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(TROUVÉ)

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It's a good day to do the chores, girl | Vidja
MessageSujet : It's a good day to do the chores, girl | Vidja Ven 11 Juil 2014 - 11:50

You'd be surprised

how bitchy
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Six heures trente, et toujours pas couchée. Victory éclata d'un rire enfantin et éraillé en constatant que Merlin merci, on était dimanche matin et qu'elle n'avait pas à travailler aujourd'hui. De toute façon son cerveau l'en aurait formellement empêché, ainsi que chaque parcelle millimétrée de son corps endolori et engourdi par la gueule de bois monumentale qu'elle avait. La soirée de samedi avait été d'une ampleur sans précédent. Si tous les invités venaient de quitter les lieux et qu'elle venait de quitter sa robe de soirée - qui embaumait le cigare et l'alcool - pour se réfugier dans un tee-shirt aléatoire, Vic' quant à elle devait dès à présent faire face aux conséquences d'une nuit de beuverie incontrôlée.

Il y en avait partout. C'était un véritable bordel sans nom, et il aurait eu la même esthétique que si Victory avait laissé rentrer chez elle un taureau enragé. Par chance, les chambres étaient en ordre convenable, bien que Louie n'aurait guère toléré un pareil carnage. Le pire se situait dans les pièces principales. Là où d'habitude la cuisine étincelait d'une propreté religieuse, les bouteilles s'alignaient, la plupart entamées ou vides, rivalisant de formes, d'originalité, de couleurs et de contenus. Des restes de toasts jonchaient au hasard comme autant de pièges à rats et il y avait même une boîte de chocolats complètement éventrée qui avait en guise de voisin une énorme brioche entamée, une bouteille de sauce barbecue et des bouteilles d'épices à moitié renversées.

Bref, la nuit avait été riche en expériences alimentaires, et Vic' laissait à plus tard la séance des souvenirs honteux lui revenir en tête quand elle consulterait les jolies photos instantanées magiques prises par elle et quelques amis. Pour l'heure, la jeune fille avait juste grand besoin d'air frais et limpide et la personne qu'il lui fallait à cet instant pour voir son vœu accompli n'allait pas tarder à arriver. D'ailleurs, le bruit d'une porte qui s'ouvre et fait tintinnabuler la cloche l'interpelle – et relance la douleur coincée entre ses tempes, pareille à un marteau-piqueur -. « Esther ? » appela la jeune femme d'une voix plus éteinte que d'habitude. La brunette descendit l'escalier en se laissant glisser avec une flemme indolente sur la rampe de droite avant d'atterrir devant la blonde qui faisait office de femme de ménage.

Cette petite garce. Cette adorable, naïve, délicieuse créature détestable qui sortait avec Mallory. Sa vision déclenchait maintenant des torrents de lave dans ses tripes, même si pour une fois la colère était tempérée par une sensation nauséeuse liée à ses excès des dix dernières heures. La rentière dévisagea son employée de maison dans un silence ensommeillé avant de remettre en marche ses cordes vocales pour le moins pâteuses. « Mmmmh, vous tombez à pic. J'ai passé une nuit d'enfeeer. » marmonna t-elle à la façon d'un chaton ronronnant pour mieux cracher son fiel. Elle tourna le dos à Esther, lui faisant mollement signe de suivre pour qu'elle voie l'étendue du travail en global. « Y a du boulot, ce matin. Désolée. » Oh, comme si elle l'était réellement. Dans ces moments-là, Victory préférait occulter avec un soin chirurgical la voix outrée de sa conscience qui l'insultait de tous les noms d'oiseaux possibles.

