de se méfier, de prendre garde à camoufler ses allées-et-venues chez certaines personnes dont le simple nom sonnait suspect, mais elle n'ignorait aussi pas qu'il était physiquement impossible que Leroy demeure sans défense ni plan de secours.
Cet homme était la prévoyance incarnée.

Endurcir. Le mot résonna sous son crâne en un écho presque douloureux alors que Joy réalisa la nuance à la fois mince et évidente. Endurcir plutôt que protéger. Un élan d'indignation irraisonnée la traversa, semblant animer ses mains d'un bref tic nerveux, tandis qu'elle mourrait d'envie de rétorquer : « Ce serait de la cruauté ! » Cependant, cette idée s'évanouit brusquement, laissant reposer ses doigts soudain étrangement détendues sur ses genoux pendant qu'elle paraissait envisager cette hypothèse si éloignée de sa logique familière. Il était de toute manière plus probable qu'elle et Leroy ne parviendrait jamais à s'entendre tout à fait, comme elle l'avait judicieusement évoquée et comme Leroy ne tarda pas à l'adroitement souligner. Cette facette de leur relation ne pouvait posséder que des avantages. « Je suis ravie d'apprendre que nos conversations sont pour vous stimulantes, fit-elle, taquine, prenant le risque de se juger importante. » Du moins, pas totalement insignifiante. L'idée était séduisante.

L'entendre s'excuser était un spectacle incroyablement amusant, beaucoup plus que Joy ne l'aurait d'abord cru, et c'est magnanime qu'elle reprit sa tasse afin d'en boire une gorgée, choisissant d'ignorer ce léger défaut tout en sachant pertinemment qu'il serait corrigé à leur prochaine entrevue. Bientôt, elle devrait trouver autre chose à lui reprocher.

Si Leroy pensait que Joy avait encore le courage d'être vexée par un ton un peu trop sec, il se trompait. La légère inflexion qu'il insuffla à sa voix la surprit quand même agréablement et la réponse jaillit naturellement : « Hum. Profiter de ma présence me paraît être déjà un avantage non-négligeable, je trouve, répliqua-t-elle, mortellement sérieuse, avant de laisser un sourire étirer ses lèvres et d'ajouter : Plus sérieusement, puisque nous sommes censés parler de moi et de mes petits problèmes, pourriez-vous m'expliquer pourquoi mon Patronus a changé de forme depuis que je suis sortie de prison ? » Elle regretta cette question à l'instant même où elle la posa, réalisant que la réponse de Leroy, aussi franche soit-elle, ne risquait pas de lui plaire. « Je pensais simplement que c'état une énigme à la hauteur de votre talent et de votre obstination, se dépêcha-t-elle d'ajouter comme pour atténuer le fait qu'elle était sincèrement préoccupée par ce changement inattendu. »
Un glouton, sérieusement. Elle n'était pas sûre de vouloir savoir ce que cela impliquait.


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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Ven 8 Mai 2015 - 15:07

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Ce n'était pas si compliqué de considérer Joy Jackson-Powell comme amicale. Pas tout à fait une amie – qu'était-ce donc avec les hommes et leur besoin désespéré d'avoir des amis ? - mais amicale, oui. En dehors de sa ressemblance de caractère avec Cetta, cette femme était un savant mélange de noirceur désespérée et de dynamisme solaire, une association étrange mais agréable, du poivre noir et du gingembre peut-être ? Leroy était amusé, moins sur ses gardes qu'à l'habitude, presque détendu si sa manière si raide et impeccable de se tenir pouvait le permettre.

Tout en gardant une pointe de méfiance, une petite voix qui ressemblait gentiment à de la paranoïa au fond de son esprit. On ne survit pas longtemps dans le milieu trouble qui est le sien en faisant confiance. Joy Jackson-Powell avait raison de le supposer bien protégé. En dehors de toutes ses alliances tacites avec des membres plus ou moins recommandables mais néanmoins puissants de la communauté magique, faire partie d'une famille de sang-pur aussi étendue que la sienne supposait avoir des parents proches bien placés au Ministère de la Magie. Et ce n'était pas tout, bien entendu, mais un homme se doit d'avoir quelques secrets, n'est-ce pas ?

