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Disaster of indifference. ♦ Shukar
MessageSujet : Disaster of indifference. ♦ Shukar Jeu 24 Juil 2014 - 13:26


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NOTHIN TO ME


Ardeur torride d'un été caniculaire. Vent rugissant d'une trombe moite de chaleur. La soif & l'accablement m'ont mené aux trois balais. Mon fessier posé sur une chaise, je sens une brise agréable entraînée par les fenêtres grandes ouvertes. Les rideaux tirées ondoient comme des serpents de satin et de velours, méandre de tissu ravivé de lumière. Mon regard d'encre se poste autour de moi, vifs comme ceux d'un oiseau. Une chope de biérraubeurre glacée repose devant moi ; de fines gouttelettes de condensation coulent le long du bois orné de gravures, comme les larmes d'une entité estivale. J'en bois une gorgée ; le liquide frais glisse dans ma gorge, désaltérant, son goût vaguement sucré contrastant avec l'amertume de l'orge.

Le lieu est quasiment désert. Ce qui m'a amené ici sont des affaires personnelles - concernant le quidditch, à dire vrai. L'abandon d'un bar aussi peuplé habituellement a de quoi déconcerter, mais cela me paraît évident et rassurant. Cette saison est de loin ma préférée entre toute - j'aime le soleil, ses rayons stellaires et chauds, l'herbe fraîche, les arbres aux bourgeons éclos, les vacances. C'est tout simplement prodigieux, et cela me met de bonne humeur. Mes doigts courent sur le bois de mon bock, la pulpe exaltée au contact de la buée légère. Ma langue indélicate vient frôler mes lèvres pour les humecter, et enfin, mes prunelles sombres se posent sur Madame Rosemerta, assise plus loin. Elle s'occupe en rangeant un peu. Un sourire flotte sur ses lèvres, tourné dans ma direction, sonore cri d'un salut amical. Fragrance d'autrefois. Je l'ai aimée, fût un temps, temps d'adolescent, penchant fugitif aussi vite fané qu'il n'a germé. « Bonjour, Rosemerta. » « Quel bon vent t'amène, Oz ? » « Celui d'un été accablant, de toute évidence. »

Bavardage insipide. Paroles ondulant dans l'air sans aucun contenu. J'apprécie Rosemerta, tout comme elle doit sûrement m'apprécier. Mais tout cela s'arrête là. Je hoche la tête quand elle finit notre petite discussion monotone, et nous retournons à nos occupations, à savoir le ménage et le repos. Dans le sac de cuir, posé sur ma chaise voisine, se trouvent du matériel de qualité pour mes balais. Je bois encore une rasade de biérraubeurre. Mon visage est pensif, sans aucun sourire. Il est rare que sur mes lèvres fines apparaisse l'étirement des lèvres si commun aux humains. Je ne suis pas d'une nature très douce, et mon être n'est pas exactement un modèle de bonhommie. Grand bien fasse à ceux qui se plaisent aux bêtises & aux pitreries. Je considère mes doigts. Songe d'un souvenir, réminiscence immédiate, aussi flagrante que brutale. Des plumes ont poussés sur ces phalanges. Des os se sont modulés selon mon bon vouloir, sous cette peau moite de sueur. Je ferme mes paupières, cillant vers l'inconnu de la pièce. Je me souviens de l'étrangeté de la chose. Moment d'effort ; agissement d'autrefois.

J'avais tenté, tout jeune que j'étais, une métamorphose sur moi-même. Cela avait partiellement réussi. Mon bras droit était devenu l'aile gigantesque d'un aigle. Fierté. Dignité. Toutes ces émotions traversaient le filtre de mon esprit pour ne devenir que des miettes d'un temps révolu. A quoi cela servait-il de méditer sur un acte passé ? « Bonjour. » Le salut de Rosemerta me tire de mes rêveries, mélancolie anesthésiée. Je redresse les yeux, pour observer la silhouette qui vient d'entrer. Tétanie d'horreur. Dédain réprimé. Consternation qui me broie les entrailles. Car je connais la jeune femme qui vient d'entrer. Elle n'existe plus, à mes yeux, et pourtant la voilà. Vivante et réelle, d'une tangibilité déconcertante.