La jeune fille s'accouda à la double-entrée du salon, désignant du pouce les canapés, le sol, la cheminée, bref, chaque meuble de la pièce semblait avoir été copieusement occupé et toute surface exploitée au maximum par des verres, des cendriers, des bouteilles, des paquets de cigarette vides, des briquets, et une série d'objets complètement hasardeux sortis d'un chapeau de magicien sans aucun doute. A cela s'ajoutaient les tâches diverses et variées, les odeurs classiques que l'on s'attendait à respirer après pareille débauche, et un désordre du même acabit que celui qui s'était installé en cuisine, dans l'entrée et sur les terrasses du jardin. Comme en réponse au regard et à la réaction de la jeune bonne, Vic' soupira. « Ouais, c'est la merde. Le salon est … Bref, j'crois qu'on a vraiment pas dosé le whisky-pur-feu et la vodka hier. » ricana Victory sans se rendre compte que mine de rien, Esther aurait peut-être eu besoin d'un coup de main. Elle badina ensuite, d'un ton tout à fait désuet et innocent. « Je vous parle pas de l'état des toilettes, hein, j'crois qu'on aura compris toutes les deux. » Il y avait du avoir des malades, c'était évident. Victory eut ensuite un éclair de lucidité dans le regard et rajouta prestement. « Oh, et la baignoire est remplie de champagne. Vous f'rez gaffe. » Qu'est-ce qu'elle pouvait faire, au pire ? Se noyer et faire un coma éthylique ? La perte n'était pas dramatique songea avec un cynisme qui l'effrayait la jeune anglaise, et de toute façon Baker saurait se passer d'elle et la remplacer avec une autre, lui susurra malicieusement dame Jalousie à l'oreille droite en guise de conclusion satyrique.

« Et vous voulez bien ne pas faire, genre, trop de bruit ? » rajouta t-elle avant de prendre la direction de la cuisine. Le froid envahissant ses pieds nus lui faisait du bien, mais son estomac, lui, faisait le grand-huit sans lui demander son avis. « J'ai mal au crâne. » Et sans plus de cérémonie, l'anglaise se saisit d'un paquet de céréales qu'elle ouvrit et déversa un flot gargantuesque dans un bol pioché sur l'étagère la plus proche. Merci, Esther ? S'il vous plaît, Esther ? Ce ne serait pas pour ce matin, apparemment.


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It's a good day to do the chores, girl | Vidja
MessageSujet : Re: It's a good day to do the chores, girl | Vidja Lun 21 Juil 2014 - 22:00

HJ - Pardon, je me suis un peu emportée sur l'introduction, du coup mon RP est long comme un jour sans pain ;__;'


It's a good day to do the chores, girl

Cette nuit-là, quand Viðja – encore sous les traits de Marketa Poriskova – acheva sa nuit au Deus comme barmaid, son monde s'écroula dans la petite ruelle derrière l'église réaménagée en nightclub du quartier de Whitechapel. La main tremblante, elle arracha l'affiche du mur et la porta devant elle, la mâchoire tombante, les lèvres frémissantes, les yeux écarquillés. C'était étalé en grosses lettres sur le tract en grand format de Celui-Qui-Sait : « VIÐJA SVEINSDÓTTIR A DEUX PÈRES POTENTIELS POUR L'ENFANT QU'ELLE PORTE ». Si la majorité de la population de Londres qui la connaissait n'avait pas la moindre idée de qui était Viðja Sveinsdóttir puisqu'à part les Mangemorts et une poignée d'autres personnes, elle était connue sous d'autres identités, les deux principaux intéressés savaient parfaitement qui elle était. Et ils ne manqueraient pas de lui tomber sur le râble. A raison sans doute. Elle avait joué avec le feu et elle en payait les conséquences. Viðja n'apprenait jamais. Elle jouait toujours avec le feu, au sens propre comme au sens figuré, se plaisait à penser qu'il était son ami – « Fire, walk with me » – mais ça finissait toujours par lui jouer de mauvais tours. Elle avait cette large brûlure sur le flanc droit, due à une petite purification qui avait mal tournée – l'essence, c'est volatile, Viðja, et il fallait t'attendre à ce que ta victime se jette sur toi dans un geste de désespoir revenchard – sans compter tous les revers du sort. Quand on joue, il faut s'attendre à perdre.