Trempant ses lèvres dans sa tasse de thé qui avait à présent refroidi, Leroy écoutait d'une oreille faussement distraite les petites moqueries qui ne manquaient jamais d'émailler le discours de son invitée. Une pointe de citron pour relever le tout, aiguiller sans jamais chercher à blesser. C'était amusant – distrayant – de voir les précautions langagières que prenait Joy Jackson-Powell, comme s'il avait pu se vexer d'un mot de trop. Il se moquait de ce qu'on pouvait bien dire et bien penser de lui, il était seul maître de son ego, merci. Et, Joy Jackson-Powell lui posa une question qui tout de suite le fit se redresser – enfin, s'incliner lègèrement vers elle, étant déjà raide comme la justice - dans son fauteuil, l'air presque prédateur.

« C'est un domaine fascinant que celui des Patronus, une forme de magie très pure. Saviez-vous que les mages noirs ne peuvent pas produire de Patronus ? Quelque chose à voir avec la corruption de la magie, assez complexe. Mais pour en revenir à votre cas... » Son regard insondable se posa sur elle, observant, scrutant. « J'ai ma propre théorie sur pourquoi un Patronus prend la forme d'un animal plutôt qu'un autre, qui pourrait donner un embryon de réponse à votre question. » Les mots brûlaient sa langue, l'envie de s'étendre sur le sujet, d'expliquer ses recherches et ses résultats, son idée d'une forme animale d'un Patronus qui serait relatif au folklore du sorcier, d'où la recrudescence de Patronus carpe koï au Japon, de kangourou dans les terres australes, et ainsi de suite. Mais Joy Jackson-Powell attendait une réponse précise et Leroy était décidé à la lui donner. « Dans votre situation, il serait illusoire de penser que votre séjour à Azkaban n'a eu aucun effet sur votre esprit et votre manière de percevoir le bonheur, sentiment indispensable à la réalisation du sortilège du Patronus. Serait-ce indiscret de vous demander la forme qu'il prenait avant et celle qu'il a désormais ? »

Il était en suspens, son esprit affûté prêt à décortiquer, analyse, comprendre et expliquer ce nouveau mystère. Leroy était une machine de guerre lorsqu'il s'agissait de démonter mécaniquement les lois magiques pour en saisir le fonctionnement.




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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Mer 20 Mai 2015 - 19:02

It's all about

finding the calm
in the chaos

S'il y avait une chose qui continuait d'émerveiller Joy à chaque fois, c'était de pouvoir contempler Leroy alors que ses pensées se métamorphosaient en idées concrètes et que ces mêmes idées devenaient des théories qui promettaient de se transformer en solutions. Elle savourait cette chance avec la gratitude d'une femme rescapée de justesse —ce qu'elle était, d'une certaine façon, bien qu'elle s'obstinait à le nier avec un aplomb convaincant. Mais, comme osait l'affirmer Leroy d'un ton désespéramment neutre qui n'admettait aucune objection, il serait vain de continuer à prétendre le contraire. Azkaban... Les souvenirs affluèrent à la surface de sa mémoire mais elle les refoula avec une violence qui faillit l'alarmer. Si elle se sentait réellement en paix avec son passé, pourquoi le rejetait-elle alors ? Elle devrait pouvoir en calmer sans ressentir l'horrible envie de se terrer ou de s'enfuir n'importe où, mais loin, loin de ceux qui l’assommaient de question tandis que leurs esprits demeuraient figés dans l'incompréhension. Elle détestait tous ceux qui faisaient partie de cette espèce étrange ; puisqu'ils se croyaient tous permis, elle ne parvenait qu'à la retrancher davantage derrière ses défenses, comme un animal blessé. Leroy—

Leroy était différent.
Elle pensait pouvoir faire confiance à Leroy.

C'est pourquoi, au lieu de paniquer, d'inventer une excuse et de chercher à s'enfuir sans même prendre le temps de terminer sa boisson, elle se contenta d'inspirer profondément et de répondre, chassant la tentation du mensonge de son esprit comme on agite distraitement la main afin de faire disparaître une mouche de son champ de vision. Malgré l'air affamé de Leroy et sa troublante ressemblance avec un prédateur, elle choisit de suivre cet instinct qui lui dictait que sa compagnie était plus sûre que celle d'un psychomage agréé par le Ministère. L'instant d'après, c'est d'une voix calme et maîtrisée qu'elle s'adressa à l'homme à la peau parfois aussi sombre que les cauchemars dans lesquels elle baignait continuellement : « Oui, je savais que les mages noirs ne pouvaient pas produire de Patronus. Lorsque j'étais Auroril y a une éternitéje l'avais déjà remarqué. Mais je ne suis jamais posé la question de savoir pourquoi. Ce sort a toujours été un automatisme pour moi. » Sans doute n'avait-elle jamais réellement souffert avant ça. Elle avait toujours été une idéaliste, une de celles qui pensaient que les malheurs n'arrivaient qu'aux autres. Maintenant, elle sortait de prison et son père était mort.

