Secret du moment


A. LICHUAN WHITELAW
(TROUVÉ)

Finalement, tu as plus de points communs avec Lone que tu ne le prétends.

Alors, vous savez ce que c'est ?
Nouvelles de Legi !
ϟ 02/15 : Mise à jour générale. Venez donner votre avis sur le design ici, et découvrir l'event spécial . Vous pouvez en savoir davantage de façon générale ici et découvrir les autres events

ϟ 09/14 : Nouvelles activités ! Vous pouvez participer à la Gazette ici et profiter de la radio de Legilimens.

ϟ WANTED : Nous recherchons actuellement des membres de l'Ordre de tous les âges !

ϟ Et surtout, n'oubliez pas de participer à la vie du forum de n'importe quelle façon ♥


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  S'enregistrerS'enregistrer  


Partagez|


avatar

: Look at all the fucks I give.

ϟ ÂGE : 31
ϟ FONCTION : Directeur des Serpentards, professeur pratique de DCFM, tireur d'élite de baguette magique, membre de l'Ordre, BAMF.
ϟ AVATAR : Matthew Gray Gubler
ϟ ABSENCE ? : Activité principalement le week-end pour cause de Terminale sauvage /o/



ϟ LIENS : It'll be alright
We may make it through the war
If we make it through the night

Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Deeper in and deeper still — Lucas Ven 12 Oct 2012 - 0:29


I've got my hands on it
I've gotta find a
way !

Tu l'avais toujours su, au fond, tu t'en étais toujours un peu douté. Tu l'avais sentie dès le premier instant, cette spirale qui attendait de tourner, cette pente glissante qui guettait au bout du chemin ; tu l'avais repéré dès le début, ce mot en « M », maudit ou mangemort, certainement un genre d'hyride des deux. Tu l'avais toujours su et pourtant tes yeux s'étaient révulsés lorsque tu l'avais lu au hasard d'un journal, lorsque tu l'avais entendu au détour d'une conversation, un mot qui accroche et ton nez qui se lève, et ton regard qui s'affaisse. On t'avait regardé bizarrement lorsque tu avais précipitamment ouvert la porte, on s'était regardés curieusement en t'entendant crier avec un auror. On s'était dit que Lawrence Sullivan criait toujours beaucoup avec les aurors, on racontait que c'était un peu pour ça qu'il avait toujours refusé d'intégrer leur bureau. On s'était dit que Lawrence Sullivan avait encore en travers de la gorge l'autorisation de l'utilisation des sortilèges interdits par les aurors, on avait à peine réalisé que le regard qu'on te lançait était de plus en plus mauvais. Il était mal vu d'être traître à son sang, maintenant, il était un peu plus dangereux de ne pas la fermer, de nos jours, et toi tu t'en foutais, profondément indifférent, et toi tu relevais paisiblement la tête lorsque tu entendais cette insulte au hasard d'une déclaration, et toi tu aimais à rappeler comme tu te préférais traître à ton sang que traître à tes idéaux. Tu aimais rajouter « pas comme certains », tu aimais appuyer ton regard, et puis, disparaître. Traître, certes, mais certainement plus loyal que cette flopée de gens qui rampaient gaiement aux pieds du Ministre. Ce n'était que ton avis. Tu autorisais avec ironie une marge d'erreur.

Ce jour là, toutefois, tu t'étais à moitié étranglé, le regard profondément noir et le dédain sur le bout de la langue, la respiration soupirant d'un dégoût perceptible lorsque tes yeux se posaient sur ces aurors qui avaient l'air un peu plus dignes, ces gens qui étaient un peu plus reconnus, un peu plus pardonnés, toujours du bon côté. On mettait ton doute sur le coup de la jalousie. On mettait ton mépris sur le compte de la rancune. Soit. Tu finis par tourner les talons et tu disparais, peut-être un peu magistral, peut-être un peu remarqué, un peu remarquable. Tu quittes Londres d'un soubresaut et, d'un regard sceptique, tu cherches ce manoir vide, cette demeure invivable, un morceau de papier dans les mains et le pas décidé. Tu finis par trouver. Tu finis par y aller. Tu ne doutes pas une seule seconde, un peu moins dédaigneux, un peu plus soucieux, peut-être même beaucoup trop et tu accordes à peine un regard à l'adresse qui indique un « D », et tu te révoltes avant même de parler. Tu décides d'être bien élevé. Tu frappes. Il n'est pas dit que ton manque de patience serait un manque de civilité.
Drifloon. Je sais que vous êtes là. C'est Lawrence Sullivan, il faut que nous parlions. Inconsciemment, tu as la voix plus douce. Je ne viens pas ni pour ni avec le Ministère. Inconsciemment, tu as l'air moins froid.
Pourtant, il n'y a que le silence qui te réponds. Et tu n'aimes pas vraiment ça. Pourtant il n'y a rien au-delà de cette porte que ce vide vertigineux, que ce néant fantomatique, pourtant ça pourrait être gravé sur les murs qu'ici on se souvient, qu'ici il n'y a plus rien. Pourtant tu comprends, pourtant tu sais qu'il ne t'ouvrira pas, qu'on ne te répondra pas, qu'il fera comme si plus personne ne vivait là. Ce ne serait qu'à moitié faux. Tu sais qu'il se contente à peine de survivre. Tu te détestes d'être si intempestif, tu te trouves toi-même désagréable d'être si insistant et pourtant d'un sortilège la serrure saute, la porte s'ouvre sur la pénombre et tu retires patiemment ta cape. Le froid te glace le sang et le silence te frappe de plein fouet, et celui dont le bruit t'étouffait de rage semble s'être évanoui dans un calme sempiternel, tout à l'air si placide, si paisible et pourtant tout est si malsain, tout est si mort, tout est si calme mais tu sais que silencieusement c'est toute une vie qui hurle entre ces murs. Tu n'aimes pas le silence des autres, il faut l'avouer ; tout ce que tu aimes, c'est demander aux autre de se taire. Tout ce que tu aimes, c'est lorsque les gens arrêtent de parler, pas lorsqu'ils arrêtent de te répondre. La nuance est assez peu saisissante et pourtant chez toi c'est une désagréable différence. On vient briser la nature morte. Comme tiré d'un paysage pittoresque, c'est une bestiole couinante qui se traîne près de toi, courbée de respect, de l'alcool dilué dans les yeux, des larmes plein le nez ; l'Elfe de maison te salue à peine mais il te mène et toi inconsciemment, désespérément, tu le suis en espérant aboutir quelque part, tu lui emboîtes le pas en priant de ne pas avoir à regretter ta venue, à ne pas encore cauchemarder de choses que tu aurais préféré ne jamais voir, ne jamais savoir.