Personne ne doit abandonner. Jamais. Fuir ne résout jamais rien, et la désertion est à mes yeux la pire des traîtrises. Et voilà qu'ondule devant moi l'allure familière d'une ancienne élève. Shukar. Celle qui a renoncé. Mes traits se durcissent en un air impitoyable ; durant quelques secondes, mon regard brutal me donne le visage d'un aigle, carnassier et farouche. Que fait-elle là ? Pourquoi devrais-je m'y intéresser ? Interrogations inutiles : je ne compte absolument pas les lui poser. Cette jeune femme n'est plus de ma famille. Cette ancienne Serdaigle, sous ma garde, a préféré la défaite à la survie. Je sens mon sang charrier ma colère, mais je la retiens. Je n'ai aucun droit sur elle, et je ne voudrais même pas en avoir. Je ne la possède pas. Je l'ai conseillée, fût un temps. Voilà ce à quoi tout cela nous a mené. Contrariété aussi brûlante que l'astre solaire au dehors. La voir me brise le ventre. Je ploie une seconde l'esprit, tordu d'incertitude, avant de détourner le regard. Indifférence violente. Furieux détachement. Je ne désire même plus la voir. Je détourne le visage pour épier le ciel, vaste étendue d'un bleu douloureux. Non, elle n'existe plus. Mais moi, est-ce que j'existe encore, dans son monde à elle ?

Le goût de ma boisson a laissé place à une amertume écoeurante. Je me sens toujours trahi par ses faits. Elle a abandonné sa famille, les Serdaigles. Elle a délaissé ses études. Je sais qu'elle avais des ennuis à l'époque. Mais peu importe les écueils, je pensais lui avoir appris à être plus volontaire. J'envisageais l'avoir sortie des abysses dans lesquels elle était enfoncée. Griffure paradoxale, morsure d'une trahison sans précédent. Elle tourne le dos. S'en va en courant. Incompréhension, puis farouche rage. Personne ne doit abandonner. Jamais. C'est de sa faute autant que de la mienne. Mais c'est son échec qui nous souille tous les deux. Tâche obscure dans mon esprit, hantant mes rêves à l'agonie distendue. Jamais elle ne pourra m'enlever cette impression de faute. Et c'est ce qui me met en colère contre elle - son abdication me touche. Un peu, comme une piqûre d'aiguille. Mais ça m'a blessé. La plaie n'a pas cicatrisé, elle est encore vive et cruellement acéré. Je serre les dents - j'avais cru, un instant, qu'elle avait dépassé tout ce qu'elle était. Qu'elle était devenue plus qu'elle-même, que Shukar avait franchit la ligne. C'était exact. Mais pas la bonne frontière.

Mes doigts s'enroulent autour de l'anse de bois. Le toucher frais et grumeleux me rappelle à la réalité et je chasse ma mémoire nostalgique. Idioties que tout cela. Le présent est déjà assez enchevêtré comme cela, nul besoin d'y ajouter les fils d'une histoire révolue.



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Disaster of indifference. ♦ Shukar
MessageSujet : Re: Disaster of indifference. ♦ Shukar Jeu 24 Juil 2014 - 15:46

image Kemp Muhl au cimetière

I see my pretty face in his old eyes
I listen to our blood run side by side
I throw my hands to you I runaway
Its so cold so dangerous that I cant stay
I runaway from you

Une goutte de sueur perle sur le front de la jeune femme. Elle soupire et s'assied dans la salle des employés. L'horloge avance au ralenti tandis que les clients, eux, semblent s'accumuler. Avoir affaire à de gros groupes pour visiter le musée la rend moins passionnée, la rend moins précise. Comme si, comme elle apportait plus de connaissances à plus de gens, et moins ils pouvaient avoir. Fainéantise ? Non, pas vraiment. Elle avait juste à devoir gérer des enfants qui n'étaient pas gérés par leurs parents et qui criaient partout en touchant toutes les œuvres d'art. Elle avait dû appeler du renfort car elle n'avait pas su gérer cet incident. Se sentant malgré tout fautive, du haut de ses dix-sept ans, la jeune femme s'était retirée un instant pour aller boire un verre d'eau. Elle était épuisée, et elle n'avait plus envie de voir personne. Elle termina sa journée, pourtant, parce qu'elle avait besoin de conserver ce poste, encore un petit peu. Même si ça faisait deux mois qu'elle travaillait là, elle appréciait. Comment ne pas apprécier un tel terrain de jeu, de connaissances et de culture ?! La jeune fille récupéra sa veste sur le porte manteau, bien que cette dernière lui soit inutile, et fit la bise à tous ses collègues avant de s'enflammer dans la cheminée. Pré-au-Lard. L'année scolaire étant à présent terminée, les élèves de Poudlard étaient lâchés dans Londres et ailleurs, risquant de compromettre sa couverture. Retour aux origines, retour à ce qu'elle appelait le Royaume de Poudlard.