« Je serais ravie d'écouter votre théorie, Leroy, ajouta-t-elle avec sincérité. Si mon Patronus prenait auparavant la forme d'un moineau, c'est désormais un glouton. » Comme pour donner l'impression que ses mots n'avaient aucun impact sur elle, elle but une gorgée de sa boisson et trouva le moyen de se brûler la langue. Grimaçant, elle choisit prudemment de ne rien tenter à part attendre le verdict de son compagnon d'infortune.


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ϟ LIENS : Know me ? What does that even mean ?
Know me. Know me.
Nobody knows anyone else, ever.


Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Mar 9 Juin 2015 - 0:09

Lay your head down on the grass

And tell me all of your darkest secrets
And tell me all of your deepest fears

Il y avait toujours eu de l'avidité dans sa recherche de connaissance. C'était quelque chose de primaire, d'incontrôlé, de sauvage, paradoxalement. Leroy aurait tout vendu, tout donné, tout brûlé pour l'accès à la bibliothèque renfermant tout le savoir du monde. Il aurait été le premier à mordre dans cette pomme de la connaissance dont les moldus croyants pensaient qu'elle était à l'origine de la souffrance humaine. La folie qui s'agitait parfois chez Joy Jackson-Powell, brièvement, un éclat sombre dans l'oeil, vivait librement chez Leroy, sagement rangé à la place qu'il lui avait accordé.

Moineau. Naïveté, innocence, énergie, liberté, banalité. Fragilité ? L'esprit de Leroy s'activait, comparait, recherchait à l'intérieur de ses propres bibliothèques des occurrences lointaines. Ses yeux noirs étaient presque perdus dans le lointain, signe qu'il n'était plus tout à fait présent, un pied entre le monde extérieur et son monde interne. Un frémissement de sa bouche et il revient à la réalité de sa discussion avec Joy.

« Un automatisme, oui, la formule n'est pas mauvaise. Voyez-vous, je conçois le Patronus comme un mécanisme de défense presque primaire contre la magie noire, bien que le sort ne soit pas à la portée du premier venu. Le Patronus est une émanation de notre conscience, la forme qu'il prend est donc lié à notre propre capacité à réagir face à la magie noire. »

Il y avait quelque chose d'amusé dans la voix de Leroy lorsqu'il prononçait le terme de « magie noire ». Un Détraqueur était une créature profondément sombre à n'en pas douter, mais il avait pour sa part toujours trouvé enfantin de chercher à diviser systématiquement la magie en opposant l'ombre et la lumière. La réalité de la magie était bien plus complexe que cela pour qui aimait l'étudier. Son regard se posa sur le visage de Joy Jackson-Powell, impassible.

« Il n'y a bien sûr, jamais de réponses définitives lorsqu'on s'interroge sur des questions de symbolisme, mais je peux vous dire qu'un Patronus n'est jamais négatif. Peu importe la forme, gracieuse, disgracieuse, ridicule ou honteuse, il est avant tout là pour protéger et garder le sorcier qui l'a invoqué. Je peux comprendre le choc de passer d'un moineau à un glouton cependant. »

Une pause, Leroy se redresse légèrement dans son fauteuil massif.

« Savez-vous pourquoi le glouton a une mauvaise réputation ? Il est l'un des animaux les plus féroces du règne animal parce que son instinct de survie est extraordinairement développé. Facilement diabolisé parce qu'il veut vivre, cela laisse à réfléchir, n'est-ce pas ? »

Il n'y avait rien d'étonnant à ce que Joy Jackson-Powell, son esprit du moins, après avoir côtoyé l'enfer d'Azkaban modifie sa perception de la défense, de la protection. Là où un moineau avait suffi, les épreuves subies avaient prouvé qu'il n'était plus à la hauteur. Leroy supposait que vivre au contact fréquent de la magie sombre provoquait régulièrement des changements de Patronus. Les collègues Aurors de Jackson-Powell les plus endurcis avaient probablement eux aussi expérimentés le passage d'un Patronus inoffensif à quelque chose de moins innocent.