Il est là. On ne te le dit pas, on ne fait pas le moindre geste en sa direction mais immédiatement tu le sais, mais instinctivement tu le repères, comme une boussole à désespoir, comme une sonde à précipices ; on ne te le révèle pas mais c'est directement que tu sais que Lucas Drifloon est juste là. Tu marches lentement, quittant cette dimension où tu es toujours trop pressé, trop fatigué, trop esquinté et éreinté par des fluctuations incessantes d'un monde qui ne cesserait de tourner même en perdant la moitié de sa raison ; tu agis doucement parce qu'ici le temps semble suspendu, parce que dans cette maison coupée du monde seule la douleur semble avoir eu le courage de rester. Avec eux. Avec rien. Tu te baisses à sa hauteur, les gestes voilés d'une délicatesse qu'on ne te connaissait qu'à peine et tu ne perds pas tes mots, et tu tends un bras, et tu lui tends la main. Tu sais qu'il ne la saisiras pas, tu n'es même pas sûr qu'il sache que tu sois là. Le revers de ta main effleure une masse de cheveux blonds et tu ne t'autorises aucun bruit, aucun son, accroupi à côté de ce que tu avais toujours su qu'il arriverait, à côté de ce que tu savais qu'il se passerait. Tu te tais parce que tu sais simplement qu'il ne faut rien dire dans ces moments là. Absolument rien. Parce que les mots sont une violation, une aberration, parce que comme ça le moindre bruit sourd est un foutu hurlement. Parce que tu sais ce que ça fait. Parce que tu sais que toi seul entendras Lucas Drifloon crier.

Et maintenant tu peux sortir la bite de Theo de
son antre. I'M WAITING. Your move, Wideman.


_________________

Your doctor put you on milk, cream and alcohol ; he told you that's why you can't sleep at night — from nerves, so bad, yeah
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

: Nah. It's not me, I don't know this "Drifloon". What a shitty name, by the way. Me ? I'm just Nessie. Don't mind me.

ϟ ÂGE : 23
ϟ FONCTION : Ancien Serpentard ; Gamin borné et blessé, guidé par ses mauvais choix. Ex-mangemort actuellement en reconversion.
ϟ AVATAR : Alex Pettyfer.
ϟ ABSENCE ? : En Suisse pendant un an ; présence réduite.



ϟ LIENS : Substract love, add anger.


Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Re: Deeper in and deeper still — Lucas Lun 5 Nov 2012 - 10:26


Share with me all of your pain;
I won't.

Vingt-sept août 1996. Un journée comme toutes les autres. Le soleil s'était levé à l'est, les cabines de toilettes se remplissaient d'employés allant travailler au ministère de la magie dans un ordre trop parfait, et madame Drifloon avait laissé une petite lettre à son fils lui expliquant qu'elle rentrerait tard et qu'il ne devait pas l'attendre pour souper le soir. Comme d'habitude, tu t'étais levé trois heures plus tard et avait tenté de te rendormir avant que Noarfang ne vienne te picorer les oreilles en quête de graines de miamhibou. Comme d'habitude, tu avais lancé son oreiller sur ce « Stupide Hibou » avant de descendre les marches en trombe et de dévorer ton petit-déjeuner concocté avec amour et soin par ton elfe de maison Monsieur Patapon, avec autant d'appétit qu'un enfant somalien. Comme d'habitude, tu sortis de leur cachette les livres moldus que tu cachais à l'aide d'un sortilège de dissimulation, t'étant inscrit avec l'accord de ta mère à une formation pour devenir professeur à Poudlard. Tu redoutais le moment où tu devrais lui annoncer la matière que tu avais choisie autant qu'un coming-out, et ne cessait de le repousser. Peut-être que ce soir, il était temps de te jeter à l'eau. Peut-être que tu pourrais lui concocter un bon petit plat à l'aide de Monsieur Patapon, et lui annoncer la terrible nouvelle. Après tout, elle avait toujours été sévère quant au monde des moldus, mais t'aimait plus que tout, et tu savais qu'elle accepterait l'idée au fil du temps.