Elle détacha ses cheveux malgré la chaleur étouffante. Elle retira une fausse paire de lunettes qui tombait sur son nez. Elle prit sa baguette pour prononcer quelques mots, le bout pointé vers son visage. La couche de maquillage qui couvrait sa peau et protégeait son identité se craquela et tomba dans une pluie de poussière. Quelques grimaces l'aidèrent à décoincer ses traits, les vrais, qui la caractérisaient et elle poussa la porte de chez Rosmerta, sans attendre une seconde. Elle avait enchaîné les gestes, par habitude, mais également par efficacité. Elle se dirigea droit vers le comptoir, ne faisait pas réellement attention aux gens qui étaient présents. Pourquoi tenir compte des mêmes habitués qui buvaient dans leur coin ? Même les gens de passage qui s'arrêtaient ici étaient plutôt inintéressants, de son avis. Bonjour. La jeune fille sortit quelques pièces de sa poche et les posa sur le comptoir pour compter plus aisément. 1 gallion, 6 mornilles et 3 noises. La jeune fille se tâta, regardant la carte écrite sur un tableau noire. N'importe quoi de très rafraîchissant. Elle parcourut la liste des yeux. Timidement, la jeune fille interpella Rosmerta. Un Rhum fraise rhubarbe, si vous avez ... Bien sûr ma jolie. Merci. Elle paya en monnaie exacte et prit place sur un tabouret au bar. Elle releva la tête et fixa Oswald qui la fixait déjà. Elle hocha la tête pour le saluer poliment. Et un mince sourire, agaçant, prétentieux et provocateur pour enrober le tout. Monsieur Cuir-moustache, ça fait un moment qu'on ne s'était plus croisé.
De minces souvenirs refaisaient surface tandis qu'elle tentait de les retenir, enfuis au plus profond d'elle-même. Ce bureau, imposant, oppressant, écrasant. Ce professeur, quelques années de moins qui ne le changeaient pourtant pas un brin. Il avait ce quelque chose dans le regard qui imposait l'autorité. Shukar n'avait jamais été une élève causant des troubles. Et pourtant, elle s'était retrouvée dans ce bureau, à plusieurs reprises. Sous son regard à la fois interrogateur, à la fois perçant qui semblait la démolir. Il avait été plutôt sec même s'il avait tenté de l'aider. Tes résultats. Ta moyenne. Blablabla. Tu vas bien ? Shukar, regarde moi. Tout va bien ? Blablabla. Tes amies s'inquiètent. Ses yeux s'étaient couverts d'un voile de buée. Elle tourna la tête, refusant de lui montrer sa faiblesse. Parce que oui, la faiblesse, il ne pouvait pas la tolérer. Tu as besoin d'aide. Blablabla. Monsieur Cabble. Blablabla. Te faire aider. Blablabla. Et ce sentiment partagé qui grossissait en elle. Merci de m'aider, non-merci de vos remarques. Je comprends pour ton père. Il avait prononcé une phrase qui avait sonné comme ça dans sa tête. Elle se souvient ne pas avoir réagi, parce qu'elle était trop faible, trop fragile, trop respectueuse pour le faire. Et elle avait haï sa faiblesse.

A la mort de son père, elle était effondrée. Elle ne mangeait plus, elle ne parlait plus, elle passait ses journées perdues dans le tréfonds de ses pensées, à écrire des lettres que beaucoup ont pensé qu'elle n'envoyait pas. Elle était là mais elle ne vivait pas, n'existait pas. Sir Nicholas semblait plus animé par la vie que la minable image d'elle qui traversait les couloirs de Poudlard de façon mécanique. Elle se souvient que sa chute fut rapide et que son état ne s'améliora pas en trois ans. Et un jour, soudainement, sans crier gare, elle s'était relevée. Un coup porté par le plus cruel de ses bourreaux l'avait fait réagir. Et elle ne s'était plus laissé faire. Jamais.
Poudlard n'avait jamais été sa maison. Poudlard avait été un terrain où elle avait toujours perdu quelque chose, année par année, sans faire de quiddich pourtant. Première année, sa soeur, oubliée dans le monde moldu. Deuxième année, son père, décédé ou assassiné sans plus de détails. Troisième année, sa joie de vivre. Quatrième année, sa chance de vivre une adolescence normale. Cinquième année, sa crédibilité. Sixième année, ses amis, définitivement. Sous le regard et la protection d'adultes qui n'avaient jamais réussi à la faire aller mieux, ne serait-ce de lui faire sortir un petit sourire. Non, on lui avait collé un fantôme qui ignorait sa mort en guise de psychomage, et un homme implacable qui abhorrait la faiblesse de ses élèves. Un duo on-ne-peut plus décevant, aux yeux de la Shukar d'aujourd'hui. L'éducation n'avait-elle aucune valeur à leurs yeux ?