Terrifiée, la jeune femme fourra l'affiche dans son sac et s'éloigna en courant comme une criminelle prise sur le fait. Elle fuyait sans but sans savoir si son esprit réfléchissait en accéléré ou tournait au ralenti. Que faire ? Où aller ? Maintenant que la vérité avait éclatée, elle ne pouvait plus vivre comme si de rien n'était. Mallory allait lui réclamer des explications dans les cris et les larmes. Quant à James, il la tuerait probablement. Si l'Islandaise pouvait encaisser Mallory – elle doutait qu'il commette un crime passionnel, mais on ne savait jamais – elle avait de gros doutes concernant James dont elle connaissait l'efficacité destructrice. C'était là son seul atout pour le moment : elle connaissait la façon de faire de James pour l'avoir observé et avoir appris de lui pendant neuf ans. Le revers de la médaille, c'était qu'il la connaissait aussi. Cependant, il disait toujours qu'elle était imprévisible et que c'était là un de ses grands défauts. Et si ce défaut devenait une qualité ? Et si, avec de la chance, ils n'avaient pas vu les affiches posées pendant la nuit ? C'était plausible. Si c'était le cas, elle pouvait tenter de se rendre chez Alistair et de faire un sac avant de disparaître.

Elle était trop jeune pour mourir, elle ne voulait pas, le Seigneur ne pouvait pas déjà la rappeler à Lui. Elle avait encore des choses à accomplir pour Lui. Comme le plus tenace des pieds de chiendent, Viðja était une mauvaise herbe difficile à éradiquer. Elle ne se laisserait pas attraper, ni tuer. Elle n'avait pas survécu jusque là pour se faire descendre aussi bêtement, pour un simple péché de Luxure. Dans le deuxième cercle de l'Enfer de Dante, les luxurieux se lamentent dans la tempête infernale de leurs sentiments et regrets. La jeune femme ne voulait pas aller là-bas, elle était faite pour aller au Paradis. Elle avait des ailes, elle ne voulait pas qu'on les lui arrachent et finir aux côtés de Satan, l'Ange déchu. Impossible. Impossible. Impossible. C'étaient James et Mallory, ils l'avaient détournés de Sa voie, mais elle ne ferait plus cette erreur, elle avait compris la leçon. Sa relation avec eux était innocente et pure, elle n'engageait à rien, ce n'était pas de la Luxure, c'était beau et plein d'amour. Elle les aimait et eux l'aimaient sans doute aussi. Alors ce n'était pas de la Luxure. Non, ce n'en était pas.

Les mains fébriles, la jeune femme lâcha plusieurs fois ses clés avant de pouvoir déverrouiller la porte de l'appartement d'Alistair. Il prenait des somnifères pour dormir et ne se réveilla donc pas. Promptement, Viðja se précipita dans sa chambre et prit un grand sac de sport. Dedans, elle balança quelques vêtements, un étui à lunettes en cuir élimé, une de ses nombreuses Bibles, les papiers de ses différentes identités – dont ceux, Islandais et Ukrainiens, au nom de Viðja Sveinsdóttir –, la jar de verre étiquetée « des sooouuus » qui contenait ses économies, un sac congélation rempli d'herbe et d'une poignée de comprimés et pilules, son fusil de chasse dans sa housse, son couteau à cran d'arrêt, des restes de nourriture prélevés dans le frigo de la cuisine, ses pots de pâte-caméléon pour cacher sa marque des ténèbres, quelques affaires de toilette et une grosse chemise avec les quelques documents importants qu'elle possédait. Après une courte réflexion, elle emporta la perruque d'Esther Baranovska après s'être débarrassée de celle de Marketa, ainsi que son nécessaire de nettoyage. Ce matin tôt, elle avait un rendez-vous chez Mademoiselle Victory Willard. Ça lui ferait toujours un peu d'argent en plus avant que sa situation ne devienne critique et qu'elle doive disparaître de la circulation. D'un geste sec, la Mangemorte tira la fermeture à glissière de son sac et claque pour la dernière fois la porte de l'appartement d'Alistair. La pensée qu'elle ne reviendrait peut-être plus jamais ici, qu'elle ne verrait plus Alistair, qu'elle ne se disputerait plus jamais avec Lucas ou bien Lichuan, lui piqua les yeux. D'un geste fier et un peu rageur, la jeune femme essuya prestement les larmes brûlantes qui menaçaient de rouler sur ses joues et fila dans la nuit.