Tout était parfait pour lui annoncer la nouvelle. Un délicieux dîner trônait fièrement sur la table et tu avais même mis la main à la pâte, passant l'après-midi toute entière dans la cuisine avec Monsieur Patapon pour professeur. Certes, tu avais failli brûler trois fois la maison et réussi à faire cramer des oeufs, mais tu étais sorti vainqueur de ce combat avec de délicieux mets à offrir à ta mère qui rentrerait sans doute fatiguée de ses missions. Au fond, tu n'avais pas fait ça que par intérêt personnel, mais aussi parce que tu étais mort d'inquiétude pour elle. Tu ne supportais pas l'idée qu'elle mette sa vie en danger pour toi, surtout par les temps qui courent. On racontait que le ministère avait une opinion de plus en plus extrême quant aux mangemorts et à l'utilisation de magie noire, mais que paradoxalement, les moldus et sangs impurs étaient plus fliqués que jamais dans toute l'histoire de la magie. Dehors, les temps étaient incertains. Et le nouveau ministre de la magie n'était probablement pas le seul responsable de ce chaos. Cette année, beaucoup de choses tragiques étaient arrivées. Entre le retour du seigneur des ténèbres, l'évasion massive des mangemorts, la mort du nouveau ministre et l'arrivée de ce type aux fréquentations plus que douteuses, tournant au gré du vent comme une girouette. Mais tu t'étais adapté à cette réalité. Certes, il était désormais plus risqué de se promener dehors, mais ... Après tout, les tournures tragico-dramatiques n'arrivent qu'aux autres, non ? Et tant que tu pouvais continuer de mener sa petite vie tranquillement, tout allait bien, n'est-ce pas ? D'ailleurs, tu comptais aider sa mère à se sortir de toute cette merde qui la recouvrait de la tête aux pieds et dont le nom commençait par la lettre « M ».

Les aliments commençaient à refroidir, et tu avais un déjà un mauvais pré-sentiment. Plus tôt dans la soirée, tu avais eu une sorte de haut le coeur dans la poitrine et tu avais fini par vomir dans les toilettes comme une femme enceinte. Quelque chose clochait. Jamais ta mère n'était rentrée si tard. Et puis quelqu'un frappa à la porte. Tu allas ouvrir, ton éternel sourire enfantin collé sur le visage, un peu soulagé de voir ta mère rentrer. A tous les coups, elle était restée pour soigner un mangemort blessé. A moins que ... Non, l'éventualité qu'elle soit restée manger là bas avec Silentius plutôt que de rentrer te voir n'était même pas envisageable.
C'est quand tu leur ouvris que tu compris. Ou non, à vrai dire tu ne comprenais plus rien depuis lors. Tout était arrivé si vite. Tu t'étais retrouvé face à des employés du ministère qui venaient te présenter leurs condoléances avec des mines à la fois sombres et sévères. Ta mère avait été tuée par un auror. Par un des leurs. Après avoir été suspectée d'être complice du seigneur des ténèbres, ils l'auraient attrapée à lancer un sortilège impardonnable d'impérium sur un sang-mêlé. Elle aurait refusé de se rendre, et un sortilège de la mort aurait été lancé sur elle en châtiment. Tu étais tellement abasourdi par la nouvelle que les mots te parurent grossiers et lointains. Comme s'il avait s'agit d'une langue troll étrangère perdue au fin fond d'un mauvais rêve. Tu allais bientôt te réveiller et tout serait arrangé. Il suffisait d'attendre. Tu t'étais surpris à boire le thé avec eux pendant qu'ils retournaient le manoir de fond en comble dans l'espoir de trouver des preuves supplémentaires. Tu t'étais surpris à refuser leur proposition de t'envoyer une personne pour te soutenir dans ta période de deuil. Tu t'étais même surpris à leur dire au revoir avec toute la politesse du monde, alors que dans ta tête, tu hurlais à la mort. Une fois les formalités remplies et signées de ta main, sans que tu aies pu en comprendre le sens, une longue boîte voleta jusqu'à la table de ton salon. Une boîte assez grande pour abriter un corps humain. Une boîte en bois bien protégée et fermée à clefs. Une boîte ornée de fleurs dont tu ignorais la provenance. Une boîte enroulée d'un sortilège lumineux qui se propageait en des lueurs dorées, comme pour décorer d'avantage. C'était absurde.

Vingt-huit août 1996. Les rumeurs commençaient déjà à se propager dans tout le pays; Miranda Drifloon était décédée. Et quelque part, un coeur s'éclatait en mille morceaux. Un gamin réclamait sa mère. Un enfant qui avait grandit trop vite s'égosillait depuis des heures, commençant enfin à réaliser cette réalité qu'il ne pouvait juste pas admettre. Il était seul dans une pièce, comme une tâche vivante dans le paysage morbide.

« Reviens.
Silence.

— Reviens, je t'en supplie !
Seul le silence lui répondit, un mur de silence imperturbable à lui glacer le sang.

— Par pitié. Ramenez-la moi, je suis prêt à tout, même à employer la magie la plus noire s'il le faut.

Perdant patience, tu sortis un à un tous les grimoires encore bien rangés sur les étagères, balançant dans un désordre le plus total les livres au titre le moins inspirant, ou ceux dont tu avais déjà parcouru le sommaire. Non, elle ne pouvait pas disparaître. Pas comme ça. Pas maintenant. Rien de tout ce qui t'arrivait n'avait de sens. Où était ta maman, bon sang ? La plaisanterie avait assez duré, tu devais rouvrir les yeux et quitter ce cauchemar. Elle devait te cajoler dans ses bras en te disant que tout cela était terminé. Qu'elle était là, auprès de toi.