Sur l'instant, elle le haït. Et puis elle se rappela à quel point elle n'avait pas réellement été une élève ordinaire. Elle abandonnait vite, oui. Elle était souvent totalement dépassée par ses émotions. Elle aimait la vie, même si celle-ci ne semblait l'avoir jamais aimé. Elle sentait sa volonté faiblir devant ce qu'elle considérait être comme impossible à résoudre. Elle était lâche, oui. Elle l'avait toujours été. Ses masques, ses différents personnages, sa façon de fuir l'humanité et de lui mentir le prouvaient. Mais elle ne voyait pas comment affronter la vie de face. Elle ne voyait pas comment se tenir sur ses deux pieds, fière, quand son monde s'effondrait autour d'elle. Si elle voulait tenir, elle devait se détacher, méditer, contourner les problèmes au lieu de les résoudre vraiment. Elle pouvait le faire, elle était intelligente et elle savait s'adapter. Après tout, elle avait juste l'impression de n'être personne, donc de pouvoir être tout le monde.

Voilà. Rosmerta déposa le cocktail devant Shukar sur une petite serviette pour éviter de noyer le bar. Merci Rosmerta. C'est exactement ce qu'il me fallait. Sous-entendu bien placé prononcé assez fort pour être entendu. Seigneur, qu'est-ce qu'elle le haïssait de l'avoir laissé devenir comme ça.
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MessageSujet : Re: Disaster of indifference. ♦ Shukar Mar 19 Aoû 2014 - 12:09


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La silhouette volatile écrase ses mots sur moi. Cuir moustache, hm ? Je ne tique pas, mes doigts toujours entrelacés à l'anse de ma chope. Je garde mes prunelles sombres rivées devant moi - je me refuse à la regarder. Et pourtant, je sais bien que je vais devoir le faire. Parce que je ne suis pas impoli, que ce ne sont pas des choses qui se font que d'esquiver ses interlocuteurs du regard. Oui, cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas croisés. Et pour cause - elle avait abandonné. Cette pensée ne cessait de me hanter. Depuis son départ, je remettais en cause tout mon être - avais-je tout fait pour l'aider ? Avais-je failli quelque part ? J'étais certain d'avoir fait tout mon possible, et son choix m'avait glacé de l'intérieur. Nos yeux se trouvent, se heurtent dans un fracas silencieux et insolent. Elle me semble plus pâle qu'autrefois, à moins que ce ne soit une impression. Je savais qu'elle avait vécu des choses horribles, mais cela n'excusait rien. Elle s'était relevée de ce bazar qu'était sa vie pour mieux tourner le dos à ceux qui lui voulaient le plus de bien.

Finalement, nos prunelles se détachent, comme deux entités qui se repoussent. J'entends ses paroles ; elle ne me touchent pas, pas vraiment. Mais la voir a réveillé en moi la brûlure douloureuse de la culpabilité. Et même si elle n'a plus aucun respect de ma part, si mon estime pour elle a disparu le jour où elle a quitté Poudlard, je me sens le devoir en tant qu'ancien professeur de m'intéresser à ce qu'elle est devenue. Ce qu'il lui fallait, exactement, tout comme il lui fallait quitter Poudlard à ce moment là, hein ? Pour une fois, je retiens mes paroles, conscient de leur dureté. J'en choisis d'autres, moins brutaux et violents. Mais cela me prit quelques minutes ; la douceur n'avait jamais été mon fort. Je ne voulais pas mentir - je ne pouvais décemment pas dire que j'étais heureux de la voir. Que dire, alors ? Nos propres venins risquaient de nous toucher l'un l'autre. « Toujours vivante, Shukar ? Je suis curieux de savoir ce que tu deviens ; quitter Poudlard en pleine année n'a pas dû être facile. »

Oui, c'est le plus doux que j'ai trouvé. Plein de reproches ; plein d'un poison fielleux que je n'ai pu empêcher de sourdre. Je soupire, dans ma barbe, le regard baissé sur ma chope à moitié vide. Je ne suis pas exemplaire pour les relations avec les élèves ; pourquoi a t-il fallu que je la revois, elle ? Je n'ai qu'une envie, m'en aller. Je voudrais pouvoir me lever, partir ; ne plus avoir à faire face à cette culpabilité. Pourtant, je le mérite. Si elle est entièrement fautive de son choix, je dois sûrement avoir une part sombre de responsabilité là-dedans. C'est ce qui me tue le plus - l'idée que peut-être, elle aurait pu rester. Rosemerta s'est de nouveau éloignée ; elle nous lance de petits regards curieux, de ceux aussi qui préviennent qu'il n'y a pas intérêt à mettre le bazar dans son pub. Je n'ai pas la force de sourire. Je passe ma paume de main sur ma chemise jaune, puis dans mes cheveux. Mon malaise est visible ; je soupire de nouveau puis je prend une décision. Peut-être pas forcément la meilleure, mais au moins je me décide. Ma chope à la main, je viens poser mon postérieur à deux places de celle de Shukar. Assez loin pour éviter qu'elle ne crois que je l'ai pardonné. Mais mon intérêt sur ce qu'elle est devenue est réel, palpable. Elle était mon élève ; même si je la déteste, même si j'essaye de ne pas la haïr si fort, j'ai toujours un certain devoir envers elle.