Après avoir endossé son déguisement et caché son sac derrière une benne à ordure dans une petite ruelle, Esther sortit ses clés et choisit celle de l'immeuble de Victory Willard pour y entrer. Les yeux rouges et bouffis et les cheveux un peu en désordre, elle faisait peine à voir. A peine pénétra-t-elle dans le hall que la voix de la jeune femme lui parvint comme à travers un brouillard. La blonde leva le nez pour la voir glisser le long de la rampe comme une star de cinéma. Elle était si jolie, si délicate, si parfaite. Parfois, Viðja se surprenait à penser qu'elle aurait voulu être une fille comme Victory, à qui tout sourit et que bénéficie d'un cadre en or pour compartimenter sa vie bien sous tous rapports. « Bonjour, Mademoiselle. Vous êtes matinale aujourd'hui. », souffla la jeune femme d'une petite voix douce, esquissa le fantôme d'un sourire poli. En effet, d'habitude, l'héritière se levait alors qu'elle était déjà l'œuvre. Tel une gracieuse panthère, Victory déroula son corps voluptueux en s'étirant, lui miaulant à quel point sa soirée avait été d'enfer. Avec un sourire jaune, Viðja songea que la sienne aussi l'avait été. Mais pas de la même manière que celle de Miss Willard. « Ce n'est rien, je suis payée pour arranger ça après tout. », répondit gentiment Esther en emboîtant le pas de son employeuse, grimpant les escaliers d'un pas plus lourd, plus maladroit, que celui de la belle héritière qui paraissait flotter, éthérée, même lorsqu'elle avait la pire des gueules de bois.

Ce fut seulement quand la porte s'ouvrit que l'Islandaise – ehm, Ukrainienne, pardon – prit conscience de l'étendue de la fête de la veille et – proportionnellement – des dégâts occasionnés sur la vaste maison. Viðja avait vu bien pire, mais quand même, elle ne s'attendait pas à ça. D'autant plus qu'elle n'avait pas escompté rester longtemps, désireuse de fuir au plus vite avant que Mallory n'ait l'idée de consulter son emploi du temps et de venir la chercher ici. D'un autre côté, elle toucherait plus d'argent et elle en aurait bien besoin étant donné qu'elle était maintenant livrée à elle-même... Esther se mordit vaguement la lèvre, pesant le pour et le contre. Victory interpréta sa mine déconfite comme une réaction quant au désordre en lui-même et lâcha une remarque désinvolte sur le taux d’alcoolisation de la nuit qu'elle venait de passer. Sans répondre, promenant un regard vide sur les meubles chargés de cadavres de bouteilles et de verres plus ou moins vides, la jeune femme posa sa mallette à ses pieds et s'accroupit pour y prendre des gants en latex qu'elle enfila en les faisant claquer. Elle se redressa juste quand Victory l'informait de l'état des toilettes et de la baignoire et Esther hocha la tête : « J'ai vu pire. Ça ira. » Elle lui adressa un sourire censé la rassurer sur son propre bien-être et sur celui de sa demeure. Effectivement, elle avait vu pire niveau gore et crasse, ne serait-ce que sur les scènes de crime qu'elle nettoyait et dont elle était parfois à l'origine. Sans compter les divers repaires qu'elle avait eu, des logements abandonnés dans des immeubles désaffectés la plupart du temps, où elle laissait libre court à sa... créativité. Mais ce manoir, c'était le pire en terme de richesse gaspillée et étalée avec ostentation. Viðja ne savait pas si ça lui faisait envie ou si ça la dégoûtait. « L'ostentation cache l'hérésie », disait un prêtre qu'elle avait connu à Kiev. Et en désirant partager la vie de Victory, elle se rendait coupable du péché d'Envie. Rapidement, elle se signa pour conjurer le sort et elle se mit au travail.