Le temps semblait s'être figé, et pourtant au dehors les minutes défilaient, vous oubliant, vous famille Drifloon qui faisiez votre deuil. Du moins ce qu'il en reste, c'est à dire toi et toi seul. Un manteau de froid t'enveloppait, au moment où tu aurais eu le plus besoin de chaleur et de réconfort. Tu étais seul. Seul au monde à affronter ça. Quelque part en même temps, la vie continuait. Les gens menaient leur petite vie tranquille. Pendant que cette obscurité t'angoissait, mais que tes yeux ne pouvaient plus supporter la lumière, rougis et ravagés par les larmes. De toute façon, personne ne pouvait comprendre.Demain tu serais rejoint par des tantes, des oncles, des soi disant proches de ta mère qui te souhaiteraient toutes leurs condoléances. Tu verrais leurs regards pleins de pitié pour cette pauvre brindille d'adulte abandonné que tu es. Et puis, ils s'éloigneraient, reprendraient leurs petites vies et t'oublieraient, toi, petit garçon blessé à jamais.

Et puis la porte frappa à nouveau. Bon dieu, quand est-ce que ce bruit allait-il cesser ? On ne pouvait pas juste le laisser tranquille, une bonne fois pour toutes ? Pour toute réponse, Lucas Drifloon enfouit son visage humide dans ses genoux et se couvrit la tête de ses bras, bouchant ses oreilles au passage. Mais l'individu ne voulait pas le laisser tranquille, et déjà des bruits de pas se rapprochaient. Des bruits, toujours des bruits. Quand est-ce que ce vacarme allait-il cesser ? Mais au lieu de l'assaillir de paroles, il lui tendit un bras réconfortant. Un bras que le bambin ne remarqua même pas. En revanche, il sentit une main lui effleurer les cheveux. L'enfant voulut ouvrir la bouche, mais aucun son n'en sortit. Seulement un raille rauque qui se termina en de nouvelles larmes, lui asséchant la gorge comme des lames de rasoir, mais ne cessant plus de couler. C'est à ce moment là qu'il entoura la forme masculine de ses bras, sans vraiment réaliser de qui il s'agissait. Il sait juste qu'il le serra de toutes ses forces, comme effrayé que lui aussi ne l'abandonne pour toujours.

— Merci. Et il continua de pleurer, des heures durant jusqu'à ce que toutes les larmes plausibles de son corps soient sorties.


Désolée, ça n'avance absolument pas, mais ... Je voyais pas quoi ajouter sans rallonger de 3 mètres de plus pour expliquer qu'il s'est calmé. Tu peux faire commencer à parler doucement Law peut-être ? Au pire, j'éditerai mais ça me paraît plus logique qu'il parle en premier. Et désolée du retard, aussi. Et je zboube, aussi. ♥ Je varie du il au tu, mais c'est parce qu'au début je trouve ça plus direct, puis dézoomage de point de vue, re-petit zoom parce qu'on voit un peu ses pensées profondes, puis dézoomage pour montrer la scène. Je sais, c'est très pas logique.

_________________
Kidnap the Sandy Claws, see what we will see. Lock him in a cage and then throw away the key
Voir le profil de l'utilisateur http://miettes-petillantes.blogspot.fr/
avatar

: Look at all the fucks I give.

ϟ ÂGE : 31
ϟ FONCTION : Directeur des Serpentards, professeur pratique de DCFM, tireur d'élite de baguette magique, membre de l'Ordre, BAMF.
ϟ AVATAR : Matthew Gray Gubler
ϟ ABSENCE ? : Activité principalement le week-end pour cause de Terminale sauvage /o/



ϟ LIENS : It'll be alright
We may make it through the war
If we make it through the night

Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Re: Deeper in and deeper still — Lucas Dim 2 Déc 2012 - 0:44

May have lost a million men but we got a milion more


C'était juste un enfant. Juste un gamin, bon sang, ce n'est rien qu'un enfant, parce qu'il est faible, parce qu'il est sans défense, parce qu'il se traîne à ses pieds comme on ramperait pour se mettre à l'abri. C'était juste un enfant, il se tuait à le répéter sans arrêt, ce n'est qu'un enfant ! Ce n'est qu'un enfant blessé qui se pelotonnait contre lui, entrevoyant un terme radieux à la froideur de cette maison, cherchant du bout des larmes un happy ending qui tomberait à point. La logique se dérobait sous ses lèvres, les mœurs n'étaient que fumées, foutues en l'air par quelques vastes fumisteries, par un choix de fumiers effrayés. La logique se dérobait sous ses doigts et Lucas s'agrippait à lui comme un condamné à sa bouée, et son souffle sur sa peau, et ses ongles sur ses vêtements, et sa souffrance contre sa détermination. Il pleurait tout son saoul comme on vomirait une mer, les cheveux blonds accrochaient au regard et s'arrachaient sur les boutons de son manteau, sur le bout de ses propres ongles, parce qu'il aurait pu se fondre à sa haine si on lui promettait en retour un peu d'air, si on lui vendait en échange un peu de félicité. De ses yeux limpides, Lawrence Sullivan avait observé, guidé d'une instinctive profondeur paternelle, obnubilé par une similitude douloureuse, un enfant tombé à genoux avant même qu'on ait pu le laisser réaliser qu'il savait marcher, et il avait essayé de le rattraper avant qu'il ne tombe tout à fait, et il l'avait tenu, il l'avait retenu, et il était résolu à le faire remettre debout, ce bambin fragile, cet enfant frappé en pleine formation. Lucas l'avait remercié du fond de la gorge, la douleur étranglée par ce besoin de tout sortir, n'importe comment, de n'importe quelle façon, parce que ce n'était qu'un trou noir dans lequel il glissait lentement, duquel l'autre essayait pourtant de le protéger, mais comme un détraqueur aux lèvres de glace il le sentait partir, il le sentait beaucoup trop vouloir fuir. Il aurait voulu lui dire, Lawrence, à quel point il était désolé, il aurait voulu lui expliquer combien il comprenait, à quel point il savait ce qu'il ressentait, mais ça ne lui creusait qu'un trou dans la poitrine, mais ça ne faisait que nouer sa gorge, nouer sa langue, et du revers de la main il effleurait les mèches de cheveux blondes, et du bout des cils il espérait veiller sur lui, il souhaitait guetter jusqu'à l'éloigner du danger. Il savait qu'il ne pourrait pas éternellement le cacher, que probablement jamais il ne le suivrait. Il savait qu'il ne réussirait pas. Lui, Lawrence Sullivan, tellement craint, tellement respecté, lui Lawrence Sullivan tellement évité, lui qu'on accusait de toute suffisance, de toute arrogance, de toute condescendance, il savait qu'il n'y parviendrait jamais, il savait que peu importe combien il l'enlacerait un jour ce sera entre ses doigts qu'il fuirait.