Quant à la signification de son propre Patronus alligator, Leroy préférait ne pas trop y songer.



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Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy
MessageSujet : Re: Et que l'oubli est doux en ces contrées si froides || Pv Joy Mer 1 Juil 2015 - 17:14

It's all about

finding the calm
in the chaos

« … la forme qu'il prend est donc lié à notre propre capacité à réagir face à la magie noire, acheva Leroy d'un ton professorale. »

Malgré elle, malgré tous ses efforts pour accepter l'idée que Leroy ne se sentait pas limité par les questions de morale ordinaires, Joy se sentit atrocement gênée, pire que ça même, mortifiée alors qu'il prononçait les mots « magie noire » avec un amusement indubitable. Comme si ces termes n'étaient pas utilisés pour désigner des sortilèges, des rituels et des incantations aussi immondes qu'horrifiants… Elle avait vu ce type de magie à l'œuvre. Sa terreur lui était inspirée par l'habitude. Elle frissonna en se remémorant les cadavres défigurés, les sorts capables de dégâts que l'esprit refusait instinctivement d'imaginer et les sourires fiers de leurs auteurs. Elle secoua distraitement la tête et ses cheveux bruns balayèrent ses épaules alors qu'elle chassait les images de son passé.

Son scepticisme était profondément ancré en elle, cependant elle trouva séduisante la pensée qu'un Patronus ne puisse être une émanation négative. Un sort conçu pour protéger… Elle ne connaissait pas de fonction plus noble. « Je vous remercie de ne pas invalider mes sentiments, déclara-t-elle d'un ton tranquille. D'autres que vous n'auraient pas hésité à qualifier de futile ces préoccupations. » Mais elle n'ignorait pas non plus que Leroy était unique en son genre : il disposait d'une âme ouverte au champ des possibles. Il allait chercher une étincelle de savoir même dans les recoins les plus sombres. Un sourire illumina brièvement son visage alors qu'il continuait de lui offrir ses hypothèses sous la forme d'un flot de paroles irrésistibles. « Je crois que je commence à comprendre… »

Elle sortit sa baguette d'un geste lent et prononça la formule. Les mots étaient inscrits en lettre de feu dans son esprit. Presque aussitôt, un glouton jaillit et virevolta à travers la pièce, laissant derrière lui des volutes de fumée blanche. Il s'évapora, sa bouche esquissant un ricanement silencieux, en arrivant à la hauteur de Leroy, comme si le grand homme était plus effrayant que tous les Détraqueurs du monde. Joy afficha une mine désabusée. « Pourquoi est-il plus facilement de les faire apparaître alors qu'aucune menace n'est en vue ? Ce sort est fascinant, n'est-ce pas ? Il répond à des règles uniques auxquelles ne se soumettent pas les autres sortilèges. » Elle releva la tête et croisa le regard de son ami, bien que la définition communément admise de ce mot peinait à décrire leur relation. « Son efficacité s'éprouve dans l'adversité. Je crois que je vais pouvoir me réconcilier avec ce glouton, même si je ne vois pas en quelles occasions je pourrais faire appel à lui désormais. »

Elle repoussa d'une main légère sa tasse vide. Un Tempus informulé lui indiqua l'heure et elle fit mine de se relever. « J'imagine qu'il serait indiscret de vous demander ce qu'incarne votre propre Patronus, Leroy. De plus, l'heure est écoulée. Je dois y aller. J'ai promis à Tess de passer le reste de la journée avec elle. Attendez une seconde… » Elle saisit un stylo et écrit rapidement une adresse à l'arrière sur la page d'un petit carnet qu'elle déchira sans montrer la moindre hésitation. Elle la tendit ensuite à Leroy. « C'est ici que je travaille. Au Deus. Si un jour, vous ressentez l'envie de vous détendre ou même de danser » Coup d’œil équivoque. « Faites-moi signe et je vous ferais entrer. » Sans lui laisser le temps de protester, elle lui fourra de force le papier dans la main avec un sourire qui irradiait d'une détermination presque effrayante.



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