« Tu a l'air fatiguée. »

Une simple phrase. Presque gentille, presque charmante. Sauf qu'elle est dite avec ma voix : grave, rocailleuse. Et cela passe tout de suite pour un reproche, alors que ce n'en est pas un. Je retiens un nouveau soupir - moi qui avais espéré me reposer un peu et finir mes emplettes, me voilà bien mal parti sur la voix du repos. Qu'est-ce qui me retient ici, exactement ? Elle. Notre passé commun. Son erreur. Je ne peux pas la faire réintégrer Poudlard, je ne peux rien effacer, mais elle est là, vivante. Peut-être y a t-il quelque à tirer de cette situation inattendue ?

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Disaster of indifference. ♦ Shukar
MessageSujet : Re: Disaster of indifference. ♦ Shukar Sam 20 Sep 2014 - 12:23

image Kemp Muhl au cimetière

Into your dream I lose the one
That I was in when you to be
That I could never be my friends
Again I thought I touched them but I can't feel the pain in your dream


Elle siffle le quart de son rhum fraise rhubarbe en une fois. Pourquoi avait-elle l'impression d'être toujours son exact opposé, en compétition indéniable ? Était-ce le personnage et son regard accusateur qui la poussait à le contrarier, à se différencier de l'image qu'il lui donnait ? Elle n'imaginait pas du tout que ça pouvait renforcer cette dernière, au contraire. Chaque geste était un peu plus pire que le précédent. Cuir Moustache - ou le surnom qu'elle avait fini par lui donner sans très grande maturité - la sondait et bien qu'elle n'aimait pas ça, ça la rassurait de voir son ancien directeur s'intéresser un peu à elle, et à ses dernières conneries. A Poudlard, elle n'avait jamais été une élève à réprimander sur son comportement à partir de sa troisième année. Auparavant, elle avait été une petite peste, haute en couleurs, mais qui révélait surtout son caractère et sa joie de vivre. Passer d'un extrême à l'autre. Ça résumait un peu sa courte vie, dans le fond: des éclats de rire aux larmes. Comment passer de 0 à 100 kilomètres-heure en un battement de cils.
Et elle battit des cils à son intervention. « Toujours vivante, Shukar ? Je suis curieux de savoir ce que tu deviens ; quitter Poudlard en pleine année n'a pas dû être facile. » Elle tourna sa paille dans son verre et haussa les épaules. « Vous doutiez de mes capacités à m'accrocher, peut-être ? » La jeune fille marqua une pause, où elle ne put s'empêcher d'esquisser un mince sourire. « C'est Poudlard n'a pas été facile. Ce fut un soulagement de le quitter enfin. Mais je doute vraiment que ma vie vous intéresse, vous n'êtes pas obligé de le feindre avec moi. » Une moue un peu vexée mais elle s'en remettra. Ce n'était pas son regard modéré qui allait la briser.

Il change de tabouret, se rapproche, ouvre la discussion et montre un peu plus d'intérêt. La jeune fille ne réagit pas. Du coin de l’œil, elle remarque sa pinte à moitié vide. Elle ne l'imaginait pas boire de l'alcool. Mais sa présence la rassure un peu. Il était celui qui allait la sermonner et la remettre dans le droit chemin. Il était celui qui allait lui faire comprendre qu'elle faisait tout de travers. Il allait lui ouvrir les yeux. C'était son métier, après tout. C'était comme un devoir, comme une obligation pour lui de vérifier que ses élèves allaient bien et, surtout, ne souffraient d'aucune séquelle de son adolescence. « Tu a l'air fatiguée. » Elle lève les yeux au ciel. Oui, elle était fatiguée, elle venait d'enchaîner une longue journée. Elle était tendue, elle était malheureuse, elle était tout ce qu'il voulait qu'elle soit: mal. Elle sentit les larmes monter en elle mais elle n'était pas prête à pleurer si tôt dans cette conversation. Alors, elle serra les dents et baissa la tête pour rependre une gorgée de sa boisson. Cette dernière lui réchauffait le gosier et semblait la renforcer un peu. Non pas qu'elle avait besoin de cet alcool, mais qu'elle avait une question à éviter, et elle voulait se donner du temps avant de ne pas fondre en larmes. La jeune fille leva les yeux pour les planter sur son ancien professeur et de répondre sèchement, totalement sur la défensive. Oui. Je ne suis pas en vacances, personnellement. Et mon travail ne consiste pas à devoir feindre d'aider des adolescents ... ça serait trop facile. Donc oui, je m'épuise et je sue pour mon boulot. Bien sûr, elle exagérait la comparaison. Tenir une classe d'adolescents indisciplinés ne devait pas être aisé tous les jours. Mais son parcours de vie l'empêchait de pouvoir dire qu'Oswald avait été exemplaire. De son sentiment, elle aurait voulu qu'il soit plus ceci, moins cela. Mais elle ne pouvait façonner les gens et attendre qu'ils réagissent de la bonne manière. Elle espérait un peu trop. Elle en demandait un peu trop. Mais son cas aurait requis plus d'attention, non ? Il aurait dû déployer plus de moyens. Pour ne pas qu'elle s'échoue de la sorte.
Mais elle n'avait fait que respecter l'avenir que lui donnait la plupart des gens: échouer. Elle n'avait pas cherché à se débattre. Elle avait préféré attendre que cela passe. Personne ne lui avait dit qu'elle attendrait toute sa vie. Parce qu'on ne prend que ce qu'on se donne. Parce que la vie ne nous fera pas de cadeau. Elle nous envoie seulement des cadeaux empoisonnés.