Doucement l'enfant s'était apaisé, mué dans le silence que la peine engendre, parce qu'il était vidé de tout ce qu'il avait à sortir mais qu'il restait pourtant tout le reste, tout cet indicible, tout cet ineffable solidement accroché, et il sentait ses nerfs se relâcher, toujours pétris de la blessure à vif qui les enflammait, qui les enflammerait, incandescents de toute la douleur. Doucement l'enfant s'était tu mais sa tristesse n'en était que plus bruyante encore, et c'était là la révolution qui s'articulait autour d'une logique aux engrenages détraqués, autour d'une réalité écorchée par ses propres déboires, et il n'avait pas voulu le lâcher, Lawrence, il s'y était refusé, parce qu'il avait peur de le voir glisser, parce qu'il avait foutrement peur de le voir s'enfoncer. Le souffle du blond s'était régulé, suffocant avec régularité, et déjà il avait appris à respirer avec cette bombe en travers des poumons, en barrage dans sa gorge, en retardement dans son cerveau. Lucas se relèverait mais il allait se perdre, sa boussole avait perdu son nord, et son instinct se retournait entre chaque chemin, il le savait, il le savait pertinemment, il le craignait, parce qu'il savait également où, dans ce désespoir, dans cette folie partielle, ses pieds le mèneraient. Immédiatement. Instinctivement. Évidemment. Sa mâchoire se contracta dans une réflexion sceptique, d'un battement de cil il s'interrogeait, parler maintenant, prendre le risque, est-ce que tout de suite il reculerait ? Parce que tout de suite il le haïrait, lui le presque auror, lui le totalement traître, parce que tout de suite il le fuirait, il l'ignorerait, n'était-ce pas ce qu'il vomissait tant, le travail de ses pairs ? Pourtant, il fallait parler, pourtant il avait encore une chance de le sauver. Il ouvre la bouche.

Non.
Il ne peut pas.
Il n'y arrivera pas.
Il ne sait pas.
Il n'a jamais su, il ne saurait se le dire à lui-même, il ne saurait se promettre qu'un jour tout prendra fin, qu'un jour tout ça s'enfuira loin, comment mentir la guérison lorsque lui-même brûlait de l'intérieur ?
Il ne sait pas.
Tu ne sais rien.
Bon sang, il ne sait pas, comment pouvait-il, comment osait-il, comment arrivait-il à prétendre à tout sans arriver à ce ridicule petit ça ?
    — ... Lucas, je suis désolé.
    Ta voix est blanche, toi qui ne faillis jamais.
    — Rien de ça n'aurait jamais dû arriver. Jamais ça n'aurait dû pouvoir se produire.
    Tes yeux rougissent, toi qui ne faiblis jamais.
    — Tu dois absolument m'écouter. Tu dois absolument lui parler. Je ne suis pas là pour ta mère, je ne suis pas là pour t'expliquer, je ne suis là au nom de personne d'autre que le mien, je suis là parce que tu dois absolument comprendre avant de vouloir te gâcher. Tu ne t'en rends pas compte, mais pourtant tes doigts se referment sur son bras, mais pourtant sous ta main tu crains de sentir un serpent y brûler. Tu n'es pas obligé de te venger. Tu n'es pas obligé de la suivre, je sais que tu ne veux rien d'autre que l'honorer, et elle préfèrerait que tu ne t'enfermes pas, elle a toujours tout fait pour que tu ne te condamnes pas. Je ne suis pas des leurs mais si ça t'est utile alors déteste-moi. Je ne peux pas te promettre qu'un jour tu oublieras, tu pardonneras, qu'un jour tout ça partira, mais je sais que ça peut s'apprivoiser, que cette horreur qui ronge tout au fond peut être repoussée. Ça prend du temps, ça prend énormément de vie. Tu veux la venger, tu ferais n'importe quoi pour la faire revenir ou au moins pour la rendre fier, n'est-ce pas ? Pour que n'importe où elle puisse continuer d'être heureuse de toi. Ta main relâche sa prise lorsque tes lèvres se mordent. Alors ne les écoute pas, ne les suis surtout pas. Elle a toujours voulu te préserver de ces absurdités, elle a toujours tout fait pour que tu puisses être sauvé. Je sais que tu es tenté, que tu te dis que c'est surement ce qu'elle voudrait, ce qu'elle aurait souhaité. Ce n'est pas le cas. Elle a toujours seulement voulu que tu puisses être libre, même sans elle, même sur le bord du gouffre. Parce que tu n'es pas seul. Parce qu'il y a énormément de gens qui t'aideront toujours, parce que tu sauras l'accepter. Parce que même moi je serai toujours là. Tu te tais un instant, tu le relâches, tu le surveilles, averti de sa propre déchéance, alerté des risques que toi seul tu as provoqué. Tu guettes. Tu sais que tu dois parler. Parce que moi je sais que je peux t'aider. Parce que je ne suis pas des leurs.
Parce que je ne veux pas que tu sois des leurs.