Elle commença par prendre un grand sac poubelle pour y vider les cendriers, ramasser les mégots, jeter les bouteilles vides. En tombant, le verre s'entrechoquait et cela dérangeait l'héritière qui la rappela à l'ordre, la priant de bien vouloir épargner sa migraine. Confuse, la femme de ménage baissa la tête d'un air coupable et souffla : « Désolée, je vais faire attention. » Doucement, pour prouver sa bonne volonté, elle attrapa une bouteille de vodka et la posa délicatement au fond du sac poubelle où elle tinta à peine. S'appliquant à rester le plus silencieuse possible, Esther jetait parfois un regard en coin à Victory, avec des yeux un peu humides, brillants, comme ceux d'une petite fille qui regarderait sa Maman en souhaitant tout bas de devenir comme elle, aussi belle, aussi forte, aussi digne. Même ébouriffée, même malade, même en petite culotte devant un bol de céréales, même bouffie par le sommeil, Mademoiselle Willard lui semblait être une des plus sublimes créatures qui existât sur Terre. A côté, Viðja se sentait bovine, vulgaire, quelconque, dénuée de tout charme et de toute grace. Elle n'avait jamais ressenti le moindre orgueil pour son physique cela dit, mais elle se sentait encore plus mal dégrossie à côté d'une femme telle que Victory. Esther ne lui en voulait pas ou ne l'enviait pas en mal. Elle était pour elle comme une poupée Barbie, sa préférée, qu'on prend plaisir à regarder et à laquelle on fait attention. Et Victory pouvait bien lui donner mille tâches ingrates que cela ne changerait jamais. Viðja était ravie de faire plaisir à sa Barbie la plus jolie.

Hésitante, l'Islandaise termina de débarrasser la table basse avant de se redresser. Elle s'éclaircit timidement la gorge et demanda : « Dîtes, Mademoiselle Willard, excusez-moi. Je ne veux pas aggraver votre mal de tête, mais pourrez-vous me payer cash quand j'aurais terminé ? Je n'ai pas d'autre rendez-vous aujourd'hui alors j'ai tout mon temps à vous consacrer, mais ça m'aiderait d'avoir l'argent tout de suite. » La blonde se redressa en se tordant les doigts, lui adressant une prière silencieuse tout autant que des excuses confuses par son regard sombre. C'était comme exiger quelque chose d'une princesse.

Oh, sweet thing
Zion doesn't love you
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It's a good day to do the chores, girl | Vidja
MessageSujet : Re: It's a good day to do the chores, girl | Vidja Ven 25 Juil 2014 - 16:18

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Ce qui était encore plus agaçant que tout ce qu'elle savait déjà au sujet de la lunaire et candide Esther Baranovska, c'était son attitude vis-à-vis d'elle. N'importe quelle jeune fille de son âge qui éprouvait un tant soi peu d'estime d'elle-même ou d'orgueil n'aurait pas laissé bien longtemps ce manège s'instaurer entre employée et employeuse. Victory n'avait même plus à se cacher d'abuser de son autorité sur elle ; elle lui aurait demandé n'importe quoi qu'Esther l'aurait fait, avec un sourire aux lèvres et toujours le mot qu'il fallait pour paraître encore plus spontanément gentille. Elle était comme les papillons : sans doute très mignons, mais énervants au possible dès qu'ils ont décidé de vous tourner autour.

La soumission obéissante d'Esther ne faisait donc qu'empirer les choses : plus elle courbait l'échine, plus la brunette en rajoutait. Elle restait cependant polie – parce que son éducation la retenait d'être méprisante avec le petit personnel et que son père aurait eu honte d'elle – mais il y avait des moments où elle peinait à ne pas hurler et secouer la blondinette par les épaules pour la sortir de son doux rêve. Je me contrefous que tu sois folle amoureuse de lui, je me moque que tu apprécies ton job chez moi, bordel de merde, ouvre-les yeux, JE TE HAIS, je le hais, tout ce qui fait que lui et toi ça marche me rend dingue. Parfois, sa rancune lui faisait peur.