La jeune fille avait envie de se lever. Elle avait envie de ne plus voir sa moustache s'agiter sous son nez. Elle avait envie de se rouler en boule dans le fond de son lit, et de crier en mordant dans son oreiller. Elle voulait une vie normale, elle voulait des amis avec qui s'amuser. Mais elle était trop perdue et pourtant tellement lucide. Elle savait qu'elle ne connaîtrait pas le bonheur avant longtemps. Elle savait qu'elle ne vivait pas vraiment mais se contentait de survivre sur le moment, de se maintenir en vie. Elle essuya une larme sans honte. C'était son combat contre le monde, et personne n'était à ses côtés. Elle n'imaginait pas non plus se rendre et se placer du côté de tout le monde. Baisser les armes pour qu'on la frappe à terre, encore ? Jamais.

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MessageSujet : Re: Disaster of indifference. ♦ Shukar Lun 1 Déc 2014 - 10:14


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NOTHIN TO ME


Pourquoi dois-je me battre contre une de mes anciennes élèves ? C'est pitoyable. Et pourtant, nous sommes là à nous affronter comme deux animaux aux abois. Sauf qu'elle a abandonné. Cette phrase, cette idée ne veut pas mourir. Et même si la demoiselle disparaissait, ce fait resterait là. Les faits ne meurent pas, ni les idées d'ailleurs. J'avais toujours haï ceux qui lâchaient prise ; Shukar avait lâché, ouvert grand ses mains plutôt que de s'accrocher. Alors, quand elle répliqua, je retins un rire nasal, narquois. « Vous doutiez de mes capacités à m'accrocher, peut-être ? » Je ne doutais pas. J'avais été surpris, même. Je n'avais pas imaginé qu'elle laisserait tout en plan ainsi. « C'est Poudlard n'a pas été facile. Ce fut un soulagement de le quitter enfin. Mais je doute vraiment que ma vie vous intéresse, vous n'êtes pas obligé de le feindre avec moi. » Sur ce point, elle a tord. Son visage expressif me lance une moue vaguement vexée. Je passe le bout de mon index sur le verre, formant un léger tintement cristallin, avant de répondre de ma voix basse et grave, moins sèche qu'à son accoutumée (mais loin de la possible douceur dont je suis capable parfois) : « Si vous vous rappeliez correctement vos années de Poudlard, vous sauriez que je ne feins jamais. Et que je suis toujours terriblement honnête. » C'était ma façon de lui dire, maladroitement, que sa vie m'intéressait. Oh, certes, elle n'était plus rien à mes yeux, et j'aurai dû l'ignorer. Mais malgré l'incendie de tous mes espoirs, quand elle était parti, ma conscience prévalait sur mes émotions. Cette femme avait l'air réellement épuisée, tant moralement que physiquement. J'en fis la remarque, sans réaliser combien dire ce genre de choses à quelqu'un du sexe féminin pouvait ressembler à une insulte.