_________________

Your doctor put you on milk, cream and alcohol ; he told you that's why you can't sleep at night — from nerves, so bad, yeah
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

: Nah. It's not me, I don't know this "Drifloon". What a shitty name, by the way. Me ? I'm just Nessie. Don't mind me.

ϟ ÂGE : 23
ϟ FONCTION : Ancien Serpentard ; Gamin borné et blessé, guidé par ses mauvais choix. Ex-mangemort actuellement en reconversion.
ϟ AVATAR : Alex Pettyfer.
ϟ ABSENCE ? : En Suisse pendant un an ; présence réduite.



ϟ LIENS : Substract love, add anger.


Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Re: Deeper in and deeper still — Lucas Mar 25 Déc 2012 - 3:38

Ton univers tout entier venait de s'effondrer, littéralement. Elle s'était reçu de la mort en pleine figure et n'était désormais plus qu'un corps inerte posé ironiquement en plein milieu de ton salon, car tu ne savais pas où placer le cercueil. Bientôt elle ne serait plus qu'une poussière que le vent se chargerait de balayer comme un vulgaire microbe. Elle n'était plus. Rien de plus qu'un simple souvenir, douloureux et comprimant ta poitrine de toutes ses forces, comme pour te rappeler d'avantage ton chagrin. Tu venais de perdre ton seul repère, ta seule famille en un simple claquement de doigts et tu savais très bien que son nom serait probablement noté dans le journal le lendemain comme « Madame Drifloon, la vilaine mangemorte, a été tué par un brillant et gentil auror, la punissant de tous ses crimes par le seul sortilège qu'elle mérite. Photos inédites de l'exploit, page 6. » Le monde des sorciers était devenu mauvais. La simple évocation du nom de Lord Voldemort faisait trembler toute la société et pousser des acclamations choquées, mais au final, c'était probablement l'un des plus honnêtes sur ses intentions, malgré son côté « Épuration de la race » un peu trop poussé. Après tout, ces mêmes magiciens qui vous lançaient un regard accusateur lorsque vous traîniez trop du côté de l'Allée des Embrumes étaient tout autant corrompus. Voire d'avantage, car ils masquaient leurs crimes sous les noms de justice, de bonté et de guerre pour la liberté et l'égalité entre nés-moldus et sangs-pur. Mais au final, chaque jour, des mangemorts mouraient eux aussi, au nom de la paix. Mais au final, le ministère avait re-autorisé l'utilisation de sortilèges horribles comme le Doloris. Mais au final, ce n'étaient que des victimes « collatérales », qu'ils disaient.

Tout était confus dans ta tête et criait pour que tu le laisses sortir. C'est comme si des milliers de tambours s'étaient mis à battre d'un coup, au point de te rendre fou. Mais tu étais encore incapable de t'exprimer, te laissant aller aux larmes dans ces bras à la chaleur familière. Combien de temps était-tu resté là ? Des heures, des siècles, des années, probablement. Tu avais eu le temps de remplir un lac entier de tes larmes, ta maison avait du sombrer sous les profondeurs et toute la planète devait désormais vivre sous l'eau. Et pourtant, plus tes larmes déferlaient, plus tu te sentais épuisé, comme si celles-ci étaient sur le point de s'arrêter. En te calmant, tu avais l'impression d'être au mauvais endroit, et un désagréable goût amer se répandait dans ta bouche, ta gorge et dans tout ton être. En ouvrant lentement tes yeux rouges et gonflés de sel , tu essayas de deviner à qui appartenait la silhouette que tu venais de remercier, se dessinant péniblement face à toi.

C'était Sullivan. Tu venais de te faire consoler par ce type dont on t'avait toujours dit de te méfier. Il devait sans doute venir se moquer de toi et te défroquer mentalement dans un moment où tu étais assez faible pour te recruter de son côté. Jusque là, tu n'en avais jamais eu rien à faire de cette guerre qui faisait rage. Tu n'avais jamais pris part pour aucun côté. Même si ta mère travaillait pour les mangemorts, tu étais resté neutre, avait lié des amitiés sans te soucier du statut ou du sang de chacun, et été même attiré par le monde moldu. Tu étais loin de t'imaginer à quel point tu avais eu tord. Tout ce dont ta mère t'avait toujours protégé. Tu avais été aveuglé par ton égo et ta stupide envie d'améliorer les choses. Tu avais été affreusement naïf. Idiot au point d'offrir ta confiance à des gens qui allaient tôt ou tard te planter un coup de poignard dans le dos, sous une couverture de gentils sauveurs. Cette terre n'était plus à tes yeux qu'un endroit crade où ceux qui dominaient étaient tous corrompus et souillés. Oh, bien sûr, on avait tendance à fermer les yeux devant les horreurs de plus en plus évidentes, et à rejeter toutes les fautes sur les épaules de ce Ministre tordu, mais malgré ses proclamations tordues et lunatiques, c'était loin d'être le pire. Non, les pires, c'était ses « pions » qui exécutaient bêtement leur travail, quitte à tuer de sang froid une autre personne et à accuser leurs employeurs. C'était un des toutous du ministère qui avait tué Amanda Drifloon. Une saloperie d'auror.