Distraite par ses pensées, Vic' n'entendit que de très loin la question de son interlocutrice et y répondit avec un temps de latence, les yeux dans le vague. « Mmmh, moui bien chûr. » Les personnes comme Victory, à défaut de se balader avec des boulettes de billets froissés dans toutes les poches de chaque vêtement – même les pyjamas -, avaient toujours un peu de liquidité planquée là où il fallait. Et ce n'était franchement pas à cette heure-ci que la rentière allait jouer les rigoureuses. Sa tête lui faisait trop mal pour ça, alors il valait mieux limiter les échanges sociaux au maximum, car chaque son s'amplifiait entre ses tempes jusqu'à lui vriller la boîte crânienne en échos. Une vraie torture que l'alcool qui macérait encore dans son estomac barbouillé n'aidait pas à calmer.

Malgré tout la requête d'Esther avait éveillé une petite interrogation badine, que Victory s'empressa de libérer. « Vous avez des dettes pressantes ? » Quitte à jouer les gentilles filles, autant en profiter pour se renseigner sur les raisons de cette nécessité pécuniaire. Et la business woman de se concentrer sur Esther.

Ce ne fut que lorsque son regard se détacha enfin de son bol de céréales rempli maintenant aux trois-quarts pour se poser sur la silhouette d'Esther que Victory prit le temps de détailler son allure du jour. Et le moins que l'on puisse dire c'est que si la jeune femme de ménage n'avait pas fait la fête avec elle cette nuit, sa mine était au moins tout aussi piteuse que la sienne. Elle était cependant imprégnée d'une tristesse infinie ; tous ses pores suintaient la détresse et ses yeux rougis étaient l'indicateur typique de pleurs récents. Si Vic' agissait comme un petit tyran mal luné avec Baranovska la plupart du temps depuis qu'elle avait appris sa liaison avec Mallory, cela ne lui ôtait pas le cœur qui battait dans sa poitrine. Et bien qu'une petite partie d'elle-même en souffrait, elle devait avouer que voir la jeune employée de maison dans un tel état lui faisait se poser des questions et la mettait légèrement mal à l'aise. Ca rendait sa haine plus difficile à concrétiser et à justifier. Elle n'aimait pas voir les gens tristes. Même chez Daniel, lire la déconfiture dans son regard lui donnait une désagréable sensation de fourmillement glacé dans les entrailles.

Un détail – qui n'en était pourtant pas un – lui frappa l'esprit avec plus de violence que sa gueule de bois. Alors que la bonne se penchait pour ramasser une bouteille, Victory saisit sans la rater la façon étrange de se courber de la jeune femme, et cette drôle de rondeur qui en était responsable, au niveau du ventre. Sa cuillère tomba dans le lait, Vic' l'ayant instantanément lâchée sous le coup de la découverte. Cette grosseur nouvelle à cet endroit précisément n'était pas normale. « … Vous êtes enceinte ? » demanda t-elle abruptement. Ses yeux noisettes, comme deux ronds de flan, trahirent son étonnement et surtout, son bouleversement passager. Ce n'était sans doute pas ça. Elle devait voir double, ou alors Baranovska avait trop mangé la veille et le chili con carne qu'elle s'était concoctée avait du mal à passer. Ou il y avait du relâchement sur la quantité de chocolat et de gâteaux qu'elle s'autorisait à manger. Ou elle devait consulter un médicomage pour les yeux. Ou ... « 'fin, c'est-à-dire que, la dernière fois qu'on s'est vues, j'ai pas souvenir que vous étiez comme ça ... » bégaya t-elle, un brin confuse.

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It's a good day to do the chores, girl | Vidja
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