Elle avait été une des miennes. Peut-être était-ce la raison de mon acharnement. Elle ne reviendrait pas ; elle était partie ; elle ne me respectait sûrement plus. C'était peut-être là la différence : même si elle représentait pour moi une honte, une parcelle de culpabilité, je voulais encore la respecter. Au moins comme femme, si ce n'était comme ancienne élève. « Oui. Je ne suis pas en vacances, personnellement. Et mon travail ne consiste pas à devoir feindre d'aider des adolescents ... ça serait trop facile. Donc oui, je m'épuise et je sue pour mon boulot. » Je haussais les sourcils, seule marque du sentiment que je ressentais : j'avais l'habitude qu'on s'en prenne à moi, des adolescents idiots qui passaient leurs journées à me lancer des quolibets j'en avais des tas. Mais de la part de quelqu'un pour qui je m'inquiétais ... Je fronçais le nez, les mâchoires serrés. « Vous me décevez encore une fois, mais vous êtes ainsi, n'est-ce pas ? A parler à tort et à travers. A laisser vos paroles s'échapper de votre bouche, sans trop y réfléchir avant ... » J'avais encore tant de mots à prononcer ! « Miss Bheng, j'ai réellement fait de mon mieux avec vous. J'aurai voulu pouvoir vous aider à finir Poudlard, être un soutien pour vous. Il semblerait que, au vu de la situation, nous ayons échoués et v- » Mes paroles s'étranglent dans ma gorge, quand je remarque son geste. Elle essuie sa joue ; une larme ? Là, mon visage est trop expressif, mais je ne peux retenir ma surprise. Je me savais indélicat, malhabile dans mes propos, blessant parfois sans m'en rendre compte. Mes lèvres furent closes, mon regard vacillant. Quelque chose en moi remuait, et je détournais le regard, peut-être par lâcheté pour ne plus voir le mélange de lucidité chagrine et de force dans les yeux de la demoiselle. « Parlez-moi de vous. De votre travail, d'après Poudlard. Ce que vous voulez. » Même si je n'étais guère poli, j'avais modulé ma voix pour en faire que question plutôt qu'un ordre. Je n'avais guère le droit de lui en donné, et je n'en avais pas envie non plus. Peut-être que je m'étais trompé sur son compte ? Peut-être qu'elle n'avait pas vraiment abandonné, qu'elle continuait à lutter ? De toute façon, la vie elle-même était un combat sans fin. Tout à mes pensées, je finis ma chope et en commandai une seconde. Je n'avais pas été à la hauteur, et aujourd'hui encore je le démontrai. J'aurai dû faire quelque chose de plus. J'essayais de me détourner de ces pensées inutiles : qui sait si ça n'aurait pas empiré les choses, poussé Shukar à partir plus tôt ? Rien n'était sûr, dans le passé ; c'est au présent que je pourrais changer les choses. Je glissai lentement mon regard d'onyx sur mon ancienne élève. Je la fixais simplement, sans animosité ni amitié. Une neutralité parfaite. J'avais envie de lui donner une seconde chance, mais Oswald Blueberry n'en donnait jamais. Oswald Blueberry refusait de retourner dans le passé, de tendre une main à quiconque l'avait dédaigné une fois déjà. Oswald Blueberry était un sacré coincé droit et honnête, qui avait une peur constante de l'abandon. Oswald Blueberry était un con.

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© FICHE D'APOLLINA POUR LIBRE GRAPH
   

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stop crying your heart out
You are the port of my call, you shot and leavin' me raw, now I know you're amazing. 'Cause all I need is the love you breathe, put your lips on me and I can live underwater ☆ underwater ~ By infinite

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ϟ ÂGE : 21
ϟ FONCTION : guide au Musée (temporaire)
ϟ AVATAR : Charlotte Kemp Muhl


ϟ LIENS : fake friends and others hypocrisie

Disaster of indifference. ♦ Shukar
MessageSujet : Re: Disaster of indifference. ♦ Shukar Lun 26 Jan 2015 - 14:23

image Kemp Muhl au cimetière

They want to take me but I will hide from them
I use my pretty face to find my way to him
I runaway from you
Into your dream I lose the one
That I was in when you to be
That I could never be my friends
Again

Le regard des autres n'avait jamais réellement eu d'impact sur elle. Enfin, ça, c'était avant. Maintenant, elle s'en souciait. Il n'y avait cas voir ses costumes, ses apparences et ses choix. Elle eut plus facile à quitter Poudlard que prévu parce qu'on la regardait d'une façon qu'elle désapprouvait. Comment leur faire comprendre qu'elle était plus que ce fantôme qui avait erré ? Très simple, en partant pour construire quelque chose et pour revenir, et enfin leur dire Voilà de quoi je suis capable. Ce n'était évidemment pas la seule raison pour laquelle elle avait pris la porte sans se poser plus de questions. Mais ça avait été l'un des arguments les moins difficiles à trouver. « Si vous vous rappeliez correctement vos années de Poudlard, vous sauriez que je ne feins jamais. Et que je suis toujours terriblement honnête. » Elle haussa les épaules. Non, elle n'était pas réellement présente durant ses années à Poudlard. Elle avait également l'art de trouver des mensonges là où il n'y en avait pas et c'était certainement sans mal qu'elle avait dû le trouver hypocrite, et par la suite, ne pas le laisser l'aider. Néanmoins, elle voyait qu'il était tout de même impliqué. Pourquoi poserait-il la question ? Pourquoi ne l'aurait-elle pas simplement ignorée sur le coup ? Elle devait se faire une raison et lui accorder un peu de bonne foi pour cette fois-ci. Tournant mécaniquement sa paille dans son verre pour écouter le bruit des glaçons s'entrechoquer entre eux, la jeune fille finit par retrouver un peu de politesse pour répondre à la question de son ancien directeur de maison. « Pour l'instant, je suis guide au Musée National de l'Évolution Magique. » C'est tout. Et à la fois, elle avait cette pointe de fierté à travailler dans un musée. Elle guettait sa réaction, il ne l'avait sûrement pas vu venir, pensant certainement qu'elle devait travailler dans un de ses bars miteux de Londres, peut-être même dans le quartier des péripatéticiennes ... Et bien non, elle s'était mise au service de l'histoire et de la connaissance, se faisant son petit nid entre ses deux salles préférées - la salle des costumes et la serre.