« T-Taisez-vous... » Ta voix était faible, hésitante. Parler t'était encore douloureux, et tu ravalas péniblement ta salive. « Pour une fois Sullivan, ne la ramenez pas. Je sais très bien que vous travaillez pour eux, que vous l'assumiez ou non. Vous êtes dans le même putain de panier ! Pourquoi êtes-vous là ? Vous prétendez ne pas être de leur côté, mais vos intentions sont toutes tournées vers le ministère. Après tout, ce n'est qu'une saleté de mangemorte pour vous, hein ? Alors, ne venez pas l'insulter sur sa tombe, je n'ai pas besoin de ça. »

Tu te dégageas soudainement de l'étreinte en repoussant violemment l'ancien directeur de ta maison. Ce type aux allures de Pascal le grand frère, mais qui travaillait avec eux. Au fond, il avait beau ne pas porter officiellement le statut d'auror, les tireurs d'élites étaient de ce côté et se battaient contre les porteurs de la marque. Auror ou pas, il aurait pu faire partie de ceux qui avaient contribué à sa mort.

« Regardez vous. Je n'ai pas encore prononcé un seul mot, et vous en tirez déjà des conclusions hâtives. Après tout, un fils de mangemort comme moi n'a aucun autre avenir envisageable, n'est-ce pas ? » Tu plissas le nez et le regarda de haut en bas avec une expression nauséeuse. « C'est mon destin, je n'ai toujours été qu'une merde malodorante de la société qui collait à vos semelles. Je n'ai même pas encore fait son deuil et déjà, vous venez m'agresser avec votre flot de paroles qui sonne aussi faux qu'une comptine chantée par Mimi Geignarde. Vous essayez de prendre des pincettes, mais vous n'avez jamais eu aucun tact. » Tu marquas un temps pour lui lancer un regard haineux plein de larmes de tristesse et de rage mêlées, avant de passer au tutoiement. « Tu me dégoûtes. Fais quelque chose, regarde toi dans un miroir avant e venir me balancer tes leçons de morale, bon sang. Et bordel, arrête de me dire que tu veux m'aider ! » Le ton montait en crescendo, et ta voix était sur le point d'éclater, comme une corde de guitare trop tendue. Comme pour appuyer tes paroles, tu avais tiré de toutes tes forces des deux côtés de tes cheveux dans un geste d'agacement.

« Sortez. Je vous hais Sullivan. De tout mon coeur. Alors partez avant que je doive vous y forcer. » Tout semblait faux et prononcé sur le coup de la colère, mais sur le fond, tu ne savais pas quoi en penser. Tu avais été si facilement berné que tu ne laisserais plus jamais ça se produire. Accorder si facilement sa confiance aux autres n'était désormais plus une option. A présent, c'est seul que tu prendrais les décisions, même si elles s'avéraient être mauvaises au point de te perdre à jamais.

I wish you a merry X-Mas.
O-Okay, ça compte pas comme un vrai cadeau, mais je voulais que tu l'aies pour ton retour. D:

_________________
Kidnap the Sandy Claws, see what we will see. Lock him in a cage and then throw away the key
Voir le profil de l'utilisateur http://miettes-petillantes.blogspot.fr/
avatar

: Look at all the fucks I give.

ϟ ÂGE : 31
ϟ FONCTION : Directeur des Serpentards, professeur pratique de DCFM, tireur d'élite de baguette magique, membre de l'Ordre, BAMF.
ϟ AVATAR : Matthew Gray Gubler
ϟ ABSENCE ? : Activité principalement le week-end pour cause de Terminale sauvage /o/



ϟ LIENS : It'll be alright
We may make it through the war
If we make it through the night

Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Re: Deeper in and deeper still — Lucas Mar 26 Fév 2013 - 6:07

It's too late to change your mind, you let laws be your guide


Les sens s'étaient tendus en une corde tourmentée par une insoutenable pression, un sang de glace s'était mis à couler dans ses veines tandis que Lucas émergeait dans un instinct de survie déboussolé par des événements qui le dépassaient, qui surpassaient toute logique, qui avalait tout raisonnement, dans ses yeux se lisaient le monde qui se détruisait, la réalité qui s'effritait en une sorte de demi-teinte ou noire ou blanche, et pour la première fois de sa vie, Lawrence y avait eu le vertige, au fond de ces yeux, tant le gouffre qui s'était creusé dans son iris était profond, il en avait eu un haut-le-cœur lorsqu'il avait senti tout son corps vaciller sur le bord de sa pupille. Il y avait vu son âme s'aménageant trou noir pour avaler la lumière dans l'aveuglement de sa propre peine, et ça lui avait fait peur, profondément. Il n'avait jamais croisé ce regard, ni chez lui ni chez personne d'autre, il avait cru à un gouffre de l'humanité, il s'était cru lui, se haïssant si un jour il avait ce regard si dénué de sentiments qu'il en émanait une pestilentielle odeur de rien, se détestant d'avoir tant de fois, trop de fois donné la peur du vide à quiconque avait voulu s'y aventurer. Lucas s'était dressé au milieu d'un océan brûlant, oscillant sur ses os frappés dans un titane empoisonné, forgés dans un fer rouillé, sa voix avait la conviction du désespoir et l'abandon du combattant, et il n'avait pas su quoi dire, Lawrence, la bouche entrouverte devant l'impasse où il était enfoncé. Il le savait, pourtant, il savait que c'était trop tard, il savait qu'il n'arriverait jamais à le récupérer, alors pourquoi ça l'atteignait autant ? Il savait que quoi qu'il fasse, Lucas le haïrait, Lucas s'en irait, alors pourquoi ça le gênait autant ? Pourquoi ça le blessait autant ? Pourquoi c'était sa pensée qui hurlait lorsque c'était l'autre qui était dans le tourment ?

Il était resté là, désemparé, interdit de sa propre idiotie, dérangé de sa propre faiblesse comme par un bruit sourd agaçant. Il avait refermé la bouche et pincé les lèvres, battu des cils, tendu le dos, il avait essayé de chasser l'idée qu'il ne pouvait plus rien faire comme on voudrait se débarrasser d'un vrombissement silencieux, un intestinal signal d'alerte se répétant au fond de ses entrailles. Parce qu'il avait craint, d'un seul coup, comme une rafale de vent au milieu du visage, il avait eu cette peur irrépressible, inébranlable, cette terreur brutale le giflant en plein élan. Il avait eu peur de la haine, il avait eu peur des dégâts, il savait le combat déjà perdu mais pourtant il avait irraisonnablement peur de perdre, de le perdre, et il n'avait su que faire. Alors, il s'était levé. Parce que c'était toujours la solution qu'il choisissait, l'égal à égal, le face à face, parce qu'il ne supportait pas d'être regardé de haut, parce qu'il ne pouvait pas rester dominé en bas, et il avait planté un regard d'acier dans cet abîme puissant, il avait regardé dans des yeux qui l'exécraient tellement, qu'il abhorrait tant, et, le jaugeant d'un regard terne, il finit par ouvrir la bouche.
— Vous pouvez être fils de qui vous voulez, Lucas, de mangemort ou de moldu, ça n'a jamais importé. Vous êtes seul responsable de vos actions. Il n'y aura personne à féliciter ou à blâmer d'autre que vous.
Il se tut un instant, royalement droit, le menton haut, le regard fixe, et, dans un mouvement plus hésitant qu'il ne le voulait, il affaissa le regard dans son âme, ne se contentant plus de regarder les yeux morts qu'il avait eu à affronter. Il savait que c'était une dernière ligne droite, il était pleinement conscient que peu importe ce qu'il ajouterait, il était condamné, ses mots allaient être vomis dans une haine infecte du département de Justice, il savait que peu importe ce qu'il ferait, Lucas Drifloon le haïrait. Il refusait de réaliser que ça le blessait. Il n'avait pas la stature d’un homme à heurter. Alors autant tout jeter là, maintenant, dans le fatras d'idée qui s'accumulait dans cette maison sinistre où tanguaient tous les maux du monde. Il était temps.
— Je serai là, quoi qu'il arrive. Si vous rejoignez les mangemorts, je serai face à vous. Mais si un jour votre position vacille... Je serai à vos côtés. Je ne cherche pas à vous faire changer d'avis, je sais que je cours après quelque chose qui va bien trop vite pour moi. Je sais que c'est perdu d'avance, mais je sais aussi que peu importe ce que vous ferez, que vous me haïssiez, profondément, que vous pleuriez, que vous doutiez, vous vous souviendrez de ceci. Alors, je vous le dis, je vous le répète. Dans tous les sens que vous voulez, dans toutes les significations qui existent, je ne vous lâcherai pas.
Il fit silence un long moment et, relevant le menton en rabattant sa cape dans son dos, il affronta son regard son ciller, comme violemment décroché d'un état d'âme dans lequel il se serait simplement égaré.
— Je ne peux que vous faire mes adieux, Lucas. Mais sachez, simplement... Que jamais je n'aurai fait le moindre mal à votre mère.
Soutenant un regard flamboyant quelques secondes, il finit par hocher brièvement de la tête et, dans un bruissement de cape rapide, il se retira, tournant les talons dans un pas rapide.
Il avait encore sa baguette à la main lorsqu'il atteignit la porte.

Un abonnement Internet, 40 euros. Un pc, 400 euros. Te faire attendre trois foutus mois pour un rp aussi naze et putain d'useless, ça n'a pas de prix. Pour tout le reste, il y a Mastercard.

_________________

Your doctor put you on milk, cream and alcohol ; he told you that's why you can't sleep at night — from nerves, so bad, yeah
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


Deeper in and deeper still — Lucas
MessageSujet : Re: Deeper in and deeper still — Lucas

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Dig a little deeper ϟ Wendy L. H.
» Lucas di ke Aristide ekri sou fo nom lan entenet la ,
» STANLEY LUCAS, POUR QUI SE PREND IL?
» STANLEY LUCAS CONTRE-ATTAQUE
» Episode 8: Thicker than Blood & Deeper than Water.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LEGILIMENS ▬ The One who Knows :: Le Monde Magique :: Partout ailleurs-