« Vous me décevez encore une fois, mais vous êtes ainsi, n'est-ce pas ? A parler à tort et à travers. A laisser vos paroles s'échapper de votre bouche, sans trop y réfléchir avant ... » Elle ne souriait plus vraiment. Pas qu'elle était d'accord avec ce qu'il disait, mais parce qu'elle n'était pas fière de son comportement. Parce que non, elle ne parlait pas à tort et à travers, habituellement. Elle avait de la réflexion dans ses propos, normalement. Elle pensait. Mais il y avait cette barrière entre eux deux qui la bloquait. Comme un espèce de mécanisme qui était sensé la mettre en sécurité. Une carapace dans laquelle elle se réfugiait, pour ne pas qu'il ne l'atteigne. Et pourtant, elle voulait qu'il l'atteigne. Mais trop d'attente. Ils se braquaient, tous les deux dans leurs voies, n'essayant même plus de se comprendre. « Miss Bheng, j'ai réellement fait de mon mieux avec vous. J'aurai voulu pouvoir vous aider à finir Poudlard, être un soutien pour vous. Il semblerait que, au vu de la situation, nous ayons échoués et v- ». Il s'étrangla mais elle ne réagit pas. C'était toujours amusant de se remémorer ses échecs, son parcours, jusqu'à la raison pour laquelle elle revenait ici. « Parlez-moi de vous. De votre travail, d'après Poudlard. Ce que vous voulez. » Elle reprit légèrement ses esprits, se sentant forte sur le coup et tellement fragile à la fois. « Je suis terriblement désolée pour mes mots, Monsieur. Vous n'avez pas l'air de comprendre à quel point ma propre vie peut m'avoir affecté davantage que la vôtre. Mais je suis désolée si je vous ai déçu, si j'ai fait des choix que vous ne jugez pas bons, si j'ai pu froisser votre égo personnel en mettant un point rouge dans votre parcours personnel certainement parfait. Mais l'élément important pour moi n'était Poudlard, l'important pour moi était de retrouver un équilibre en surmontant le décès de mon père. Et devinez quoi ? Échec. Toujours échec. Et je ne comprends pas pourquoi. » La vie n'était pas à Poudlard pour elle. La preuve, à Poudlard, elle avait toujours réussi alors que dans la vie, elle se sentait juste coquille creuse. Pourtant, elle faisait quelque chose qu'elle aimait, elle avait des gens sur qui elle pouvait compter, elle avait mis sa famille en sécurité. Qu'est-ce qu'elle voulait de plus ? Le bonheur, évidemment. Mais le bonheur n'était pas en soi en but, malheureusement. Elle continuerait de chercher encore pendant quelques temps. « J'ai pas vraiment envie de parler de moi. On a toujours parlé de moi et on a pas souvent été d'accord là-dessus. Et je peux toujours parler de moi avec le Docteur Cabble ... J'ai des projets mais vous en entendrez parler quand ils seront en cours de réalisation, si ça vous intéresse toujours. Mais parlez-moi de vous. On a jamais parlé de vous. Vous avez une femme et des enfants ? C'est quoi votre passion, autre que le quiddich et la psychologie ? »

C'était quelque chose de nouveau chez Shukar. C'était ressorti comme ça. Porter de l'intérêt aux autres n'avait jamais été quelque chose de mis en avant par la jeune fille. Mais de plus en plus, elle se découvrait des curiosités pour les gens. Bien qu'elle préférait être elle-même la curiosité, elle n'avait pas vraiment grand chose à cacher à Monsieur Blueberry. Enfin, elle n'avait pas envie de lui cacher des choses, plutôt. A quoi bon ?

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Disaster of indifference. ♦ Shukar
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